‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 163 sur 186 · La Haye · texte numérisé non relu

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2. C'est, semble-t-il, de la maison de M™» de Lambert qu'il s'agit ici.

titre exclusif. C'est qu'en effet on regarde cette profession comme la plus vile de la littérature, comme une tache originelle et un exercice de roture qui déroge à cette noblesse littéraire dont il faut pouvoir faire ses preuves pour être admis à l'Académie. »

Qu'on ne croie pas qu'il y ait de la fantaisie dans ce langage. Une foule de témoignages pourraient être cités qui montreraient dans quel décri le journalisme était tenu. — Aux yeux de Voltaire, c'est surtout de journalistes que se compose cette « canaille de la littérature » à qui il a si souvent donné les étrivières. Rousseau, ayant appris que son ami Vernes songe à entreprendre un recueil périodique, s'emploie ardemment à l'en détournera Pour les gazettes Diderot n'est pas moins dur: « Tous ces papiers, dit-il, sont la pâture des ignorants, la ressource de ceux qui veulent parler et juger sans lire, le fléau et le dégoût de ceux qui travaillent'. » Au jugement de Grimm, « on ne peut se dissimuler que cette multiplicité de feuilles périodiques ne soit la ruine des lettres^ ». Favart, homme amène à son ordinaire et d'humeur facile, devient violent et injurieux quand il parle des journalistes : « Les auteurs de feuilles périodiques sont autant de chiens qui se tiennent sous la table de leur maître; ils attendent qu'on leur jette des os à ronger: ils mordent les jambes de ceux qui les nourrissent*. » Avant de se charger de rédiger la partie Variétés dans le Courrier de l'Europe, Brissot fut tourmenté par de longs scrupules; s'il devint journaliste, ce ne fut

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