Mss. français, 1682, fol. iio
Mais, en ces années, pour les œuvres qui ne sont pas dénuées de portée, pour les écrivains qui ont commencé à se faire connaître, le taux de la rétribution s'est assurément élevé. Nous n'en donnerons pas comme preuve les Lettres de M™* de Maintenon, procurées par La Beaumelle ; pour ces deux volumes, il avait reçu, dès l'abord, simplement comme acompte, une somme de ^ ooo francs, ce qui suppose que le prix total était assez haut ^ Seulement, il faut songer que c'était une publication de scandale et que, presque toujours, le scandale se vend bien. Nous aimons mieux rappeler l'exemple de d'Anville qui céda (1759), pour I 200 francs, sa Notice de la Gaule aux libraires associes Desaint, Saillant et Durand ^; celui de Villaret qui, s'étant chargé vers le même temps de continuer Y Histoire de France, de Velly, recevait 3 000 francs par volume^; celui de Galiani, à qui Merlin s'engageait de payer 100 louis ses Dialogues sur les Blés''.
Et les auteurs de premier rang? quels honoraires touchaient-ils alors? D'après M. d'Avenel, Buffon recevait pour chaque volume de son Histoire naturelle, que Durand commença à publier en 17/19, une somme de 10750 francs. « C'est, ajoute M. d'Avenel, le chiffre le plus élevé que j'aie rencontré, mais qui paraît moins prestigieux à la réflexion, puisque Bufibn et Daubenton le partageaient avec nombre de collaborateurs subalternes, principalement pour les dessins dont l'ouvrage
1. Lettres inédites de Thieriot à Voltaire, publiées par F. Gaussj dans la Revue de l'Histoire littéraire de la France, janvier 1908.