Journal de d'Hémery. Mss. français
LES HOMMES DE LETTRES ET LES LIBRAIRES qB
pour les Preuves de la Religion^. Nous avons vu que les libraires de V Encyclopédie firent aussi à Diderot une Bente viagère, en outre de l'honoraire fixe qu'ils lui payaient pour chaque volume. Ces constitutions de rentes viagères ont, en quelque mesure, de l'analogie avec ce que nous appelons les droits d'auteur. Mais on n'en peut relever qu'un très petit nombre d'exemples. J.-J. Rousseau, sur la fm de sa carrière, dans tout l'éclat de sa renommée, eut grand peine à traiter sur ce pied pour une édition générale de ses œuvres ; encore n'était-ce pas à des libraires parisiens qu'il avait affaire.
Moins fréquents encore peut-être les marchés dits ({ à moitié profit ». Dans ce cas, le libraire fait les avances, mais ne donne point d'honoraires ; puis, lorsque les frais ont été couverts par le débit des exemplaires de l'ouvrage édité, le surplus du produit de la vente est partagé par moitié entre les deux contractants. Il est entendu, d'ailleurs, que, si l'argent engagé par l'éditeur n'est pas recouvré, l'auteur n'est tenu à lui fournir aucun dédommagement. C'est ainsi que le géographe Expilly traita avec Bauche (7 juillet 1757) pour sa Topographie de la France. Leur traité paraît avoir été établi après que, des deux parts, on en a bien pesé les termes, et peut-être proposé comme type de cette sorte de conventions ^. Mais de pareils marchés supposaient d'abord que l'auteur était en situation de se passer d'un profit immédiat ; ils supposaient aussi, comme le remarque Diderot, « trop de confiance d'un côté, trop de probité de l'autre ». Il convient, à son avis, de les déconseiller, et, à en juger par les exemples qui nous sont connus, il a en cela tout à fait raison. En 1742,