‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 87 sur 186 · I. 21 mars · texte numérisé non relu

I. 21 mars

LES HOMMES DE LETTRES ET LES COMEDIENS lOI

actrices, même avec les acteurs. Actrices et acteurs ne manquaient pas de s'en prévaloir pour se dispenser d'être dociles : « Il est certain, dit Papillon de la Ferté, qu'il y en a plusieurs parmi eux qui fomentent le désordre par l'espèce d'indépendance où ils veulent être. C'est à quoi MM. les Premiers Gentilshommes de la Chambre les ont eux-mêmes autorisés en vivant trop familièrement avec eux ^ » Si bien que les comédiens, non seulement se riaient de leurs règlements et de leurs ordres, mais ne respectaient pas même leurs personnes : le duc de Duras ayant voulu intervenir dans un différend entre Préville et Mole, Mole lui répondit avec « beaucoup d'insolence ^ » . Ces chefs en étaient venus au point de craindre leurs subordonnés ^ Et cependant, ces mêmes gentilshommes n'avaient aucun scrupule à faire subir mainte avanie aux gens de lettres : en 1759, le duc d'Aumont décida que « messieurs les auteurs n'entreraient plus dans l'orchestre, mais à l'amphithéâtre seulement ». « C'était, dit Collé, les reléguer avec les perruquiers des comédiens ; c'était les avilir que de leur interdire les places où tous les honnêtes gens se mettent*. » Lorsque Sedaine eut avec la comédie le différend dont nous avons parlé, le duc de Fleury, Gentilhomme de la Chambre alors en exercice, ne s'avisat-il pas de l'envoyer chercher et de lui demander de faire quelques politesses à la troupe ? Sedaine ne voulut rien entendre ; et cette aventure fait dire à Bachaumont que « l'autorité en général ménage beaucoup les histrions S).

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