‹ Les Hommes du jourChapitre 25 sur 46 · VM. RALPH MEREDITH · texte numérisé non relu

VM. RALPH MEREDITH

car il y a dans le statut telles et telles exemptions qui devraient en disparaître dans l'intérêt du peuple."

Il est incontestable que le suffrage universel dans Ontario lut imposé au g^ouvernement Mowat par M. Meredith qui, de plus, a inspiré, proposé ou fait passer presque toutes les mesures des dernières vingt années, concernant les classes ouvrières.

Que pouvons-nous dire de plus ? L'homme que nous venons de décrire est un grand Canadien, Il croit dans son pays, dans son avenir, dans ses progrés et dans la force de ses institutions. Ontario est, à ses yeux, la plus brillante étoile de la constellation des provinces canadiennes, de même que le Canada est la plus brillante étoile de la constellation des colonies anglaises.

Personnellement, M. Meredith est entouré par ses amis et ses partisans de cette chaude affection que seul commande le magnétisme possédé par les meneurs d'hommes, magnétisme dont, plus que tout autre, sir John était imprégné et qui le lia si intimement, en amitié et en politique, avec le chef conservateur provincial. Il s'exprime avec une facilité qui ne le cède qu'au charme et à l'éloquence de sa parole. Son extérieur distingué et sympathique contribue grandement à porter la conviction et fait croire à sa sincérité. Si ses luttes politiques n'ont pas toujours été couronnées de succès, les amitiés qui se sont multipliées autour de lui, la haute réputation qu'il s'est acquise, et la place éminente qu'il a su conquérir parmi les hommes sur lesquels le Canada doit compter dans sa marche ascendante vers un brillant avenir, valent mieux que les plus brillants succès.

J. CASTELL HOPKINS.

Toronto, 15 septembre, i8q2.

(Traduction de Louis-H. Taché.)

SIR LEONARD TILLEV

Les Hommes DU Jour. 2rEME Skrie.

SIR LEONARD TILLEY

Samuel Léonard Tilley, iîls de Thomas X. Tilley, naquit le 8 mai, 1818, à Gagetown, comté de Queen, dans le Nouveau-Brunswick. I! descendait d'une famille qui tut intimement liée au développement et au progrès de cette province. Son grand-père, Samuel, était un loyaliste intransigeant qui, après la révolution américaine, brisa les liens qui l'attachaient à son foyer de Brooklyn, New- York, et vint s'établir au Nouveau-Brunswick, dans la ville de Saint-Jean. A cette époque, la famille, qui est d'origine danoise, épelait son nom Tilly ; et cette épellation se lit souvent dans les documents et archives du siècle dernier.

Le futur homme d'Etat ne put compter, au début de sa carrière, sur beaucoup de ces avantages de situation qui facilitent tant les succès dans le monde. Il reçut sa première éducation à l'école de grammaire ; mais, à l'âge de douze ans, il dut quitter sa famille pour se chercher un emploi à Saint-Jean. Il trouva facilement du travail, car sa figure intelligente et sympathique et ses manières prévenaient de suite en sa faveur. Il entra d'abord dans une pharmacie tenue par feu William-0. Smith, homme d'une intelligence supérieure, qui fut maire de Saint-Jean pendant plusieurs années et qui occupa une place marquante dans la politique municipale du temps. Le jeune Tilley, pendant les quatre années qui suivirent, étudia beaucoup et devint membre d'un club de discussion où, une fois la semaine, se traitaient, librement et avec une grande libéralité d'opinions, les questions politiques du jour. Nul doute que c'est là que Léonard Tilley reçut ses premières notions de politique, car le club comptait parmi ses membres des hommes qui sont devenus célèbres dans leurs positions respectives, et c'est là aussi, sans doute, que se décida sa carrière. Parmi les membres du club se trouvait John-W. Lawrence, l'archiviste de Saint-Jean, auteur de nombreux écrits sur la fondation

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