‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 172 sur 186 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

pouvait se prendre et s'apprendre comme les autres, qui, comme les autres, avait ses procédés et ses routines : « On a cherché des méthodes, des patrons, des tours de métier, et la manière de faire un livre est devenue un art de manœuvre, comme celle de fabriquer du drap et de la toile. C'est ce que nous appelons la méthode et en quoi nous prétendons avoir une grande supériorité sur les anciens. Pauvres sots que nous sommes de prendre ainsi l'art trivial d'échafauder pour le pouvoir de produire un bel édifice \ » Si bien que nombre de gens entrèrent dans la carrière des lettres, déterminés par d'autres motifs que par la vocation littéraire'*.

Comme la faveur que l'opinion pubHque marquait aux écrivains tourna assez tôt à l'engouement, de leur part, ils ne se gardèrent pas de l'infatuation et usèrent sans discrétion de l'empire qu'ils avaient sur les esprits : « La littérature devint une espèce de sacerdoce et l'homme de lettres une espèce de prêtre qu'on envisageait avec une vénération religieuse. Les gens de lettres profitèrent de cette superstition nouvelle dont peut-être ils étaient eux-mêmes un peu dupes ; les uns ne parlaient que d'un ton d'inspirés aux grands qui croyaient s'honorer en les admettant dans leur société ; les autres payaient le dîner qu'on leur donnait par l'insolence la moins déguisée, et quelquefois par des injures dites en face à leurs illustres et bénins amphitryons. Tout cela augmentait encore le respect qu'on avait pour eux^. » Le ton de ces lignes dénonce assez la mal-

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