Le Journal d'une femme
faire des romans, et des hommes et des femmes pour les lire, c'est par le cœur que le cœur sera touché.
Chez M. Octave Feuillet, Faction est simple, le récit rapide, la forme concise. Pas de parasites parmi les personnes ni dans la phrase. Il serait impossible de supprimer une figure ni de retrancher une épithète. La scène est remplie, jamais trop pleine. Les personnages accessoires, nécessaires un instant à Faction, disparaissent, leur rôle dit, et il n'est plus parlé d'eux. D'un mot, l'auteur donne l'idée de la physionomie des individus, du caractère du paysage ou du monument; il ne s'égare pas dans ces descriptions chargées en couleur, moins faites pour montrer les objets que l'art de celui qui décrit. — Loin de chercher à faire parade de son art, M. Octave Feuillet chercherait plutôt à le cacher. — Les alliances, la fortune, l'origine, l'éducation de chacun sont expliquées en deux Hgnes. Pour le caractère et la manière d'être, c'est par l'action qu'on les connaîtra. Tout est dans l'action ; non point uniquement dans l'action visible des faits, mais dans l'action latente et progressive des sentitimcnts. Cette action-là, M. Octave Feuillet excelle à en marquer le développement à en noter toutes les phases. Il a la science du cœur. Il entend ses plus sourds battements; il connaît ses tempêtes, ses élans, ses fièvres, ses blessures, ses cicatrices restées
douloureuses. II sait exprimer ses sentiments complexes dans leurs variétés les moins perceptibles et dans leurs infinies nuances. On dit souvent, par un emploi abusif de la catachrèse, que tel romancier se sert d'un scalpel. L'auteur de V Histoire de Sybille et du Journal d'une femme se servirait plutôt d'un stéthoscope. M. Octave Feuillet n'a pas besoin de disséquer pour connaître. 11 lui suflBt d'ausculter.
Le Journal d'une femm^ est un roman à quatre personnages, qu'une des héroïnes, mademoiselle Charlotte d'Erra, raconte sous forme d'autobiographie. Charlotte est allée passer un mois au château de Louvercy, habité par madame de Louvercy et son fils unique, Roger, qui horriblement mutilé à Coulmiers, a pris en haine le genre humain. Il vit à Louvercy, comme un lycanthrope; retiré dans une aile du château, il ne voit personne et occupe son temps à courir les routes dans un dogcart attelé de chevaux vicieux, — a dans l'espoir qu'il le tueront ï>, dit sa mère. Charlotte trouve à Louvercy son amie intime, mademoiselle Cécile de Stèle, charmante enfant, rieuse et folle, élevée un peu à la diable par son père, le général. M. d'Eblis, chef d'escadron d'étatmajor, est aussi parmi les hôtes de madame de Lou-
vcrcy. C'est un homme de trente ans, d'aspect sévère, de caractère ferme et doux, ayant le charme qui s'impose des esprits tout à fait supérieurs, la grâce des forts. Compagnon d'armes de Roger, il l'a sauvé en le ramassant mourant sur le champ de bataille. D'Eblis est le seul être au monde que Roger consente à voir.
Quelques jours après son arrivée, Charlotte, qui n'a encore aperçu Roger que de loin, remerciant par d'effroyables jurons les domestiques qui l'aidaient à descendre de sa voiture, se trouve à l'improviste faceàface avec lui, dans l'escalier de la bibliothèque. Le mutilé ébauche un geste embarrassé, comme pour saluer ; sa- béquille tombe et roule de marche en marche. « Je ne puis rendre, raconte Charlotte, l'ex- )) pression de profonde tristesse dont son visage s'est » alors empreint : c'était un mélange de douleur, » d'humiliation et de colère. » Charlotte, émue, ramasse vite la béquille et la replace sous le bras de Roger, qui lui dit d'une voix basse et grave : «Je vous remercie. » Cette rencontre trouble un peu Charlotte, qui se prend d'une vraie pitié pour ce malheureux. De s')n coté, Roger a été profondément ému de la façon simple et charmante dont la jeune fille est venue à son aide. Sans qu'il se doute d'abord du sentiment qui naît dans son cœur, il vainc pour se rapprocher de Charlotte sa répulsion à se montrer.
Il vient à table, demeure au salon -le soir, écoutant mademoiselle d'Erra jouer du piano. Le commandant d'Eblis voit quelle est la bonne fée qui a fait cette métamorphose. Il aime Roger comme soimême, et la vive sympathie que lui inspiraient déjà la beauté et Fesprit un peu réfléchi de Charlotte s'accroît d'une sorte de reconnaissanceé Très franc sous une réserve apparente, il ne cache pas sa cordiale affection à mademoiselle d'Erra, qui elle-même est sous le charme du commandant. La vie de château, où l'on est dans une intimité forcée de tous les instants et où l'on se connaît plus en huit jours qu'à Paris en six mois, explique assez la marche rapide des sentiments de M. d'Eblis et de Charlotte. Déjà la grand'mère de Charlotte voit en elle madame d'Eblis. Mais il se passe entre Roger et le commandant une scène violente, qu'il est aisé de deviner, bien que l'auteur ne la raconte pas, et à la suite de laquelle M. d'Eblis, pour couper court à la jalousie de son ami, demande la main de Cécile. Le coup de théâtre est moins imprévu qu'une rapide analyse, qui ne peut tenir compte ni des nuances ni des préparations, ne le ferait croire. Cécile a bien dit une fois qu'épouser le commandant, ce serait épouser Croquemitaine. Elle a bien dit aussi qu'elle le regardait comme un père; que lui, la regardait comme un bébé. On a vu la manière amicalement sévère dont
d'Ëblis en plusieurs circonstances a repris chez Cécile des enfantillages, des caprices, des façons de petite fille mal élevée. Mais, jouant ce rôle de père, le commandant a compris que Cécile est, après tout, charmante, pleine de cœur autant que d'esprit. Un jour qu elle s'était évanouie après une chute dangereuse, il Ta portée dans ses bras et, quand elle est revenue à elle, leurs regards se sont rencontrés. D'Eblis n'a pas d'amour pour Cécile ; il a déjà une profonde affection. C'est une enfant à protéger, à sauver peut-être; enfin pour lui, Cécile, qu'il a connue en même temps que Charlotte, semble tout inàprégnée de son charme ; en elle, il croit encore retrouver et aimer Charlotte. Pour se laver aux yeux de Roger de tout soupçon de lèse-amitié, il fait un grand sacrifice. Ce sacrifice,, inspiré par des sentiments complexes, n'est pourtant pas en dehors de l'humanité.
Frappée au cœur, Charlotte va quitter le château. La veille de son départ, un douloureux cri de femme retentit dans la nuit. Elle reconnaît la voix de madame de Louvcrcy et accourt dans la chambre d'où est parti le cri. Au moment d'y entrer, elle voit un tableau qui va décider de sa vie. Madame de Louvercy est aux genoux de son fils, assis devant une table où se trouvent une grande lettre cachetée et une boîte de pistolets. Roger dit à sa mère : « Cette « heure de folie est passée, je vous le promets. Em-
» portez ces armes, si vous voulez. Et surtout qu'elle » ignore toujours cela. » Elle y c'est Charlotte ; la jeune fille ne s'y trompe pas. Dès lors, sa résolution est prise. Son cœur, pour jamais fermé à l'amour, se rouvre à la charité. Celle qui a été sacrifiée se sacrifiera. Elle trouvera sa consolation à consoler un malheureux, l'oubli de son bonheur perdu dans le bonheur d'un désespéré.
Au double mariage de Roger et de Charlotte, du ommandant d'Eblis et de Cécile, s'arrête la première partie du Journal d'une femme. Quand Charlotte reprend la plume, cinq ans se sont passés ; son mari, revenu un instant par elle à la joie et à la santé, est mort en la remerciant des années de bonheur qu'elle lui a données. Elle habite Paris avec sa petite fille. En mourant, son mari a désigné M. d'Eblis comme tuteur de cette enfant. Il résulte de cela un rapprochement entre Charlotte et M. et madame d'Eblis, cpii ne se sont vus qu'à de rares intervalles du vivant de Roger. Dans cette nouvelle intimité avec le commandant et èa femme, Charlotte ne tarde pas à s'aperce-' voir que les deux époux ne sont heureux ni l'un ni l'autre. D'Eblis devient de plus en plus soucieux, morne, comme découragé de la vie. Il semble que
Cécile, toujours gaie et toujours rieuse, cherche à s'étourdir dans les folies du monde afin de ne pas voir le vide de son cœur. Madame de Louvercy est sur le point d'interroger Cécile, lorsqu'elle apprend tout de M. d'Ëblis lui-même. Cécile se perd, il le sait, mais il n'a pas le courage, il a à peine le droit de l'arrêter sur la pente fatale : car il ne l'aime pas, il ne l'a jamais aimée, et c'est cette indifférence, qu'il n'a pas pu lui cacher, qui est la cause du mal. Celle qu'il a aimée, celle qu'il aime toujours d'un amour sans espoir, c'est Charlotte. Madame de Louvercy écoute ces paroles avec stupeur. A la pensée de ce bonheur perdu, ses larmes coulent. Elle dit : « Je vous ai beaucoup aimé. Monsieur, je » vous aime encore. Si vous êtes digne d'entendre » un tel aveu de la bouche d'une honnête femme, » je vais le savoir. Je ne puis étouffer les senti- » ments de mon cœur, mais je puis les élever assez » haut pour les purifier. Ne nous séparons pas ù comme deux êtres faibles qui craignent d'être le » misérable jouet de leurs passions. Gardons brave- » ment notre affection mutuelle et unissons-nous » pour le bien dans une complicité généreuse. Aidez- » moi à vous reconquérir le cœur de votre femme ; » je vous promets de l'aider, elle, à conquérir le JD vôtre. »
Il est trop tard. Quelques jours après cette entre-
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vue, Charlotte, qui a dû aller soigner sa belle-mère au château de Louvercy, voit arriver, par une neigeuse soirée de décembre, Cécile toute grelottante, pâle, Tœil enfiévré, riant d*un rire nerveux : « J*ai » voulu te faire une surprise», dit-elle gsûement; puis, tout à coup : « Je suis perdue... j*ai été hier » la maîtresse du prince Viviane I » La malheureuse veut se tuer. Son mari, absent depuis une semaine, doit revenir le lendemain à Paris. La femme coupable craint de le revoir en lui avouant sa faute, et redoute encore davantage de se retrouver devant lui si elle la lui cache. Ces idées de suicide serrent le cœur de Cnarlotte. Elle tente de calmer son amie et, dans sa divine charité, elle s'efforce presque de la consoler. Le matin du lendemain, Cécile a disparu. Madame de Louvercy trouve sur une table cette lettre si touchante, qui semble écrite avec des larmes :
a Ma bien-aimée Charlolte, décidément je ne puis pas le revoir... Malgi^ ma faute, je suis encore trop honnête pour cela... — Je vais mourir, ma pauvre chérie... Pardon de la peine que je (e fais. Je crois que Dieu, malgré tout, me rec^ vra avec bonté, parce qu'il voit ce que je soufl^re... J*aimais tant la vie... Mais il n'y a plus moyen, vois-tu! Je pensais déjà à cela, hier soir, en venant de la gare au château. Tout le long du chemin, en voyant cette neige épaisse sur toute la campagne, je me disais que je voudrais y être couchée et endormie pour jamais... Voilà la mort que j*ai choisie... J*ai lu je ne sais où qu'on ne souffrait pas beaucoup et que, le premier saisissement passé, on s'endormait doucement... J^espère qu'il en sera ainsi pour moi.
» Tu sais où ta me trouveras, ma chérie... Tu te rappelles que je t'ai dit un jour que je voudrais être enterrée là... Je ne crois pas que cela soit possible, mais je veux au moins y mourir. C'est là qu'il m'a dit qu'il m'aimait... qu'il m'a demandé si je voulais être sa femme... Hélas ! oui, je voulais bien, car je Taimais bien et j'étais bien flère de son amour... que je n'ai pas su garder. Dis-lui tout, dis-lui ma faute, mon infamie, mais aussi mon repentir, n'est-ce pas?
9 C'est toi qu'il aurait dû aimer. Toi seule étais digne de lui... Je voudrais qu'il ouvrit enfin les yeux... C'est mon dernier vœu. Vous voilà libres tous les deux, et puis, si vous me deviez votre bonheur, enfin, vous auriez plus de pitié... vous pardonneriez tous deux de meilleur cœur à votre pauvre petite morte. — Ta Cécile. »
Charlotte court dans le parc et trouve « la pauvre petite morte ». Elle est étendue dans la clairière, couverte d'un linceul transparent fait de flocons de neige. Il semble qu'elle soit veillée dans son dernier sommeil par l'ombre poétique d'Ophélie.
On cache d'abord à M. d'Eblis que Cécile s'est suicidée. Quelques semaines après l'événement, il dit brusquement à Charlotte : « Voyons, Madame, pour- » quoi s'est-elle tuée ? » Charlotte dissimule mal son trouble et hésite à répondre. « Pauvre femme, re- » prend d'Eblis, vous n'êtes pas habituée à mentir.., » J'en sais assez, d'ailleurs... Elle s'est tuée pour ne » pas me revoir... Elle a bien fait. » L'angoisse est grande pour madame de Louvercy. Si elle avoue à M. d'Eblis la faute de Cécile, dont il se doute, dont il a la presque certitude, elle ne fera qu'obéir à la volonté dernière de la morte. Et, un jour, peut-être, la
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vie recommencera pour elle et pour d'Eblis, libres tous deux et innocents tous deux de leur liberté. Mais elle est retenue par une pensée de sublime délicatesse. Si elle n*a pu sauver Cécile de la mort, ella sauvera du moins sa mémoire de la honte. Cet héroïque mensonge la séparera pour toujours de M. d'Eblis, mettra au cœur du seul homme qu'elle a aimé un remords éternel... Elle n'écoute que sa généreuse inspiration. « Cécile s*est tuée, dit-elle résolument, parce que » vous ne Taimiez pas. » Et elle lui prouve la vérité de cette terrible parole en lui montrant ces mots cruellement équivoques, que, dans son affolement, Cécile a écrits quelques jours avant de mourir, en pensant au prince Viviane : a II y a des moments )) où le cœur me manque, où ma tête se perd tout » à fait, où je me sens près d'un coup de désespoir, » d'une dernière et irréparable folie. » La dernière et irréparable folie, n'est-ce pas le suicide ? Cette révélation est le suprême sacrifice de Charlotte. C'en est à jamais fini des espérances de bonheur qu'elle et M. d'Eblis avaient pu former un instant.
Tel est ce roman, ou plutôt le sujet, le squelette de ce roman, où l'on retrouve, portées au plus haut degré, les rares et belles qualités de M. Feuillet. Le récit, rapidement mené, croît en intérêt à chaque page. La premiiire partie est aussi vive et enlevée dans son exposition, que la seconde est dramatique et tou-
chante dans son dénouement. Chaque personnage in- ' spire la sympathie et donne l'émotion, car on sent chez tous la bonté du cœur et l'élévation des sentiments. Aristote, parlant de deux peintres du siècle de Périclùs, disait: «Polygnoteapeintles hommes meilleurs qu'ils ne sont ; Pauson les a faits pires. » Beaucoup de nos romanciers font comme Pauson. Ils peignent les hommes pires qu'ils ne sont. M. Octave Feuillet, lui, fait comme Polygnote : il les peint meilleurs. C est pour cela que ce livre, tableau de tous les dévouements, et des plus généreuses abnégations, est de ceux qui élèvent l'âme et qui purifient le cœur. Peindre les hommes meilleurs, c'est les rendre meilleurs. On connaît l'épigraphe de la Nouvelle Hélo'ise : c< Celle qui lira ce livre est une fille perdue. » M.Octave Feuillet pourrait appliquer à son nouveau roman la contre-partie de cette idée ; « La femme qui lira ce livre sera une femme sauvée. » Qui ne plaindra Cécile en voyant sa douleur, ses angoisses, ses remords ? Mais quelle femme aura la tentation de faire comme elle ?
Nous avons entendu critiquer le dénouement du Journal (ïune femme. Il est trop triste, disait-on. S'agit-il donc d'un de ces vaudevilles qui doivent for*cément finir par un mariage? Il est invraisemblable, disait-on encore, au-dessus des forces humaines. — Pauvres gens, qui, incapables de s'élever au sacrifice, n'en soupçonnent point l'amère et divine volupté 1
Ce Journal d'um femme vit tout entier par le sentiment. C'est une peinture achevée des affections du cœur dans ce qu'elles ont de plus élevé et de plus douloureux. 11 n'y a pas là de péripéties dramatiques, de coups de théâtre à effet. On n'est ni moins intéressé ni surtout moins, touché. C'est le triomphe du sentiment dans le roman. Mais qu'on ne s'y trompe pas, sentiment ne veut pas .dire sentimentaUté. On ne trouve dans ce livre aucune trace de sentimentalisme. Chez le commandant d'Eblis, chez Charlotte de Louvercy, qui sont des êtres parfaitement équilibrés, la nature n'est point faussée par l'excès du sentiment ; — à moins pourtant que l'on ne regarde comme des jnaladies le dévouement, l'abnégation et toutes les vertus de sacrifice.
Dans un court avant-propos, M. Octave Feuillet assure qu'il n'est que l'éditeur du Journal d'une femme. On serait bien tenté d'en croire le romancier sur parole si l'on n'était accoutumé à sa touche délicate. Il y a là, en effet, des finesses de dire, des grâx»s d'expression, des .nuances et des raiTinements de sentiment qui sembleraient avoir été sentis, conçus et exprimés par une femme. Mais pas la moindre apparence de recherche, nulle affectation, aucune mièvrerie.
Tout est simple et ferme. La délicatesse de la touche n*exclut ni la précision du trait ni le relief du modelé.
Il est des esprits paresseux qui jugent, une fois pour toutes, un homme sur le mot d'un autre homme. Ci»ux-là, peut-être, en sont encore à croire que M. Oclave Feuillet est le « Musset des familles », le « Berquin de la Reviie des Deux Mondes ». Mais qu'ils lisent donc ses romans, s'ils en veulent parler I Nous les avons entendus : « Chez Octave Feuillet tout est romanesque, tout se perd dans le « bleu » ; il n'y a aucune observation. » Or, est-il étude plus profonde, plus sagace, plus topique que la première partie d*un Mariage dans le monde ? Si le livre de Balzac est la physiologie du mariage, celui-ci en est la psychologie. Écoutez encore : a C'est le roman idyllique, vertueux, digne de faire suite à la Morale en action. » Or il nous paraît, à nous, que M. de Camors n'est pas le parangon de toutes les vertus et que son a Parbleu I » à madame Lescande est un trait qu'auraient envié et Laclos, et Byron, et Mérimée, et les plus amers et les plus secs. 11 nous paraît aussi que Julia de Trécœur et son mari, qui la laisse si froidement se tuer sous ses yeux, ne sont point des personnages d'idylle. Autre refrain : « Cet auteur n'a ni vigueur ni nerf. » Or lisez, dans le Journal d'une femme, l'épisode du drapeau brûlé sous Metz. L'Enlèvement de la redoute