‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 76 sur 186 · Mémoires de d'Artigny, tome VII, p. /|o3, Paris · texte numérisé non relu

Mémoires de d'Artigny, tome VII, p. /|o3, Paris

4. Voir une anecdote rapportée par Favart au tome I, p. gS de ses Mémoires.

pour rien : « Le 26 février 1764, Fréron abandonna la rédaction de ses Lettres sur quelques écrits de ce temps, pour fonder V Année littéraire. . . Il n'avait rédigé que les 1 44 premières pages des Lettres sur quelques écrits de ce temps. Le libraire Duchesne, qui voulait à tout prix compléter son volume, le fit terminer par un écrivain inconnu, tout en laissant croire aux souscripteurs et abonnés que Fréron était Fauteur de ce complément. C'était une fraude dont Duchesne ne se faisait pas scrupule*. » La Direction de la librairie, sur les plaintes des victimes, réprima bien quelques-uns de ces méfaits ; mais pour que les libraires se fussent risqués à les commettre, ne fallait-il pas que, suivant l'expression de Fenouillot de Falbaire, ils considérassent les auteurs comme des malheureux qui leur étaient livrés pieds et poings liés ?

« Il faut au libraire, disait Restif dans son Contr' Avis aux gens de lettres, une double honnêteté pour les gens de lettres, celle des procédés dans l'exploitation, jointe aux égards, au respect. » Des égards, du respect pour les personnes, comment aurait- on pu en attendre de gens qui en prenaient si à leur aise avec les œuvres ? Aussi a-t-on quantité d'exemples de la façon qu'avaient les libraires de traiter les auteurs de haut en bas. Voici les rédacteurs de VHistoire littéraire de la France : ce sont des religieux, des hommes vénérables. Pourtant les \ libraires associés, Osmont, Huart, Chaubert, Clousier / et Durand, leurs éditeurs, daignent rarement répondre î à leurs lettres : « Ce qu'il y a encore d'extrêmement criant dans cette conduite, c'est que, quand la compagnie a daigné répondre aux lettres des auteurs, elle l'a fait souvent avec des hauteurs, des criailleries, des re-

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