‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 6 sur 186 · I. Manuel de l'auteur et du libraire, Paris · texte numérisé non relu

I. Manuel de l'auteur et du libraire, Paris

ce genre de permission dont l'usage est devenu commun. Ce ne sont proprement que des assurances d'impunité*. »

Grâce à ces expédients, en dépit de la loi, les écrivains avaient donc quelque latitude. Si le gouvernement était avare de permissions du grand sceau, il ne se montrait pas ménager de permissions tacites. Il y a au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale (Fonds français) plusieurs registres contenant des listes de demandes faites en vue d'obtenir des permissions de ce genre. Nous en avons dépouillé un (2 1 988) pour la période qui va du i" novembre 1772 au 29 décembre 1778 ; nous estimons que, pour les trois quarts, peut-être même pour les quatre cinquièmes, ces demandes ont été favorablement accueillies.

Mais, si les gens de lettres gagnaient ainsi quelque chose sur la tyrannie de la loi, ils n'échappaient pas à l'arbitraire. Quand ils demandafent une permission tacite, rien ne les garantissait contre le risque d'un refus ; ils dépendaient entièrement des hommes et des circonstances. Il leur fallait passer par l'étamine, nous voulons dire par la censure qui fut, sinon constamment oppressive, du moins toujours gênante.

La censure, qui ne s'appliqua d'abord qu'aux livres de religion, fut exercée en premier lieu par les évêques, puis par la Faculté de théologie. Sous François P", puis sous Louis XIII, l'autorité royale tenta de s'attribuer le droit de censure, mais rencontra une vive résistance * .

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