I. Mss. français, 22186, fol. 3i
obtenu le 29 avril 1761 des lettres du grand sceau qui leur permettaient de faire imprimer pendant quinze années les Fables et Œuvres de leur aïeul. « Elles présentèrent ces lettres à la chambre syndicale de Paris pour les faire enregistrer. Les libraires associés s'y opposèrent, sous prétexte qu'étant aux droits de Barbinqui avait acquis les Fables, en 1668, du sieur de La Fontaine, la propriété leur en appartenait exclusivement à ses petites-filles qui n'y avaient plus aucune espèce de droit. — Par arrêt du conseil du i/i décembre 1761, cette opposition fut déclarée nulle. — Les libraires associés ont formé opposition à cet arrêt et, dans un mémoire par eux fourni sur cette opposition, ils ont soutenu que le traité fait par Barbin avec La Fontaine avait transmis à ce libraire un droit de propriété perpétuelle et exclusive dont il avait joui pendant vingt-huit années et, après lui, ses ayants droits pendant soixante-six ans, à la faveur du privilège primitif et des continuations de privilège. Cette affaire n'a point été décidée, parce que les libraires ont désintéressé les demoiselles de La Fontaine ^ »
Ici, comme on voit, le conseil du roi s'est nettement mis en travers des prétentions des libraires et a pris le parti des auteurs. Toute cette affaire, au reste, avait été étudiée et conduite par Malesherbes. Dans une lettre qu'il écrivit alors (2 novembre 1761) à M. de Saint- Priest, nous relevons les lignes suivantes : « Aujourd'hui les libraires de Paris veulent établir que, quand ils sont aux droits d'un auteur, fût-il mort depuis cent ans, ils sont propriétaires de l'ouvrage et que le gouvernement ne peut, sans injustice, permettre à un autre le même ouvrage. Ils vont plus loin et, de ce qu'ils ont une fois