‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 66 sur 186 · I. Mss. français, 6682, fol · texte numérisé non relu

I. Mss. français, 6682, fol

112 LES HOMMES DE LETTRES AU XVIir SIECLE

mêmes. Le droit civil ne s'y oppose point ; et, malgré le droit exclusif de vendre certaines marchandises qui est réservé aux communautés de Paris et des autres villes, chacun a la liberté de vendre les fruits de sa terre. Ne doit-on pas regarder les ouvrages d'un auteur, qui sont les fruits de son génie, comme lui appartenant encore à plus juste titre, et comme le bien dont il serait le plus convenable qu'ils eussent la libre disposition? » Il avait même préparé un Projet d'arrêt dont un article avait expressément pour objet de conférer ce droit aux gens de lettres : « Permettons aux auteurs de vendre et débiter par eux-mêmes les ouvrages de leur composition, pour lesquels ils auront obtenu privilège ou permission, dérogeant en cela à toutes les règles à ce contraires ^ »

i C'était, ce semble, un premier pas fait vers la re-

i connaissance de la propriété des auteurs. En tout cas, / cela indique, du moins, que la question était à l'étude } et vers quelle solution inclinait Malesherbes. (. En I763, il quitta la Direction de la librairie et fut

remplacé par de Sartines, moins lettré que lui, sans doute, mais pourtant ami des lettres et des littérateurs. Ce nouveau directeur se trouvait ainsi disposé à marcher dans les mêmes voies que son prédécesseur et à poursuivre les mêmes études et les mêmes projets.

A peine était-il entré en charge qu'il reçut et examina les Représentations et Observations en forme de Mémoire sur l'état ancien et actuel de la librairie, ses règlements, ses privilèges et autres objets relatifs à son commerce et aux gens de lettres, qui lui furent présentées par les syndic et adjoints de la Communauté des libraires de

Page 1