‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 75 sur 186 · janvier · texte numérisé non relu

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prendre à ses frais les corrections d'auteur % trouvait qu'il y avait là de quoi suffoquer : « J'emporte aux enfers, écrivait-il à d'Argental, ma juste indignation contre... les libraires, éternels fléaux des auteurs, lesquels infâmes libraires de Paris m'ont rendu ridicule et se / sont emparés de mon bien pour le défigurer avec un privilège du roi^ » Quand on voit Voltaire et Rousseau traités avec ce sans façon, on se doute de ce que les auteurs du commun pouvaient attendre. /

Tant de négligence confinait à la déloyauté ; mais, d'ailleurs, les libraires ne s'en tenaient pas là et, en maintes rencontres, ils allèrent jusqu'à la déloyauté toute pure. Il s'en trouva qui, sans vergogne, escamotèrent des manuscrits qui leur avaient été confiés. D'Artigny fut victime d'une mésaventure de ce genre qu'il rapporte dans ses Mémoires. Il avait envoyé un manuscrit au libraire Paupie : u J'eus, dit-il, l'imprudence de ne conserver que quelques morceaux détachés : il m'en accusa la réception, mais il ne daigna remplir aucun de ses engagements et je n'entendis plus parler ni du manuscrit ni du libraire. M. du Sauzet à qui je m'étais plaint d'un pareil brigandage n'oublia rien pour engager le sieur Paupie à me donner quelque satisfaction. Tousses soins furent inutiles. L'infidèle libraire traita de mon / manuscrit avec le sieur Jean Néaulme, libraire à La > Haye ^. » On en vit d'autres publier des livres sans Tau- [ torisation, contre le gré de l'auteur*. Il y en eut qui mi- / rent sous le nom d'un écrivain des ouvrages où il n'était

I. Lettre au Rédacteur de Ik Bibliothhque française, Soaoût 1788. a. 3 janvier 1767.

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