‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 96 sur 186 · Mémoires sur Diderot, par Mme ^q Vandeul, p. xxxiii · texte numérisé non relu

Mémoires sur Diderot, par Mme ^q Vandeul, p. xxxiii

l66 LES HOMMES DE LETTRES AU XVm* SIECLE

Voltaire ; et si l'hôte, mal payé et peu accommodant, leur fermait sa porte, ils en étaient réduits à recourir à l'hospitalité d'un camarade moins dépourvu. Diderot « avait quelques amis ; sa chambre appartenait au premier qui s'en emparait. Celui qui avait besoin d'un lit venait prendre un de ses matelas et s'établissait dans sa niche. Il faisait à peu près la même chose avec eux^ » Ces jeunes gens en somme vivaient leur bohème^.

Marmontel a laissé des renseignements amusants sur le train qu'il mena dans le temps où il venait de débarquer à Paris : « J'allai me loger à neuf francs par mois près de la Sorbonne, dans la rue des Maçons, chez un traiteur qui, pour mes dix-huit sous, me donnait un assez bon dîner. J'en réservais une partie pour mon souper et j'étais bien nourri. Cependant mes cinquante écus ne seraient pas allés bien loin. Mais je trouvai un honnête libraire qui voulut bien m'acheter le manuscrit de ma traduction de la Boucle de cheveux enlevée, et qui m'en donna cent écus, mais en billets, et ces billets n'étaient pas de l'argent comptant. Un gascon, avec qui j'avais fait connaissance au café me découvrit dans la rue Saint- André-des-Arts un épicier qui consentit à prendre mes billets en paiement, si je voulais acheter de sa marchandise. Je lui achetai pour cent écus de sucre et,

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