Mémoires de Fleury, I, i
4. Ce Mémoire, rédigé par F. de Neufchâteau, se trouve à la Bibliothèque de la Ville de Paris, i23o4.
LES HOMMES DE LETTRES ET LES COMEDIENS l55
tre la Comédie-Française. Il s'y plaignait de n'avoir pu obtenir que sa pièce eût une répétition en forme, et les acteurs, disait-il, avaient volontairement causé sa chute par la lenteur de leur débit : « Ralentir le débit et baisser le ton sont les deux bottes secrètes des comédiens pour tuer un auteur qui n'est pas de leurs amis. » Renou, qui n'était point poète dramatique de profession, mais membre de l'Académie de peinture, disait en finissant : (( Je n'ai été. Messieurs les auteurs, qu'un moment votre confrère; mais j'en ai assez vu pour vous plaindre et former des vœux bien sincères pour votre délivrance. »
Vers le même temps, autre querelle avec Palissot : sa comédie des Courtisanes avait été refusée par l'assemblée des comédiens, qui donnèrent pour motif de leur refus l'indécence du sujet. Palissot trouva moyen de faire approuver son œuvre par le censeur de la police et, fort de cette autorisation, demanda une seconde lecture. Cette fois on lui écrivit que l'on n'avait d'abord donné qu'un prétexte et que sa pièce pourrait être jouée quand il y aurait mis : i° une action, 2° de l'intérêt, 3** du goût, i'' une intrigue. Furieux, Palissot se démène, intrigue, s'arrange pour gagner les dévots à sa cause, et, en attendant de publier un Mémoire (1776) dans le procès qu'il intente aux comédiens, lance une très impertinente épître intitulée : Remerciement des demoiselles du monde aux demoiselles de la Comédie-Française, à l'occasion des Courtisanes \
C'est alors aussi que Mercier commençait à batailler. Il avait fait admettre le 8 août 1778 sa tragédie : Nathalie. Il demanda, le 22 décembre suivant, la lecture d'une