I. Le Cat, cité dans le Fontenelle de L. Maigron, p
idées qui Pavaient occupé dans son cabinet; il en sortait, si je puis m'exprimer ainsi, tout entier, et il n'éprouvait ni ces distractions ni ces insomnies si ordinaires aux auteurs toujours remplis de l'ouvrage qu'ils ont sur le métier*. » Bien plus, avec tout son esprit, il avait le talent « d'écouter et de bien écouter. Il se plaisait à entendre d'excellentes choses autant et plus qu'à en dire. »
Ses confrères des générations qui suivirent surent-ils imiter le modèle accompli qu'il leur avait donné ?
Il s'en faudrait de tout si l'on s'en rapportait au témoignage d'Horace Walpole. Voici ce qu'il écrit en 1765 : « Les auteurs que, par parenthèse, on rencontre partout, sont pires que leurs ouvrages, ce qui n'est un compliment ni pour les uns ni pour les autres ; généralement le ton de la conversation est solennel, pédantesque, et l'on ne s'y anime guère qu'en se disputant -. » Fréron, vers le même temps, tient le même langage^. Voltaire lui-même ne paraît pas très éloigné de cette opinion ; il accorde à M""* du Deffand que, parmi ses confrères, il en est « qui peut-être ont trop d'inflexibilité dans l'esprit, qui se plient peu aux usages du monde, qui aiment mieux instruire que plaire, qui veulent se faire écouter et qui dédaignent d'écouter*. » Il ne manquait sans doute pas de gens qui en jugeaient ainsi, puisque nous voyons Sélis écrire uneépître sur V Orgueil que Von reproche aux gens de lettres^.
Il faut reconnaître, en efi'et, que quelques-uns d'entre eux donnèrent prise par leur vanité personnelle qui