Voir Appendice I
sa personne. Pourtant, on Ta vu, il fit la sourde oreille quand d'Alembert lui dénonça Fréron. Bien plus, pendant la bataille de l'J^co^^a/^e, si ennuyé qu'il fût par cette guerre de personnalités, quelque désir qu'il eût d'y mettre un terme, malgré toute son admiration pour Voltaire, il ne crut pas, en bonne justice, pouvoir interdire à Fréron de rendre coup pour coup, et il engageait le censeur, chargé d'examiner V Année littéraire, à se montrer coulant \ C'est seulement quand la querelle lui parut vidée qu'il invita Fréron au silence ; encore prit-il la peine de lui écrire lui-même pour lui donner des raisons : « Au fond... ce censeur n'a pas tort de s'opposer aux personnalités. Il y en a, dites-vous, dans VÉcossaise; mais il n'y a, dans VÉcossaise, ni noms propres, ni faits allégués, et on peut dire que vous étiez libre de ne pas prendre pour vous les injures qui y sont dites. Enfin, tout ce qu'on peut vous permettre en considération de ces injures et par respect pour la loi du talion, c'est de donner votre article dans une brochure séparée qui pourra être de même format que vos feuilles; mais, pour vos feuilles elles-mêmes, comme elles sont expressément permises, elles ne doivent point contenir des traits qui, en eux-mêmes, sont répréhensibles et qui ne sont tolérables qu'à cause des circonstances. Au fond, il faudra incessamment que tout cela finisse^ ». — En fait, Malesherbes resta fidèle autant qu'il était humainement possible de l'être, à son principe d'impartialité, et, pour garder cette attitude, il n'eut pas trop à se contraindre, car son caractère lui permettait de faire bon marché de toute susceptibilité