‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 151 sur 186 · I. Mémoires, p · texte numérisé non relu

I. Mémoires, p

Pellisson. 16

les provinces. On raisonne à tort et à travers sur la politique, mais on s'en occupe* On remarque qu'on

n'a jamais autant parlé de nation et d''État qu'aujourd'hui. Ces deux noms ne se prononçaient jamais sous Louis XIV, on n'en avait seulement pas l'idée ^. »

On sent que d'Argenson envisage cette nouveauté avec quelque surprise ; mais le fait lui-même lui paraît indubitable.

En même temps qu'apparaît cette puissance jusqu'alors inconnue, les anciens pouvoirs sociaux, comme atteints de langueur, ne font plus rien pour retenir leur prestige, tout plutôt pour le compromettre.

Les fautes personnelles de Louis XV, les vices de son gouvernement abolissent le respect et l'amour de la royauté qui avaient été traditionnels en France, jusqu'à cette époque : « Un prince doux, mais de nulle activité, laisse croître les abus commencés par l'orgueil de Louis XIV, les laissant aller jusqu'à la perte du royaume Tout va de plus en plus à la perte nationale^ Avec des ministres plats et inhumains comme

ceux qu'il a, il s'attire chaque jour une aversion nationale que je déplore. L'on vient de faire de méchants vers qui commencent ainsi :

Le bien aimé deTalmanach

N'est plus le bien aimé de France, etc. *. »

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