I. Mémoires de Fleury, I
l56 LES HOMMES DE LETTRES AU XVIIl" SIECLE
seconde pièce, comme c'était le droit de tout auteur qui avait eu une pièce reçue. N'ayant rien obtenu, il écrivit le ^ mars 1776, une lettre si pressante, qu'on se décida ■enfin à y répondre. Mais comme, en 1773, il avait donné un livre intitulé : Du Théâtre ou Nouvel essai sur Vart dramatique^ ^ et que, dans cet ouvrage, qu'il n'avait d'ailleurs pas signé, le dernier chapitre traitait les comédiens du roi sans nulle considération, ceux-ci lui déclarèrent que la Comédie « ne peut se charger d'aucun de ses ouvrages, ni les recevoir, ni même les entendre qu'il ne se soit justifié du libelle que tout le monde lui attribue. . . et que le désaveu ne soit aussi notoire que l'injure a été publique ». Là-dessus, requête présentée par Mercier à la Grand'chambre du Parlement. Il demandait : i** que la délibération des comédiens « fût brisée, en la forme ordinaire, comme indécente et injurieuse », 2*" que l'article 55 du règlement du 23 décembre 1767 fût exécuté, c'est-à-dire que les comédiens fussent tenus de jouer la pièce reçue le 8 août 1772, 3" à être reçu opposant au règlement du 23 décembre 1757, (( en ce que ce règlement contenait de contraire à l'honneur des lettres et à l'intérêt des auteurs ».
Ainsi, avec Mercier, la lutte prenait plus d'ampleur. Elle a été racontée dans tous ses détails par M. Béclart^ : nous n'en retiendrons qu'un épisode. — Quand Mercier produisit son Mémoire, les comédiens se vantèrent de faire évoquer l'affaire au conseil du roi et de l'y enterrer. Mercier alors, pour les défier, prétendit user de ses entrées qui, du reste, lui étaient dues. On les lui refusa.