‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 41 sur 186 · Lettre sur le commerce de la librairie · texte numérisé non relu

Lettre sur le commerce de la librairie

! sans doute tout à fait quitte envers eux, les excluait en , fait des emplois véritables. Il se servait de leur collabo-

ration, comme on Ta vu, mais n'était pas disposé à les admettre aux fonctions publiques ; il retenait ce préjugé que le talent littéraire et la capacité des affaires ne pou- , vaient se concilier, et Garnier, dans son livre sur ^K KVHomme de /e/^r^^, déplore que les écrivains soient tenus, pour ainsi dire, en dehors deTÉtat*. *r Dans l'énumération des « grâces » du pouvoir il faut

faire figurer encore la concession de logements dans les palais du roi. Ainsi Louis XV logeait Robbé au château de Saint-Germain; ainsi, le i/i avril 1760, Grébillon père reçut le certificat du don d'un logement au Louvre^. Etre logé chez le roi, voilà certainement un honneur ; mais c'est beaucoup moins une commodité. Les appartements qu'on attribuait aux gens de lettres n'avaient en général rien de confortable. — Fontenelle, hôte du Régent, ne crut pas devoir tenir compte d'une recommandation que ce prince lui fit en faveur de Rémond de Sainte-Albine, candidat à l'Académie française. Les familiers du duc d'Orléans lui représentèrent malignement qu'il était au moins singulier de voir un prince essuyer un refus de la part d'un homme qu'il logeait : « bon ! fit le Régent, un homme que je loge dans un galetas ^. » Sans doute il exagérait à peine ; du moins on est tenté de le croire, quand on connaît la description qu'a faite Pougens de l'appartement occupé au Louvre par d'Alembert : « imaginez une espèce de soupente divisée en trois ou quatre pièces, dont la prin-

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