I. A l'article Pensions, Paris, 188A, II
a. Voltaire, dans le Siècle de Louis XIV, chap. xxv.
rent à 100866 livres, dont 53 000 pour les nationaux, i6 3oo pour les étrangers ; le reste passa en gratifications. De i664 à 1690, les pensions aux gens de lettres français et étrangers, et les académies, coûtèrent i 707 i48 livres \ » Et ce fut tout, vraiment tout ; car il faut songer qu'il n'y avait pas alors de budget de l'instruction publique. En admettant que la valeur de l'argent fût en ce temps quadruple de ce qu'elle est aujourd'hui, c'est donc environ sept millions que le roi donna en vingtsix ans pour encourager les lettres. En vingt-six ans I
on est loin, très loin de la prodigalité.
Rien n'indique que, dans la suite, on ait fait plus largement les choses. Au xvm*^ siècle, les dépenses pour les académies, qui étaient imputées sur le département de Paris, ne paraissent pas s'être jamais élevées au delà de 100 000 francs par an^ : dans un état des paiements à faire au trésor royal pendant l'année 1774, nous voyons l'Académie des Inscriptions figurer pour une somme de 21 600 francs, celle des Sciences pour 4i 600 ^ En 1790, les dépenses de l'Académie des Inscriptions sont réglées ainsi qu'il suit : dix pensions de 2 000 francs, cinq de 800, secrétariat perpétuel, i 000, pour la bibliothèque, les dessins, travaux particuliers, frais de bureau, bois, lumière, huissier, etc., 6600, jetons, 12 008, soit, au total, un peu plus de 43 000 francs*. Quant à l'Académie française, elle ne
I. Mémoires du peuple français, par Ghallamel, Paris, 1878, t. VIII, p. 53.
a. C'est la somme pour laquelle elles figurent dans l'état des dépenses pour 1754, donné dans le livre de M. Marion sur Machault d'Arnouville, Paris, 1891, p. 388.