‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 69 sur 186 · I. Mss. français · texte numérisé non relu

I. Mss. français

a. Voir un article de M. L. Brunel dans la Revue d'Histoire littéraire de la France (janvier igoS).

Il6 LES HOMMES DE LETTRES AU XVIII* SIECLE

ne laissa pas de s'apercevoir que Diderot ne lui servait que du réchauffé et en fut, semble-t-il, un peu piqué. C'est, du moins, ce que nous paraît indiquer une note datée de juin 1767 et jointe au travail de Diderot : « M. de Sartines ayant demandé à M. Diderot un Mémoire sur la Librairie, ce dernier lui donna celui-ci, qu'il n'a sûrement composé que d'après le conseil des libraires et sur des matériaux que M. Le Breton, exsyndic de la librairie, lui a fournis. »

De Sartines, d'ailleurs, ne tarda pas à pouvoir être amplement renseigné sur ce que pensaient les gens de lettres, sans avoir besoin de les provoquer à donner leur avis. Dès le début de la querelle de Luneau avec les libraires, Bachaumont écrit : « Une affaire particulière, devenue presque générale entre les gens de lettres et les libraires, mérite d'être rapportée M. de Sartines reçoit tous les jours des requêtes et des représentations sur cet objet d'autres gens de lettres qui font cause commune avec M. Luneau ^ » Non seulement on discutait les dispositions des règlements anciens, mais on contestait la fidélité du recueil où ils avaient été réunis, le Code de la librairie, donné par Saugrain en 1744 qui, depuis lors, dans la pratique, servait de guide aux magistrats. « Le commerce de la librairie, écrivait Luneau, donne lieu tous les jours à un très grand nombre de questions que l'on ne peut résoudre parce que les édits, règlements, ordonnances, arrêts, etc., d'après lesquels on pourrait les discuter, ne sont point réunis. Les libraires ont formé un recueil qu'ils ont appelé Code de la Librairie ; mais cet ouvrage, composé par des mains intéressées à altérer les autorités qu'elles

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