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Lettre à Thieriot, 28 avril

l48 LES HOMMES DE LETTRES AU XVIII* SIECLE

demander les avis des auteurs, et le point de vue qu'ils ont eu dans leurs compositions. C'est un fait K » — Quant à la mise en scène, on n'admettait pas que Fauteur eût rien à y voir. Sur cet article, non seulement on ne lui demandait pas de conseils, mais on allait parfois contre ses intentions les plus évidentes. Lonvay de la Saussaye avait donné une Journée Lacédémonienne . A n'en pas douter, il fallait des costumes et un spectacle d'une simplicité Spartiate. « A la représentation, on galonna les habits en argent, on argenta les armures ; on alla plus loin : certain bouclier jouait un rôle dans l'ouvrage, on l'orna de rubis, et au lieu de la décoration ordinaire des pièces villageoises, on en exécuta une superbe*. » C'était une espièglerie de messieurs les comédiens, espièglerie qui, sans doute, passait les bornes ordinaires, mais qui donne tout de même une idée de ce qu'ils pouvaient se permettre.

Droits pécuniaires, droits littéraires des auteurs sur leurs œuvres avaient été ainsi accaparés par les acteurs. Non contents de ces avantages, ils se firent une habitude de traiter les écrivains avec insolence et, en toute rencontre, de ne pas les ménager dans leur dignité.

Dès le commencement du siècle, ils s'étaient mis sur ce pied. Quand les acteurs italiens furent rappelés en France par le Régent (1716), Boindin constate dans ses Lettres historiques ^ qu'ils témoignaient des égards

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