‹ Les hommes et les moeurs aux États-UnisChapitre 25 sur 31 · DI MATS-I.KIS · texte numérisé non relu

DI MATS-I.KIS

droits incontestables; âttt ligldattun qui rampent devant la populace, l'étourdiront de leurs phrases sur Ti ndepeDiiance.il ne lardera pas à connaître la sympathie du démocrate avec le t yra n ; il demandera des lois, et n'y trouvera que des chaînes, des préjugés, au lieu d'une libéralité vraie. Il retournera enfin dan» son pays, plus sage, sinon meilleur, plus patient à supporter les maux inévitables, pins rccuminissaiit pour les bienfaits dont il jouit, moius disposé à les sacrifier à un mieux incertain.

Il y a peu de chose à voira Washington. Mes occupations m'empêchèrent d'aller au théâtre; les églises n'ont rien de remarquable. Je visitai l'endroit où se trouvent réunis les modèles Je toutes les mécaniques inventées par ce peuple ingénieux ; ils sont très-nombreux , mais de peu de valeur. L'homme qui vit dans un pays presque désert, est obligé d'avoir recours à ses propres ressources. Quand la main-d'œuvre est introuvable, il Tant bien la remplacer par des inventions nouvelles ; mais il arrive souvent que celui qui a obtenu une patente pour une découverte, appreud ensuite que son idée a été reproduite depuis longtemps avec plus de succès.

Ou voit au sicii'tiriil une salle destinée à recevoir le portrait de tous les chefs indiens qui ont visité Washington. Les tableaux sont mal peints; mais ce défaut est racheté par la vérité. Cette collection est intéressante, car c'est tout ce qui nous reste des hommes remarquables dans leur temps , maïs qui < manqué de poètes et d'historiens pour célébrer leur mémoire. Chez les uns, la pbjsionomÀecsX'çVù.'Bt ù noblesse et d'uni: expression de gtmfrn*T «P

personnes trop renie dispenser d'eu parpar M. Callioun.

elle* le» autres on remarque quelque chose de aom et de féroce, l'œil lin, et eecalmu dans tous les muscles qui semble dire : je donne la mort, et suis saut pitié. La douceur et la bienveillance se peignent rarement sur leurs traits. Quand je me reportais à l'époque des malheurs de cette rare infortunée, obligée de lutter aujourd'hui contre la rapacité des peuples civilisés, je ne pouvais regarder ces tableaux sans éprouver il ne sorte de mélancolie.

Ma visite à Washington me procura le plaisir de

raarquables pour que je puis 1er dans cet ouvrage. Je ci

vice-p résident des Etats-Unis; il avait autrefois re- Doncé à ses prétentions à la présidence en faveur du général Jackson. Différais iuddeiis oui brouillé depuis ces deuï personnages; cependant personne ne croit que M. Callionn puisse l'emporter sur son rival à la prochaine élection. M. Callionn est de taille moyenne , maigre et négligé dans sa personne ; sa laideur est effacée par beaucoup de physionomie , et par un ceil d'une vivacité extraordinaire; sa chevelure épaisse qui se dresse avec raideur sur le haut de son front, augmente encore la grosseur monstrueuse desa tête; sa conversation est aimable et sans pédanterie, ce qui est rare chez un Américain. M. Callionn ne met aucune prétention dans ses discours, il arrive directement à son but; sa méthode et sa manière de s'exprimer indiquent une grande vivacité d'imagination , et quoiqueM. Callionn connaisse tonte l'étendue de se* moyens, il préférerait, je crov^airâeïâkvérilè/KUun coup de main, <\wl tic wiViïe\es çTt>^fc*\

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y mènent plus sûrement. On s'aperçoit dès le premier noiip (fcil que le » le e- président n'est pas un boimne ordinaire. Sa capacité ponr les affaires, Funanr que lui portent ses conciloyenslui donnent la certitude de jouer un grand rôle dans h politique de l'Union.

M. Edouard Lmngsl'jii . idsM sin.il'.'ur de lu Louisiane, l'ut nommé, peu de temps après mon départ de Washington, secrélaire-d'élat. Elevé au barreau de New- York, il occupa de bonne beure le premier rang dans sa profession. Personne ne peut espérer de rivaliser avec lui comme magistrat philosophe. Son expérience politique, ses talens brillans, l'amabilité de son caractère lui ont attiré à juste titre l'estime et l'admiration d'un peuple assez avare de «es hommage».

La réputation de M. Livingston est européenne. Le code criminel qu'il a rédigé pour la Louisiane, cette magnifique production d'une tète philosophique assure à l'auteur une réputation immortelle j la peine de mort est exclue de ce code; M. Livingston demande aujourd'hui avec chaleur qu'elle soit aussi abolie dans tous les autres États.

M. Livingston travailla pendant plusieurs années avec assiduité à la compilation de ce code. Jamais pareille lâche n'eût été remplie par des hommes ordinaires ; ceux dont l'en t h ou si; a sine eût été plus modéré, auraient reculé d'épouvante devant l'entreprise.

M. Livingston a bravé toutes les difficultés; animé du zele d'un philunlrope , il a étudié les lois de toutes Je* nations, médité sur tous les traités qui ont rapport aux crimes et aux peines ; il entretient \mfe cote étendue avec le* crémiers v>\\\\<swaT;\\>:ft

u temps, entr'autres avec Bentliam dont il vante b coup les avis comme lui ayant été fort utiles

Un trait Je la vie Je M. Livingsion donnera une idée Je sa persévérance. Se» reclierclies pour la rédaction Je son code étaient déjà Tort avancées, lorsqu'un incendie consuma tous ses papiers. Loin Je se laisser décourager par ce triste événement, il recommença le lendemain son travail avec un nouveau zële.

La tatlle Je M. Livingslou est au-dessus de la moyenne. La douceur Je sa physionomie la pend agréa- Lie, el cet enthousiasme qui l'anime encore malgré son âge, brille avec plus d'éclat dans ses yeux, chaque Ibis qu'il est question d'un sujet intéressant; ses lu.inii res appartiennent à l'homme distingué; elle» sont plutôt acquises par un sentiment naturel, un et délicat , que par ses rapports avec la bonne société, C'est avec plaisir que j'exprime publiquement mes sentimeus Je respect et d'admiration pour un homme qui m'a témoigné tant d'égards.

L'homme qui eaïuite eapl iv.i le plus mon attention en Amérique, fut H. "Webster. Son nom est pour ainsi dire proverbial , depuis le golfe de Saint- Laurent jusqu'à celui du Mexique, depuis le cap Sable jusqu'au lac Supérieur. Plusieurs désapprouvent sa manière Je voir politique, personne ne lui conteste son éminente supériorité comme auteur. M Webster mérite certainement la réputation de grand homme dont il jouit dans son pays; et j'avoue que toutes les nations seraient fibres de lui avoir donné le jour. Ses connaissances sont à la Ibis étendues et minutieuses; ses ressources iiitellcctneWea tri-s-nomWeaees ; jamais il ne se mêle d'une iliscu&Mon sans «feçwft» ««Va

sujet qu'il traite beaucoup Je clarté , et sans donner des prouves d'une haute capacité.

Je m'étais formé, avant de connaître M. "Webster, une idée très- imparfaite de son caractère ; son nom et ses prétentions avaient retenti à mes oreilles dès le premier jour de mon arrivée ans: Etats-Unis. Plusieurs personnes m'envoyèrent ses discours à lire. Lorsque je parlai de visiter Boston, tout le monde me dit: « AM vous verrez là M. Webster. » A peine arrivé dans la ville , les condoléances m'accablèrent de toutes parts: « Vous êtes bien malheureux, me dirent mes amis, M. Webster est parti bier pour Washington, n Toutes les fois que je parlais à Philadelphie ou à Baltimore de ma visite â Boston , celle question : u Avezvous vu M. Webster? » m'était de suite adressée.

Il restait de tout cela dans mon esprit une étrange cacophonie. Comme il n'est pas agréable d'admirer par contrainte , la réputation de M. Webster m'était devenue insupportable. Je vins cependant à Washington, chargé de lettres pour cet homme contre lequel j'avais de si fortes préventions. Je le rencontrai à un liai le soir même de mon arrivée ; plusieurs personnes me le firent remarquer; il m'inspira de suite le plus grand intérêt; jamais physionomie ne m'avait paru plus expressive.

Le front de M. Webster est élevé, large et saillant, la cavité au-dessous dt ses sourcils est d'une grandeur remarquable. Son bel œil noir est très-enfoncé, mais il lance des regaHfa péiiétrans; sou ne* est bien dessiné, quoiqu'un peu gros; sa bouche n'est pas exemple de cette compression des lèvres qui dispie les habitat»* de la Nouveue-\n$*Vftvre. Q»wA

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LES HOMWBS ET LES MlïLRS

physionomie de H. Webster est en repos, elle est

lide el rebutante ; elle «'anime dans la conversa lion; rîre lui donne une eipreasion toute différente; ii est claire, aiguë, ferme, sans beaucoup de variété dans la modulation; lorsqu'il s' échauffe, e" résonne à votre oreille comme un c

Comme orateur , je crois que (ouïe la fore M. Webster consisfc dans le raisonnement; je ne * pose pas qu'il fasse jamais un appel au sentimec réussirait pas; ses propres moyens lui sont trop & nus pour qu'il se hasarde à éprouver un échec. Dans les débats, sa physionomie seule doit imposer. Peu d'hommes se permettraient un sophisme volontaire en préseucc de cet œil si froid et si pénétrant ; un regard suffirait pour anéantir an volume de mauvaise logique.

Je ne fus pas assez heureux pour entendre M. Webster déployer au Sénat ses grands moyens oratoires. H ne parla, pendant mon séjour à Washington, que des sujets in lignifia us. À la cour suprême, je fus

hanté de sa manière de raisonner sur les loit.

Enfin im peut largement absoudre M. Websterdes péchés dont se rendent coupables les orateurs de son pays. Je doute qu'on puisse l'accuser de déclamation dans aucune circonstance. Il affecte toujours une grande simplicité; les mois sont pour lui des inst.rumens, et non pas du remplissage. 11 ne s'exprime jamais avec fracas ou avec violence. Il faut donc espérer que le goût des Américains n'est pas loitl-ù- l'ait dépravé, puisqu'un orateur tel que M. Webster, méprise toutes les petites supercheries de Tort, généralement applaudi.

La conversation Je M, VJebAet «*\.WVw

il paraît enchanté lotîtes les loi» qu'd peut mettre de côté avec ses amis, la gravité du magistrat el de. l'homme d'étal. Ses idées politiques sont remplies de tolérance; il est du petit nombre des Américains qui entendent parfaitement la Constitution anglaise, non pas comme un système abstrait de lois et d'institutions, mais sous sa véritable l'orme, telle qu'elle agit sur le peuple, lorsqu'elle est modifiée par mille influences, toutes choses ignorées de la plupart de ses compatriotes'

M. Van Buren, alors secrétaire d'état, aujourd'hui vice-président, l'emporte sur tous les persoouages que j'ai rencontrés à Washington, pour les manière* du monde. C'est un homme habile el qui m'a semhlé versé dans la connaissance du cœur humain. 11 n'allée te dans sa conversation aucune réserve diplomatique. Un secrétaire d'étal ne peut, il est vrai, devenir le dépositaire de secrets bien împorlans , puisque toutes les affaires du gouvernement sont dirigées par les comités du sénat et de la chambre des représentais. Les ennemis du ministère accusent cependant M- Van Buren de se livrer à de grandes manœuvres politiques, accusation dont il ne peut jjuére se rendre coupable que de concert avec ses eollëgliea de loua les partis ; car la finesse devient de rigueur lorsque l'indépendance n'esl pas toléré

s politiques. Je sais que !e secrétaire d'élat :st un homme de talent et d'instruction, ' dans la conversation , ayant l'esprit o ïcdotes intéressa h les.

i séjour de trois semaines , je eoimnMWïÀv"*. départ; mais v.n bat uoMM çat V

nistre anglais qui était sur le point de quitter Washington m'engagea à le retarder encore. M. Vangham s'était concilié tous les partis en Amérique. Aucun ministre n'avait joui d'une plus grande estime; l'idée que son retour en Angleterre était nécessité par le mauvais état de sa santé , répandit de la tristesse sur la fête. La soirée fut néanmoins très-belle. La société, quoique très-nombreuse, était mieux composée que celle du ministre français. Les bottes sales ne furent pas admises , avantage qui doit avoir été particulière* ment apprécié par les femmes.

Je partis le iour suivant.

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