Voir Bachaumont, 10 août
en ce qui regarde les délits qui méritent une peine grave, ni quant à la suppression des livres scandaleux et contraires à la religion et aux mœurs ; aussi est-il arrivé depuis 1723 précisément la même chose qu'auparavant. Le Parlement a supprimé des livres toutes les fois qu'il a cru que Tordre public le requérait, et il a pareillement puni et décrété les libraires* coupables^. » Or, dans bien des cas où le gouvernement eût peut-être fermé les yeux, le Parlement, toujours échauffé de zèle janséniste, veillait et se tenait prêt à frapper. A la fin de son ouvrage V Esprit révolutionnaire avant la Révolution^ ^ M. Rocquain a donné une liste assez longue, encore qu'incomplète, des livres condamnés de 1715 à 1789, en ayant soin d'indiquer la juridiction d'oii émanait la sentence. Il suffît de jeter un coup d'œil sur cette liste pour voir combien fut large la part que le Parlement prit à la répression. C'est ce que savaient très bien les hommes de lettres, et c'est pourquoi Condorcet, en 1776, écrivait à Turgot pour lui proposer d'enlever au Parlement la connaissance des affaires de presse *.
Ainsi, le gouvernement aurait eu beau être disposé à l'insouciance, ou, si l'on veut, à la tolérance ; pour les hommes de lettres, il n'en eût pas été mieux. Que les coups vinssent d'un côté ou de l'autre, il ne leur importait guère ; ce qui leur importait, c'étaient les coups eux-