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Bachaumont, a3 février

24 LES HOMMES DE LETTRES AU XVIir SIECLE

de lettres à la Bastille et à Vincennes * ; mais cet ouvrage a beau comprendre trois volumes ; il ne parle que des plus illustres ou des plus notoires. Rien qu'à parcourir les mémoires et les correspondances du temps, on s'aperçoit que l'auteur a commis des omissions nombreuses. D'après P. Dupont (^Histoire de r Imprimerie, I, 21 4)^, qui dit avoir puisé ses renseignements dans les archives de la Préfecture de police, de 1660 à lySô, 869 auteurs, imprimeurs, débitants d'ouvrages, gravures et estampes lurent arrêtés et mis à la Bastille. Sans doute, les libraires et imprimeurs entrent pour la plus grosse part dans ce total, car l'usage était de sévir contre eux plus que contre les auteurs^. Mais encore peut-on penser que l'on ne s'éloigne pas beaucoup de la vérité en supposant que les écrivains comptent pour un dixième dans ce chiffre. Ce serait alors une moyenne de huit à dix hommes de lettres embastillés par année. Ajoutons qu'outre la Bastille et Vincennes, For-l'Evêque, Saint- Lazare, refermaient aussi leurs portes sur les écrivains : de Rozoi, Fréron, Imbert, La Harpe, pour n'en citer que quelques-uns, ont été les hôtes de For-l'Evêque ; Uoy, Beaumarchais, ont été mis à Saint-Lazare. Il y avait aussi, en province, des maisons de force, le château du Taureau, le château de Saumur, le château Trompette, le Mont Saint-Michel, Pierre-Encise, les lies Sainte-Marguerite, d'autres encore, où maint homme de lettres fut détenu. En somme, bien que nous n'ayons pas eu le loisir de réunir les éléments d'un relevé même approximatif, nous sommes persuadé que nous ne

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