‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 147 sur 186 · Souvenirs de Jean Bouhier, p. 97, Paris, s. d · texte numérisé non relu

Souvenirs de Jean Bouhier, p. 97, Paris, s. d

2. Dans la thèse de M. G. Lanson sur Nivelle de la Chaussée, p. i3, Paris, 1887.

3. Dans V Essai sur le comte de Caylus, par S. Rocheblave, p. /Jg, Paris, 1889.

il a su que ce jeune homme avait fait un souper avec des gens de lettres, il l'a menacé de l'envoyer à la campagne, s'il continuait à voir mauvaise compagnie*. »

Par la bourgeoisie les gens de lettres ne sont pas mieux vus. « Poète, mauvais métier, qui fait mourir de faim son maître ou le fait pendre. » De qui cet apophtegme ? De l'avocat Mathieu Marais, homme d'esprit pourtant, fervent de Bayle, admirateur de La Fontaine, mais qui, ayant préparé un recueil de pièces inédites de ce poète, s'en excuse avec confusion et s'en accuse presque comme d'un méfait^. Barbier, dans son Journal^, rapporte un trait bien caractéristique. En i735, l'avocat Normand, qui passait pour une lumière du barreau et qui avait de belles relations, fut engagé à briguer l'Académie. Il écrivit la lettre d'usage à l'évêque de Luçon, son ami, lequel la lut en séance et, d'une commune voix, Normand fut admis. Il lui restait à faire les visites aux académiciens avant l'élection. Mais il était arrivé que certains postulants, après ces visites, n'eussent pas été reçus. Bien que rien ne fît prévoir cette mésaventure pour Normand, « les avocats ont pensé qu'il ne convenait pas à un avocat de postuler une place, et encore moins de faire des visites dans l'incertitude de l'élection, en sorte que M. Normand a remercié le corps académique. » Barbier, à la vérité, n'approuve pas cette conduite, mais pourquoi? serait-ce que ce procédé vis-àvis d'une compagnie littéraire lui paraît malséant? Pas du tout ; il estime seulement qu'un avocat aurait pu se soumettre à une formalité dont ne se dispensent pas

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