‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 89 sur 186 · Bachaumont, 10 juin · texte numérisé non relu

Bachaumont, 10 juin

LES HOMMES DE LETTRES ET LES COMÉDIEÎïS i53

qui cultivent les Beaux- Arts et avec la reconnaissance que je dois à ceux qui ont orné si souvent mes faibles productions et fait pardonner mes fautes, etc.*. » Passe encore pour Palissot, passe même pour Voltaire à qui les compliments coûtaient peu ; mais que penser, lorsqu'on voit Piron, Piron le grand railleur, le très libre parleur, s'évertuera remercier et flagorner ses interprètes*.

A la fin pourtant les comédiens lassèrent la longanimité des auteurs, a Ils se plaignent de nos dédains, disait naguère à peu près M"" de Seine ; que ne parlentils en maîtres. » Parler en maîtres, les auteurs ne le pouvaient pas ; les Gentilshommes de la Chambre ne l'eussent pas permis ; mais ils en vinrent à traiter les comédiens en adversaires.

A partir de 1760 environ, s'ouvre une période de vives escarmouches. C'est, en 1767, un pamphlet versifié donné sous le titre de : Statuts de la Comédie -Française. Le talent, les mœurs des acteurs et des actrices y sont critiqués sans ménagements, sans réticences^.

En 1768, on publie les Causes de la décadence du goût sur le théâtre^, ouvrage qui n'est pas à l'honneur et gloire de la compagnie. Cette même année, Sedaine lui inflige l'échec dont nous avons parlé. Un an après,

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