‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 16 sur 186 · Mémoire sur la liberté de la presse · texte numérisé non relu

Mémoire sur la liberté de la presse

3. D'Hémery, dans son Journal, à la date du 3o janvier 1765, conte que le censeur Pidansat de Mairobert s'amusait à corser les polissonneries du Passe-temps des mousquetaires qu'on lui avait donné à examiner (Mss, français, 22159). — On peut voir aussi dans la Correspondance de Grimm, Ed. Tourneux, XIV, ^5, l'aventure du censeur Sauvigny qui, à l'insu du lieutenant de police, examina une pièce dont il était le propre auteur.

4. On connaît le blâme infligé par le Parlement au censeur Tercier, qui avait approuvé VEsprit d'Helvétius. On sait moins que Iç

censeurs de sa façon*, lui avaient aussi porté des coups qui ne pouvaient manquer de l'affaiblir. C'était, en vérité, une institution déjà chancelante quand la Révolution vint la renverser.

Les pénalités, en matière de presse, étaient aussi dures que la prohibition était rigoureuse. Ces peines, de même que l'interdiction de rien publier sans la permission du grand sceau et l'approbation de la censure, avaient été établies au xvi^ siècle. L'Ordonnance du lo

septembre i563 portait «défenses à toutes personnes

de quelque état, qualité et condition qu'elles soient, sur peine de confiscation de corps et de biens, de publier, imprimer, faire imprimer aucun livre, lettres, harangues, ni autre écrit, soit en rithme ou en prose, faire semer libelles diffamatoires, attacher placards, mettre en évidence aucune autre composition de quelque chose qu'elle traite^. » Confiscation de biens, cela s'entend de soi-même; confiscation de corps, cela signifiait la prison, les galères, avec aggravation, en certains cas, de peines infamantes, telles que le carcan ou le pilori. Cela pouvait signifier aussi la peine de mort; cependant

Parlement blâma aussi l'abbé Chrétien et Lebas, censeurs de la Philosophie de la Nature de Delisle de Saies. On en pourrait citer plusieurs autres.

1 . Le Parlement supprima les sept premiers volumes de l'Encyclopédie, qui avaient paru avec privilège. De plus, « il nomma des censeurs pour les examiner et les chargea aussi de la censure des tomes suivants. » Malesherbes, Mémoire sur la liberté de la presser p. U8.

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