WM. RALPH MEREDITH
g-ique : " Bien qu'il y ait eu des faiblesses dans la direction de nos écoles dans les districts français, il ne faut pas oublier que nous devons exercer beaucoup de libéralité vis-à-vis de nos concitoyens français. Notre but suprême doit être d'établir une seule lang-ue dans nos écoles : la langue anglaise. Je suis donc opposé à l'usage de livres dans les deux langues, tel que proposé par M. Ross, parce que cela aurait pour effet de perpétuer l'enseignement français parmi nous, — ce à quoi nous ne pouvons pas songer."
Nous croyons avoir résumé les points saillants des discours de M. Meredith dans la fameuse campagne de 1890. Le chef de l'opposition fut éloquent et fit partager aux masses ses convictions, mais pas assez pour leur faire croire que le gouvernement Mowat était indigne de leur confiance. Ou plutôt, pour exprimer notre pensée plus clairement, disons que les influences combinées d'un parti au pouvoir et de toutes les forces gouvernementales étaient trop fortes pour céder devant les assauts d'une opposition dont l'organisation était loin d'être parfaite. Puis M. Meredith a\ait à lutter contre cette fatale accusation de fanatisme et de bigoterie qu'on avait lancée et exploitée contre lui. Sur tous les hiishngs de la province, au coin du feu, dans les rues, il était ouvertement accusé d'avoir délibérément entrepris une croisade contre l'Eglise de Rome, et de ne faire qu'un avec M. D'Alton McCarthy et le parti des ''droits égaux," dans leurs efforts pour faire triompher le protestantisme et enlever les pri\ilcges accordés aux catholiques. 11 était inutile d'invoquer le beau caractère de M. Meredith, l'absence absolue, chez lui, de toute animosité personnelle et la modération admirable qu'il apportait dans l'expression personnelle ou publique de ses vues ; inutile aussi de rappeler ;iux masses les éloquents appels à la tolérance faits par M. Meredith durant la campagne : on ne lui pardonna pas d'avoii accepté un programme qui apparaissait au peuple comme une contradiction flagrante des notions de liberté prèchées par M. Mc^wat.
Citons ici un extrait du discours prononcé par le chef de l'opposition devant un auditoire de London : " Sc'ius l'ceil de Dieu, dans cet univers soumis à ses lois, les hommes peuvent aspirer A parvenir au royaume éternel par des chemins que ni le prêtre ni les ministres n'ont tracés. Au nom de la religion, au nom de la liberté, au nom des devoirs les plus sacrés d'un bon citoyen, je proteste contre les appels que l'on i'ail aux préiugês religieux à Tencontre du respect et
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do la loléranco que les hommes politiques doi\eiit à tous leurs concitoyens."
Rien n'y fit, et sir Oliver Mowat est aujourd'hui premier ministre d'Ontario, au lieu de William Ralph Meredith. C'est peut-être pour le mieux, car sir Oliver a l'amour du pouvoir, tandis que M. Meredith a déclaré, et très sincèrement, qu'il n'est pas ambitieux d'}- arriver.
Les honneurs politiques lui sont venus de toutes sources sans qu'il les ait recherchés, son unique et constant effort ayant été de mériter la confiance que le grand parti conservateur d'Ontario a si cordialement et si implicitement placée dans son zèle, son dévouement et ses capacités. La lutte a souvent été amére, et les situations, toujours difficiles. La \ictoire n'a pas souri au chef de l'opposition ; mais il a gagfné d'autres lauriers : les sympathies, le respect et les dévouements qui l'entourentj une immense popularité, et une place marquée depuis longtemps sur les banquettes du trésor à Ottawa.
En effet, le nom de Meredith a été souvent mentionné comme celui d'un futur ministre fédéral. La presse a proclamé ses titres à cette promotion, et de nombreux amis ont plaidé la nécessité de son transfert dans la politique du Dominion. W. Meredith paraît croire que son devoir est au milieu de ses amis d'Ontario, dans le champ plus ardu et plus stérile de la politique provinciale. Malgré cela, l'opinion publique semble avoir foi dans sa nomination prochaine comme ministre de la justice, dans l't^ventualité de la retraite de sir John Abbott et du choix de sir John Thompson comme premier ministre. Des considérations d'ordre personnel et public pourraient, cependant, induire M. Meredith à rester à son poste actuel. Ce serait regrettable pour le Dominion, qui a besoin d'hommes de caractère dans ses conseils généraux.
En dehors des strictes lignes de parti et du programme conservateur, >L Meredith a des idées très avancées sur beaucoup de choses. Il favoriserait l'élection de beaucoup d'officiers publics aujourd'hui nommés par le gouvernement, et il s'objecterait à toute exemption de taxes. Pour appu)-er ce dernier point, citons un extrait de son discours de London, en date du i6 décembre, 1S89 : "Je dis que les propriétés d'une Eglise ou d'un ministre d'une Eglise devraient être sujettes à la taxe, tout comme celles d'un marchand, ou du plus riche ou du plus pauvre citoyen faisant affaires dans ce pays. . . . Nous avons besoin d'un chanirement radical dans notre système de taxation,