‹ Les hommes et les moeurs aux États-UnisChapitre 22 sur 31 · MO · texte numérisé non relu

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que des chrétiens se déshonorent par des actions aussi viles; d'autres supposeront que je me suis reporté à l'époque de la naissante de la Constitution, aux jours de Jefferson ctd'Atlams, lorsque les hommes luttaient pour l'établissement des grands principes, et que ce peuple nouveau ignorait l'usage de cette liberté qu'il avait si bravement conquise.

J'avoue à regret que celte supposition est pitilôt charitable que juste; je parle des Etats-Unis, tels qu'ils sont aujourd'hui. Ne troublons pas les cendres de la génération passée : c'est aux hommes de ce siècle que nous avons affaire; ce n'est pas moi qui les accuse de ces fautes dont je viens de parler, mais les écrivains de leur pays, leurs contemporains.

« L'esprit de parti , dit le gouverneur Clinton, dans son message annuel à la législature de 1828, cité par le capitaine Hall, a pénétré jusque dans les lieux les plus retirés, violé la sainteté du caractère féminin, envahi la tranquillité privée , troublé la paix des familles : les riches, les pauvres, les services publics, le coin du feu , l'autel , rien n'est épargné ; cet esprit immoral et destructeur s'est répandu, méprisant tout, excepté ce qui pouvait servir ses coupables passions. Les causes de ce mal profond doivent être attribi à la mauvaise administration et au pouvoir trop limité de la hante ma gi si rature. •

Dans l Animal Rfgistcr publié à New-York, poui les années 1828 et 1829, se trouve un article impartial écrit par un homme d'un grand mérite. Voiti qu'il dit à l'occasion de la dernière élection du j sident :

'■ Le» sujets discutés étaient \i\uVcA e,»v&i\'M

I <]ii peuple, que île lui donn< moyc'iis Je se former un jugement sain sur les bi du pays. Dans cet état d'effervescence , persc-ni songea à mcltre dans la balance les i pacilé du candidat. Le congrès, par qu'il oubliait le respect dû an rang élevé que devait tenir un des candidats; ce mauvais exemple, donné les hommes inftuetis, fut suivi par le peuple. e justice et toute vérité furent exclue» des politiques qui précédèrent l'assemblée du , les convenances de la vie privée méconi correspondances et les conversations coiifidenrendues publiques, le fer impitoyable de la guerre porté jusque dans le sein de la vie domestique . MGuae pitié pour l'âge ou pour le scie, la presse quotidienne publia tous les jours des faussetés et des obscénités, la tombe mi'iiie ne fut pas à l'abri de la rancune hostile qui distingua l'élection de 1828. »

Je ne veus certainement pas augmenter, par mes observations, le dégoût que doivent faire naître cas ri'-\ ■élaiinns. Si je ne me trompe sur les véritables motifs qui m'ont engagé à tes citer , ce n'est pas le but méprisable d'abaisser les Américains aux de mes compatriotes, ou de flatter lâchement qui regardent la liberté comme un crime , et le potinne comme une vertu, mais pour rendre hommage à In vérité, et parce qu'il est urgent que les nations connaissent les résultats de la Constitution des Etats- Unis. L'expérience de tous les siècles a prouvé que la haute magistrature élective était incompatible avec h paix et la bonheur du pe\vp\e-, çea unçorte qu'il d'an trône ou d'une chaire 4e vvtfcsvie&v

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celle brandie du gouvernement est trop élevée, trop susceptible de soulever les passions humaines, elle louche à de» cordes trop sensibles, pour que tout ne soit pas mis eu œuvre pour atteindre au pouvoir. Jl y a de» circonstances où la lutte se termine par la force physique , d'autres , par les calomnie» que l'homme rusé emploie pour eu imposer à l'ignorance ; dans le premier cas , le pays est arrosé de sang ; la dignité morale est sacrifiée dans le second.

11 est certain que l'essai d'un pouvoir électif ne pouvait se faire sous des auspices plus favorables qu'aux Etats-Unis. Les dangers de ces influences trompeuses qui agissent suri es masses, est moins â craindre pour une population disséminée sur une grande étendue de pays. Il n'existe pas en Amérique de ces hautes questions de principes, qui remuent si violemment les passions; les mesures pulilîqucs adoptées ont lait disparaître depuis long-temps ce genre de disputes; les contestations le* plus sérieuses sont plutôt occasionées par les rivalités que pour la défense de principes généraux. 11 n'y a pas de pauvres en Amérique, tout le monde trouve les moyens de vivre, le crime y est plus rare; qu'où se rappelle donc que, malgré tous ces avantages favorables à l'élection pério dique du chef de la république, elle n'est pas et ni saurait être d'un bon effet,

11 est sûr que les Américains, tout en blâmant celte institution, veulent attribuer le mal â la manière de s'y prendre pour recueillir le suffrage national, racine en est plus profonde. Quel que soit le moyen adopté pour former nn corps é\cetota\ , VwVAq» nercherie p.i r vie n tirant toujours a "jowit «n *Ww

Les passions et les préjugés des hommes sont trop intéressés dans la nomination à cet emploi important , pour espérer que la paix ne soit pas troublée à chaque élection nouvelle; et, s'il arrive une période où les hommes excités refusent de faire des concessions pour soutenir les intérêts communs, je ne vois pas comment alors la Constitution américaine pourra résister au choc, qui viendra rébranler.

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