Voir Saugrain, p
8. La cérémonie de la mise au pilon a été décrite par Manuel dans là Police dévoilée, Paris, 1789, tome I, p. 86.
de son manuscrit, c'en était fait à jamais de son travail comme des avances de son libraire.
Le Parlement, qui inclinait à la rigueur, ne jugeant pas suffisante cette peine pourtant assez dure, voulut l'aggraver encore ; par la cérémonie de la brûlure où l'exécuteur des hautes œuvres, au pied du grand escalier du Palais, jetait au feu certains ouvrages condamnés, il prétendit y attacher une idée de flétrissure. Mais, au lieu d'user discrètement de ces arrêts de brûlure, il eut le tort de les multiplier ; si bien qu'assez tôt loin de discréditer les auteurs et les livres qui en étaient frappés, ils devinrent pour eux une manière de recommandation. Dès 1766, Voltaire écrivait : « Le Parlement a tant grêlé sur le persil qu'il ne faut plus qu'il grêle. Une censure de ces messieurs fait seulement acheter un livre. Les libraires devraient les payer pour faire brûler tout ce qu'on imprime *. » Et plus tard, on pouvait prêter à l'abbé Raynal, tandis que la sentence contre son Histoire philosophique se faisait attendre, un monologue qui débute ainsi :
Quoi ! dit l'abbé Raynal, ce chien de Parlement Ne veut pas d'un fagot honorer ma mémoire...
11 faut savoir, en efifet, que, moins redoutable que le pilon, la brûlure ne détruisait les livres qu'en effigie*.
Les livres publiés à l'étranger pouvaient eux aussi être saisis et confisqués ; pour cela, il suffisait que l'expéditeur ne se fût pas conformé ^ aux articles 92 et 89 du