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Id., IV

LES HOMMES DE LETTRES ET l'oPINION PUBLIQUE 2^3

L'éclat de la noblesse, condamnée au loisir par une longue paix, pâlit peu à peu. De plus les familles de l'aristocratie se renouvellent mal, semblent atteintes de déchéance physique : « Dans les maisons titrées à peine voit-on un rejeton sur la santé de qui on puisse compter. » Et tandis que la race s'étiole, la fortune des grandes maisons fond et se dissipe; le goût du luxe ruine les nobles et l'habitude de faire des dettes et de ne pas les payer les déconsidère : « Le faste entraîne dans des dépenses excessives ; pour y suffire, on altère ses fonds ; tous les ans on doit davantage, et insensiblement on parvient à avoir plus de dettes que de fonds et de probité *. » — Quant à la magistrature et à l'Église, le spectacle tour à tour ridicule ou odieux qu'elles avaient donné pendant les querelles du molinisme et du jansénisme, les avait livrées à l'irrespect. De part et d'autre on s'en rendait très bien compte. Tout le mal, disaient les parlementaires aux partisans de la bulle, vient de vos persécutions ^ Tout le mal, répondaient les orthodoxes aux Jansénistes, vient de votreimprudenceetde vos excentricités : « C'est vous qui avez encouragé les peuples à lever un œil curieux sur les objets devant lesquels ils se prosternaient avec humilité ; à raisonner, quand ils devaient

croire; à discuter, quand ils devaient adorer C'est

le spectacle abominable de vos convulsions qui a ébranlé

le témoignage des miracles Vos déclarations contre

les souverains pontifes, contre les évêques, contre tous les ordres de la hiérarchie ecclésiastique ont presque

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