‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 140 sur 186 · Voir le Sébastien Mercier de J. Béclard, p · texte numérisé non relu

Voir le Sébastien Mercier de J. Béclard, p

2. Voir à ce sujet le Discours de réception à l'Académie française de La Harpe.

lumières qu'ils n'auraient pas puisées dans les livres. » Voltaire, en plus d'une occasion, a repris ce thème ; Suard le développa dans son Discours de réception à l'Académie, et beaucoup d'autres l'ont traité avec plus ou moins d'autorité et d'éclat.

La question, au reste, ne paraît pas de celles qui peuvent se décider par oui ou par non. En cette affaire, c'est de mesure qu'il faut surtout se mettre en peine. Voilà ce que Morellet a très bien senti, et, dans un passage de ses Mémoires, il a, croyons-nous, marqué avec justesse la position que la plupart de ses confrères cherchèrent à prendre vis-à-vis du monde : « Parmi les hommes de lettres, dit-il, les uns se répandent dans la société polie et cultivée, la recherchent et vivent au milieu d'elle ; les autres s'en tiennent loin. Ces deux manière d'être ont chacune leurs avantages, mais aussi leurs inconvénients, lorsqu'elles passent une certaine limite. Entre les deux extrêmes, il est un milieu qu'il faut saisir. C'est ce milieu que nous cherchions dans le dernier siècle \ »

Ce milieu, tous sans doute ne le cherchèrent pas ; en tout cas, tous ne surent pas le trouver. Au reste, ce ne fut pas toujours grand dommage. S'ils eussent été moins dissipés. Dorât, Gentil-Bernard et quelques autres de la même volée auraient pu écrire plus de vers. Eu auraient-ils fait de meilleurs ?

Mais songeons aussi qu'avant d'entrer dans sa retraite de La Brède, Montesquieu, tout en voyant le monde,

Page 1