‹ Les hommes de révolution Aguinaldo et les PhilippinsChapitre 10 sur 33 · Mémoires d'Aguinaldo · texte numérisé non relu

Mémoires d'Aguinaldo

% AGUINALDO ET LES PHÏLIPPÏfNS

comme date extrême pour la remise complète des armes.

» 2^ Le total de l'indemnité devait être payé personnellement à moi en me laissant la faculté de disposer des fonds à mon entière discrétion, et de m'entendre avec mes coopérateurs et les autres insurgés.

» 3° Avant l'évacuation de Biak-Na-Bato par le reste des forces insurgées, le capitaine général Primo di Rivera y enverrait deux généraux de l'armée espagnole qui seraient gardés comme otages par mes coopérateurs restant dans la place jusqu'à mon arrivée à Hong-Kong avec quelques-uns de nos compagnons et jusqu'au premier paiement en mes mains (400.000 dollars).

» 4<^ Il fut aussi convenu que les congrégations religieuses seraient expulsées des Philippines e^ qu'on y établirait un gouvernement autonome politique et administratif, mais, sur la demande expresse du général Primo di Rivera, on n'insista pas sur cette clause dans la rédaction définitive du traité, le général ayant soutenu que ces concessions exposeraient le gouvernement espagnol à de sévères critiques et même au ridicule.

» Le général Primo di Rivera effectua le premier paiement de 400.000 dollars pendant que les deux généraux donnés comme otages étaient retenus à Biak-Na~Bato.

» Quant à nous, révolutionnaires^ nous rem-

plîmes nos engagements de rendre nos armes qui s'élevaient à plus de 1.000 pièces, comme chacun le sait, les journaux de Manille en ayant publié le compte. Mais le capitaine général Primo de Rivera ne s'acquitta pas aussi loyalement que nous de ses obligations. Les autres versements n'eurent jamais lieu ; les moines ne subirent aucun empêchement dans leurs actes de tyrannie et d'oppression ; on ne prit aucune mesure pour les expulser et pour séculariser les ordres religieux ; les réformes demandées ne furent pas inaugurées, quoique le Te Beum eût été chanté. »

Comment l'Espagne, en manquant avec autant de déloyauté à des engagements solennels, pouvait-elle espérer ramener le calme dans sa colonie? Par quel fatal aveuglement se préparait-elle, au lendemain de si terribles troubles, de nouvelles et plus néfastes épreuves ?

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