Vie de Maupertuis par La Beaumelle, Paris, i856, p. 3i
voir estimait cependant qu'il était de son rôle de donner, comme on disait, des encouragements aux lettres, c'est-à-dire de dispenser aux écrivains des subsides, des « grâces » pécuniaires. C'était une tradition qui remontait aux Valois, même par delà, et qui avait été en quelque sorte fixée par Louis XIV. Charles Perrault dans ses Mémoires a dit comment les choses se passèrent alors (i663): «M. Colbert fit un fonds de la somme de cent mille livres sur l'état des bâtiments du roi, pour être distribuée aux gens de lettres. Tout ce qui se trouva d'hommes distingués pour l'éloquence, la poésie, les mécaniques et les autres sciences, tant dans le royaume que dans les pays étrangers, reçurent des gratifications, les uns de i ooo écus, les autres de 2000 livres, les autres de 5oo écus, d'autres de 1200 livres, quelques-uns de 1000 livres, et les moindres de 600 livres. » Chéruel, dans son Dictionnaire des Institutions \ a reproduit la liste des gens de lettres (elle comprend 33 noms) qui devinrent les premiers pensionnaires du trésor royal.
Pendant longtemps on a fait volontiers grand état de cette libéralité dont l'initiative appartient à Louis XIV ; on n'était pas éloigné de croire qu'elle avait contribué dans une large mesure à l'éclat que les lettres jetèrent sous son règne. On trouvait, en tout cas, que le roi faisait preuve d'une « munificence extraordinaire ^ ».
Sans vouloir rien déprécier, il nous paraît que l'on peut, que l'on doit même avoir de ces générosités une idée plus modeste. Voici des chiffres : « Louis XIV dépensa, en i663, 47900 livres à pensionner et à gratifier les gens de lettres. Une année, les pensions montè-