‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 145 sur 186 · Lettres de lord Chesterfield, II, 68, Paris · texte numérisé non relu

Lettres de lord Chesterfield, II, 68, Paris

2. Essai sur le caractère et les mœurs des Français comparées à celles des Anglais, Paris, 1776.

S.' Lettres d'un voyageur anglais sur la France, la Suisse et l'Allemagne, t. I, p. 23, Genève, 1781.

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semblent les confirmer. — A la fin du siècle quelle place les gens de lettres tiennent-ils dans le monde ? Ils n'y ont pas, à vrai dire, de préséances, puisque les préséances, au moins apparemment, n'y existent pas ; mais, ils y obtiennent les préférences : « L'égalité, dit le comte de Ségur, commençait à régner dans les sociétés. Les titres littéraires avaient même, en beaucoup d'occasions, la préférence sur les titres de noblesse ; et ce n'était pas seulement aux hommes de génie qu'on rendait des hommages qui faisaient disparaître pour eux toute trace d'infériorité ; car on voyait fréquemment, dans le monde, des hommes de lettres du second et du troisième ordre être accueillis avec des égards que n'obtenaient pas les nobles de province*. » Bref, ce n'était pas seulement le talent, mais la profession littéraire que l'on honorait.

Les conséquences de ce changement dans les mœurs passaient de beaucoup l'enceinte des salons : « Vous avez peine à imaginer, écrit John Moore, Tinfluence de cette classe de personnes à Paris. Leurs décisions font non seulement la réputation des livres d'art et de science,

mais elles influent même considérablement sur la

façon de penser des gens en place, sur celle du public en général, et ne laissent pas, par conséquent, d'avoir quelque part aux mesures du gouvernement. »

S'il est vrai, comme le prétend Walpole, que les hommes de lettres poursuivaient le dessein de « se guinder à une sorte de législature en commun » , on voit qu'en prenant position dans le monde ils s'étaient mis à portée d'atteindre leur but.

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