‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 46 sur 186 · Voir Appendice II · texte numérisé non relu

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LES HOMMES DE LETTRES ET LE POUVOIR 'jS

personnelle : « je suis très accoutumé, écrivait-il un jour, aux boutades et aux espèces d'accès auxquels sont sujets les gens de lettres ; je ne m'en offense jamais^ parce que je sais que ce sont de petits défauts inséparables de leurs talents*. »

Sous l'administration de cet homme, dont le goiit pour les lettres était si déclaré et si connu, la librairie française qui, depuis un temps, sommeillait, eut un véritable réveil et, comme l'écrit Diderot, prit une face nouvelle. Auteurs et éditeurs osèrent concevoir d'amples desseins et tenter de grandes publications'. Non content d'encourager ce mouvement, Malesherbes, semble t-il, aurait voulu l'étendre encore. Paris seul était alors le siège de la production littéraire : il paraît avoir souhaité qu'elle pût se décentraliser. Tout en croyant que les lettres ont avant tout besoin de liberté, il pensait que l'État pouvait, non pas leur imprimer une direction, mais les orienter vers certains objets d'étude, et il lui aurait plu de voir s'inaugurer un ensemble de travaux sur l'histoire des provinces. C'est, du moins, ce qui nous paraît ressortir d'une lettre peu connue qu'il écrivit à l'abbé Pernetti, après avoir reçu de lui (27 mars 1760) un exemplaire d'un ouvrage intitulé : Tableau de Lyon : « Ce n'est, lui disait-il, que du grand nombre de descriptions et d'histoires particulières qu'on peut attendre une bonne description et histoire

générale de la France Cet ouvrage-ci et celui que

vous avez déjà donné sur les Lyonnais dignes de mémoire feront partie de ce plan général, et il serait bien heureux qu'il y eût dans toutes les grandes villes du royaume

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