I. Mss. français, 320tA, fol
Pellisson. 1
l8 LES HOMMES DE LETTRES AU XVIII^ SIECLE
sieurs du Parlement ». Il conclut donc avec ingénuité : « quanta moi, la crainte de me trouver compromis vis-àvisdu Parlement, ce qui altérerait beaucoup la paix dont je jouis et qui est le plus grand des biens selon moi, ne me permettra jamais de souscrire de mon nom cette troisième partiel »
L'administration elle-même ne laissa pas d'ouvrir les yeux sur les défauts et les inconvénients de la censure. — Dès le commencement du xviii® siècle, nous trouvons un curieux mémoire proposant l'établissement d'un Conseil de Littérature^. « Il faudrait, dit l'auteur en débutant, que les censeurs royaux qui sont choisis et préposés pour approuver et censurer les ouvrages des auteurs fussent d'un âge, d'une pénétration, d'une prudence et d'une érudition capables de s'attirer l'estime, le respect et la confiance de ceux qui leur sont adressés pour faire l'examen de leurs manuscrits... Il y a de grands inconvénients qu'un ouvrage soit admis ou rejeté sur le simple jugement d'un seul censeur... » Il serait donc utile d'instituer un Conseil de Littérature, qui nommerait les censeurs, leur distribuerait les ouvrages à examiner, entendrait et discuterait leurs rapports et se prononcerait sur les différends qui pourraient s'élever entre auteurs et censeurs. Ce beau projet n'aboutit pas : les Conseils, chers au duc de Saint-Simon, vécurent peu, comme on sait; le Conseil de Littérature n'arriva pas même à vivre. — Cinquante ans environ plus tard, quand de Sartines dirigeait la librairie, on eut aussi quelque velléité de réforme: on parla de réduire le