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CHAPITRE XV

Cour suprême. — Juridiction de la cour suprême. — Magistrats de Washington. —Visite au Président. — Réception du Président. — Observations. — Esclavage dans Washington. — Légèreté des Américains. — Portraits des chefs indiens. — M. Calhoun. — M. Livingston. — M. Webster. — M. Van Buren.

La cour suprême des Etats-Unis se tient dans une des salles basses duCapitole. Cette salle n'est ni grande, ni belle; son plafond peu élevé, et sa position sous terre , lui donnent tout-à-fait l'aspect d'une <san«\ <& qui laisse au spectateur une impression <&fcs<ft&ta> •>

le porte à croire que la justice se rend dans t coiu. Témoin de la pompe avec laquelle se trailent les affaires législatives, au milieu de salles artistement ornées, il doit se demander pourquoi les mêmes honneurs ne sont pas rendus à Tbémis.

Quoique les cours en Amérique ne soient plus défigurées par les perruques, on y découvre encore une grande propension pour les loges : les jugesde la cour suprême eu portent tous. La manière de diriger les débats au tribunal est conforme à la gravité judiciaire, à désirer. Les convenances y sont observées que dans toutes les autres islé. Au moins , dans celle-ci , l'homme : disparaît pas sous l'habit déjuge, et tribunal sont dignes de la bonne so-

et ne laisse ri beaucoup mie cours où j'ai i comme il faut

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La cour suprême se compose de juges révocables seulement pour cause de malversation, sa juridiction s'étend sur toute l'Union. Elle siège tous les ans à Washington pendant deux mois, et ne juge que les questions qui ont rapport à la Constitution et aux lois du pays; quoiqu'il lui soit permis d'agir quelquefois par elle-même , elle ne doit , en général, se rassembler que sur l'appel des cours de circuit, qui se tiennent deux fois par au dans les divers Etats.

Userait fatigant d'énumérer les circonstances dans lesquelles ces trois cours fédérales suprêmes, de circuit et de district, exercent ou non une juridiction exclusive. Qu'il suffise de savoir que la cour suprême est le seul interprète de la Conslitutien écrite. Quand on se rappelle la diversité d'opinions qui a toujours existé sur Je sens des clauses \es vAus àm^Vi 4&

un États-Unis. 79

grand acte, et qu'il est permis à quatre juges de l'interpréter à leur façon, on comprendra l'importance de celle cour cl les difficultés que présente la mission dont elle est chargée.

Ce n'est pas tout; la juridiction de cette cour ne s'étend pas seulement sur une population homogène, mais sur une foule d'Etals particuliers, gouvernéspar des lois et une administration différente!.

Les causes plaidées devant ces tribunaux particuliers et pour lesquelles les lois générales ne sont même qu'indirectement consultées, sont renvoyées, en cas d'erreurs, à la cour suprême fédérale, qui a le droit de confirmer ou de rejeter la décision. Cette dernière intime l'ordre à la cour d'Etat de se conformer à son jugement ; mais chaque petit gouvernement jouit du privilège de n'exécuter le mandat qu'autant que cela peut lui convenir : car il est passé en principe qu'aucun tribunal n'a le droit d'en dominer un autre, à moins de s'appuyer sur l'autorité d'une convention expresse, qui est encore soumise à l'examen de chaque pouvoir judiciaire, afin qn'il soit bien prouvé que cette autorité a rempli ses fonctions avec équité.

C'est en se fondant sur ce principe que les législateurs des diliiiiiis Btata mil j ogé convenable de créer des lois pour se débarrasser de leurs créanciers étrangers, tandis que, pour la Grande-Bretagne au moins, le gouvernement fédérai avait signé un traité par lequel il ne reconnaissait pas de loi capable d'apporter obstacle au paiement des sommes dues par les Américains aux Anglais. La cour fédérale , appuyée de tous les honnêtes gens du pays , parvint , il est \va\ -, a As.- Irulre ce système odieux d'eMroquerwaAoçVfeç**^

•ntucky après I.i dernière guerre ; mais elle n'a pu ■neore décida si les diverses législatures ont le droit ; refnser l'exécution de se» jugomens.

S'il arrivait, comme cela est Ires-probable , que les égislatures fédérale et judiciaire se déclarassent la guerre, la dernière devrait en conscience annuler tous les actes inconstitutionnels de In première. Maintenant la cour n'a jamais le pouvoir de faire exécuter ses décrets. Je suppose qu'en dépit des traités, la Géorgie persistât à déclarer les Creek etClierokée Indiens soumis aui lois des Etats , afin de les obliger à émigrer au-delà du Mïssissipi. Les Indiens en appellent à la cour suprême et demandent protection contre cette injuste violence. La cour reconnaît leurs droits , proclame sa décision, mais cela en pure perte, à moins que le mandat ne soit accompagné de forces militaires, et le gouvernement n'en viendra jamais à cette eslrê-

Malgré lonles ces faiblesses, l'institution de cette cour suprême est fort sage. C'est la sûreté du pays. Le respect qu'inspirent ses décrets prouve combien sa force morale est grande, car elle parvient à régner sur le» élémens discordans de cette république fédérale.

Les magistrats les plus distingués y siègent. Il n'y eut pas d'assemblées de jurés pendant mon séjour à Washington. La cour se borna à donner quelques décisions et à écouler les argumens du barreau. I.e style des discours n'avait rien de commun avec ceux que j'avais entendus au congrès. Les magistrats semblent (farder toute leur déclamation pour la chambre; à la cour ÏU s'expriment avec Y>eauco\iç 4e làartfe . àft W

gique et Je précision ; ce ne sont pas des écolier» qui se disputent un pri*, mais des hommes d'une grande capacité , qui cherchent à convaincre et non pas à i-bluuir.

Peu de jours après l'entrevue dont j'ai déjà parlé, je fus honoré d'une invitation à dîner chez le président; j'étais mal heureusement engagé chez M. Tan Buren. Je n'informai de l'étiquette dans celte circonstance; on m'apprit que l'invitation du président ne pouvait làire manquer celle d'un chef de cabinet. Le généra] m'ayanl lait savoir qu'il recevait tous les soirs, :iccuitip;qrni} d'un membre de la cliamhre, je ne tardai pas à me rendre à la Maison Blanche (\) (White House).

Le président venait de se retirer avec un grand mal de tête; il revint cependant quelques minutes après; je vis par l'abattement de ses yeux qu'il souffrait beaucoup , mais la conversation n'en fut pas moins spirituelle et animée. Il nous apprit qu'il était indisposé depuis plusieurs jours, et que le lendemain étant son jour de réception, il se retirerait de bonne heure, afin de rassembler toutes les forces qu'exigeait celle fatigante soirée; puis la conversation s'engagea sur la politique intérieure, telle que la question des Indiens, le pouvoir de la cour suprême, sur une discussion qui venait d'exciter l'attention générale. lime serait difficile de trouver rien à critiquer dans cet illustre personnage. Je l'écontai avec un vif intérêt, car toutes ses opinions annonçaient la franchise et la

(1) C'est a

e presque lonjouca U. o

*agacit« qui forment les principaux traits du a général Jackson ; il s'exprimait sans réa : clL>.|iii'iice, comme un homme fortement conçu de ia droiturede ses vues. La présence Je mon compagnon , un des plus zélés défenseurs du gouverent, entrait peut-être pour quelque chose dan* lanière véhémente île parler ; cependant la sincérité peinle sur sa physionomie me faisait croire qu'il n'hésitera jamais à exprimer bâillement sa pensée.

Je ne manquai pas la réunion du lendemain. Les trois ou quatre salons ouverts pour la cérémonie étaient déjà remplis lorsque j'arrivai; jamais assemblage plus bizarre ne frappa mes yeux; la société me parut composée, en partie, de marchands et de gros fermiers, qui venaient avec leurs femmes et leurs filles complimenter leur président et jouir des splendeurs du gala. On voyait aussi des généraux, des Commodores, des employés publics de toute espèce, des ministres étrangers , des membres du congrès , des femmes de tous les âges, depuis la jolie filie sémillante de quinze ans, jusqu'à la maussade douairière de soixante-dix ans. Des majors en blouse, exhalant partout une odeur de gine et de tabac, se promenaient dans les salous ; leurs femmes, parées de robes d'indienne, de grosses boucles d'oreilles, étalaient leurs cols noirs, couverts de perles de verre, et trouvaient aussi leurs places. Les tailleurs, les avocats, tous les genres de métiers, la crapule même, «'était l'ait représente à cette brillante réunion. J'avais bien prévu ce mélange, mais il surpassa tous les rêves de mon imagination; je pus à peine en croire mes yeux en voyant des hommes tout coiniert» ie\a ^mMit «xta

la sueur qu'ils avaient ramassées dans leurs jours. que dis-je, dans leurs semaines de travail, de» forgerons qui sortaient à l'instant même de leurs ateliers. Je vis un meunier ou un boulanger laisser sur ses voisins les traces de son passage ; mais rien n'était plus curieux qu'un groupe composé d'ouvriers irlandais, employés à un canal du pays.

Ces gens qui paraissent tres-forts sur les principes de liberté et d'égalité, avaient résolu de jouir sans restriction de tous leurs privilèges, et de se présenter aussi sales que possible ; je les aï vu bousculer les personnes les plus comme il faut du lieu , avec une audace joyeuse , qui rappelait celle de Donnybrook.

Rien n'était moius agréable qu'une réunion pareille. La chaleur était insupportable et l'odeur fort incommode. Avant de partir, je voulus néanmoins remercier le président de ses bontés pour moi ; je me décidai à percer la foule pour arriver jusqu'à lui ; mes progrès furent lents ; on lie pouvait avancer que par intervalles, et je n'apercevais rien encore du président, lorsqu'un ami que je heurtai en passant, m'apprit que je trouverais le général dans le dernier

Je vis enfin le président; il paraissait souffrir encore, et remplissait ses fonctions, que je regarde comme [es plus pénibles de toutes celles qui sont attachées à sa grandeur. Obligé de parler sans avoir rien à dire, deprodiguer des poignées de mains à des hommes qu'on n'aimerait pas à toucher sans précaution, il s'acquittait de tout cela avec une figure riante et aimable. Je remarquai surtout sa galaxAerê rasets. les femmes, et je ae doute pas qu'agami çmw W V»>i\

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