‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 168 sur 186 · Voltaire, par G. Lanson, p. i45, Paris, i · texte numérisé non relu

Voltaire, par G. Lanson, p. i45, Paris, i

journaux prenaient plus de portée. \u début du siècle, on n'y trouvait guère que de la critique et trop souvent même du simple chamaillis littéraire. Mais, écrit Grimm en 1767, « le goût de l'instruction et de la philosophie s'est répandu * ». Aussi, vers ce temps, le domaine des journaux s'agrandit et leur horizon s'élève. Des circonstances favorables aidèrent à cette heureuse transformation : à ses débuts, la secte des économistes, comme on disait, fut assez bien vue du pouvoir et connut une assez large tolérance : « Ce qui me plaît le plus de cette nouvelle école, disait Grimm, c'est que, très protégée, elle dit tout ce qui lui plaît, qu'elle parle avec une liberté que nous ne connaissions pas, et qu'à la longue la police, la cour et les magistrats s'accoutumeront à tout entendre et les auteurs à tout dire. La nation se familiarisera peu à peu avec les questions de finances, de commerce, d'agriculture, de législation et de politique^. » Il est de fait que le Journal économique Çi'jbi- 1772), que les Éphémérides du Citoyen (i 765-1 772) ne ressemblent plus aux feuilles de Desfontaines et de Fréron ; le ton devient plus sérieux et les visées plus hautes. Le journaliste d'autrefois va de plus en plus faire place au publiciste.

Il n'est pas jusqu'aux nouvelles à la main qui ne se relèvent de leur originel avilissement. Il y a encore, sans doute, des gazetins qui se rédigent dans les mansardes, les cabarets et les tabagies ; mais il suffira de rappeler la « Paroisse » de M""* Doublet de Persan pour montrer qu'il en est d'autres qui sortent de très bonnes maisons. Parmi les nouvellistes on voit encore trop de

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