‹ Les hommes et les moeurs aux États-UnisChapitre 27 sur 31 · CX ÉTVTS-L.MS. ICI · texte numérisé non relu

CX ÉTVTS-L.MS. ICI

t cm plaît nvec peine. À dix heures, nous arrivâmes enfin au fort Mitchell , après avoir voyagé vingt -quatre heures pour l'aire quatre vingts milles.

Ce fort est défendu par un détachement île l'armée des Etats-Unis, afin de prévenir toute agression de la part des Indiens, sur les frontières de Géorgie. On y voit eu tout trois maisons , parmi lesquelles se trouve une taverne; quoique très-mal montée, le maître de la maison se mit en quatre pour nous être agréable. Personne ne songea donc à se plaindre; mais nous jugeâmes, d'après nos minces repas, que le garde" manger de notre hôte pouvait rivaliser en recherche avec la boutique de l'apothicaire , dans Romeo et Juliette.

Mon premier soin fut de chercher une place dans une voiture pour aller à Augusta; mais le fort Mitchell est une espèce de nid à rats, où l'on pénètre dilïicilemeut , et d'où l'on sort avec plus de peine encore. J'y fusretemi pendant près d'une semaine; jamais le temps ne me sembla plus long. Si mon séjour avait été volontaire, j'aurais peut-être trouvé moyeu dem'occuper et de m'amuser; mais un lieu qu'un habite malgré soi, n'est jamais agréable.

Les officiers de la garnison vivaient à l'hôtel , et prenaient plaisir à m 'accabler de leurs bontés. Je me promenai avec eux dans la forêt voisine, et je leur dois de précieux renseignemens sur les Indiens. Fendant mon séjour dans le pays , deux tribus firent assaut d'adresse dans le jeu de balle. Les Creeks, d'un côté, les Ewitches, de l'autre, petite tribu qui occupe un district daus le territoire Creek , et qui cc^nvA^vA. conierve sou Àiug-age et ses lia\>ilu<ies çai\\ttvi\iite*.

Un grand nombre de spectateurs , presque !oni diens, étaient déjà rassemblés, lorsque nous arrivâmes, le jour Gxé pour la cérémonie. T.es joueurs parurent, etae retirèrent dans les bois voisin» pour ajuster leur toilette , tandis que les partisans de chaque tribu cherchaient à se décourager mutuellement, et fmWien) retentir l'air de leurs cris aigus. Bientôt, les combattans revinrent à moitié nus : une ceinture environnait seulement leur taille; leur peau, imbibée d'huile, était peinte de- différentes couleurs; les uns portaient des queues , les autres des colliers faits avec des dents d'animaux; on -voyait qu'ils avaient cherché à se donner l'air féroce.

Après beaucoup de cérémonies préliminaires, le jeu commença ; il s'agissait de jeter la balle aussi loin que possible dans le terrain de l'adversaire, et de la jeter entre deux perches placées eiprèspour servir de lignes de démarcation. Personne ne peut égaler les Indiens pour l'agilité; ils sont grands et gracieux; ils sont moins robustes que les Anglais , mais plus alertes et plus libres dans leurs mouvemens. Plusieurs des joueurs étaient de fort beaux hommes; l'un d'eux, surtout, aurait pu servir de modèle pour représenter Apollon. Les Enfiches étaient loin de pouvoir rivaliser avec leurs adversaires pour les formes extérieures.

Ce jeu est presqii'aussi dangereux pour les spectateurs, que pourceux qui s'y exercent. Il est prudent de se tenir éloigné de la mêlée; le corps des joueurs, en suivant la balle, s'élance avec une telle fureur, que l'homme poussif et goutteux ne peut être en sûreté que perché sur wa atViïe.'ÏAi&ïi, les Creeks forent victorieux , et Aes et» »»™»W itsV *

MIX BTATÏ-IJMIS. 1G5

liront entendre de tous côtés. Les pauvres Ewitches quittèrent tristement le champ de bataille, en disant qu'ils avaient confié leur gloire ans plus mauvais joueurs delà tribu. Les vainqueurs dansèrent comme des fous , et la journée se termina par un repas abondant , auquel j'eus l'honneur de contribuer.

Je vis au l'ortHitcheil un grand nombre de troupes américaines; la discipline est très-relâchée- Comme Jes soldats sont toujours divisés en petits délaehemens, on ne peut jamais les «ercer à de grandes évolutions militaires. J'assistai un dimanche à une revue de cérémonie; tout se passa de la manière la plus négligée. Les officiers eux-mêmes conviennent de la mauvaise tenue de leurs troupes. «Vous riez, disaient-ils, de notre manque de discipline et de notre méthode; mais il ne faut pas s'en prendre à nous; rien n'est moins populaire que le service militaire; nous ne sommes pas soutenus par le gouvernement, et nous n'avons aucun moyen de maintenir la subordination, o Lin officier en non activité, qui avait été autrefois à notre service, et savait parfaitement ce que devaient être les soldats, répondait en riant à toutes les questions qu'on lui adressait à ce sujet. Il entra au service américain, disait-il, parce qu'il y avait peu de chose à l'aire; il n'avait pas l'intention d'y rester long-temps , sachant q ue les officiers n'avaient pas assez d'autorité sur leurs soldats, qui méritaient cependant de fréquente» corrections. Il ne se passait, pas une semaine au fort Mitchell, sans qu'on parlât de désertions. Toutes les fois qu'un hon de son service, il déserte avec armes et bagages ; (on lu poursuite devient inutile.

.1 difficile, dans un gouvernement dêmocratk .In soumettre les hommes aux rigueur* (le la discipline militaire. La nation se vaille île sa marine, mais jamais de son armée; ec dernier service est négligé; le zélé des officiers n'est pas encouragé ; les Iroupessontcn général dispersées dans des pnys lointains, où personne ne les voit; le peuple ne se soucie guère de ces êtres invisibles, relégués sur les frontières, sans ennemis à combattre, et qui n'ont rien à braver que les fièvres el les moustiques. Lorsqu'une plainte est portée devant les cours civiles contre un soldat, l'intérêt se manifeste toujours en faveur th\ demandeur. Je me souviens à cette occasion d'une anecdote curieuse que me raconta un ofGcier américain : "Vu soldat, accusé de fréquentes désertions. fut condamné par la cour martiale, à passer un certain temps en prison , et à perdre sa solde. Cet homme accomplit la sentence; mais aussitôt qu'il fut remis en liberté , il attaqua tous les membres de la cour martiale. Tel était le sujet de sa plainte ; il est dit datit le code militaire, que « ledéserteur sera puni demort, ■ on subira toute autre peine, selon la décision de l> » cour martiale." On soutint que, d'après cette clause, la cour ne pouvait infliger qu'une peine, et que le soldat ayant élé condamné à la prison et à la privation de sa solde, la cour s'était écartée de la loi. Le jury donna tort aux juges militaires, qui ne reçurent aucun appui du gouvernement. »

En quittant le fort Mitchell, nous traversâmes le Cbatahouchy, rivière considérable, dont je n'avais jnnuîs entend» pavAer, e\. eYAtam^ Aaws l'Etat de Géorgie. Notre route s«Uo\vNavVevwati;»im«wa.S'M*.

m-x rr.TS-i vis. MB

forêt Je pins , el la voiture enfonçait a chaque instruit dans le sable; il faisait très-chaud. Apres avnir voyagé toute la nuit, nous arrivâmes dans la soirée du lendemain à Màcon ; nous y dînâmes, et repartîmes de suite. Nous arrivâmes le soir à dix heures à Milledgeville, où je fus retenu par indisposition, quoiqu'à deux jours de distance d'Augusta, pour où j'avais déjà arrêté mes places.

Je passai nue mauvaise nuit; et voyant que le mal augmentait, j'envoyai chercher le médoein. Je lui demandai s'il pensait que j'avais la fièvre? il me répondit que oui ; mais qu'il ne pouvait pas dire encore suit opinion sur les résultats. Je me sentis plus malade, en dépit des remèdes de ce médecin. La chaleur devenait insupportable, et je commençai à croire que mon voyage se terminerait à Milledgevîile; cependant, une transpiration abondante me sauva, car lu fièvr aie quitta aussitôt.

Mes forces étaient épuisées, et je ne marchais que difficilement jusqu'à mon balcon. Il se trouvait là par bonheur une bonne négresse- qui m'apporta un let bouilli, la première nourriture que j'eusse prise depuis mon départ de Màcon. Ceci produisit uu trèsbon effet ; je me sentis la force, le jour suivant., dem promener dans la ville, dont je dirai quelques mots, puisqu'elle est la métropolede l'Etat.

Milledgevillc a vu des temps meilleurs ; elle n aujourd'hui que des ruines ; elle s'élève sur la rivière d'Oconée, dont les eaux diminuent chaque ann grand préjudice du commerce et de l'agriculture. Lu sol, autrefois, passait pour xiche ; mais, çaiVowV s& ii forêt a disparu , In ulule et les lorrens ™v twçw*) 2 V>

la terre, et n'ont laissé que du sable. Telle* sont le cause* qui ont sans Joule contribué à diminuer la pi pulation el la fécondité du pays.

Les magistrats de Géorgie ne siéraient pas; mais je visitai la maison d'Etat : c'est un bâtiment de brique, qu'un imbécile d'architecte a jugé à propos de rendre gothique ; l'intérieur est simple, mais convenable. On y voit un portrait du général Oglethorpe, qui, le premier, obtint dans ce pays une concession de la couronne d'Angleterre ; on reconnaît par sa physionomie l'homme de talent el l'homme bien élevé. On m'engagea à visiter la prison ; mais je n'en éprouvai pas In moindre envie.

Je quittai Milledgevillc deux jours après ma guérijon. Mon ami le docteur, bonhomme au fond , ne m'en voulut pas pour l'avoir fait mentir dan» ses prédictions. Nous causions toujours beaucoup lorsqu'il venait me soigner , et le jour où il m'accompagna jusqu'à la diligence, il me témoigna plus d'amitié que je ne le méritais. 11 me serra affectueusement la main , et me dit : • Monsieur, je ne vous reveirai plus; mais je forme des vœux pour que la santé et le bonheur ne vous abandonnent jamais. » Il est toujours agréable d'être ainsi traité par un étranger; et si jamais cei page* tombent sous les yeux de ce digne fils de Galîen (dont le nom m'a échappé) , je le prie de recevoir ce témoignage public de ma reconnaissance, pour ses bontés envers moi.

Un voyage dans la Géorgie ne laisse pas grand chose à dire: ses habitans sont mal famés; ils passent pour sauvages et cruels - , c^uïm\.a.\a'moT^ft,OTi tit presque trntê de regretter q»e\& Y.oVwvcevtewwl.'ças wLtwp*

an biMwi. 167

en Géorgie, aussi bien que le maître (.Pécule. Du fort Mitchell, je voyageai avec deux procureurs, deux gardes-magasins, deux planteurs de coton, et deux marchands d'esclaves. Je doute que les conversations ordinaires de Newgale puissent égaler en dépravation celles que j'étais condamné à entendre pendant la

La population de la Géorgie est considérablement augmentée par les mauvais sujets des autres Etats qui viennent s'y réfugier. Les rigueurs de la loi s'y font à peine sentir; tous les Américains s'accordent à dire que la Géorgie est le seul Etat où la justice ne soit pas loyalement rendue. Un Géorgien m'avoua en effet qu'on se lirait toujours d'affaire avec de l'argent, quelle que fût la gravité de l'offense ; je lui demandai de m enseigner le moyen qu'on employait pour échapper à la loi. o On commence d'abord, me dit-il, par sonder le schérif, puis on obtient, à force de promesses, que le conseil accusateur éloignera les preuves, ou bien introduira dans le procès quelque nullité qui vous laisse la ressource de l'aire casser le jugement ; puis, comment ne pas être sûr de gagner quelques-uns des jurés?Dans le cas où tout cela manquerait, il vous reste encore le geôlier; ce dernier moyen est infaillible. Il est donc impossible, ajoutat-il , qu'un homme adroit , dont les goussets sont bien garnis, ne réussisse pas à se soustraire à une condamnation.

Notre route pour Augusla se fît en partie la nuit malgré cela , je pus me convaincre que la vi blail à tout ce que j'ai ai souvent décrit, ttoa»

r«a Sparta pour souper; \* msnVce, 4*^'

berge était déjà couché , et n'avait que Je t'ea

â nous offrir. Nous arrivâmes à Augusta le jour tt

Je ne tardai pas à sortir pour visiter la ville. Elle est traversée par la rivière de Savannah , et sert d'entrepôt pour les cotons de tout le pays environnant. C'est de là qu'on l'embarque pour Savannah et Charlésion. La rue principale est large et très-longue. On j voit aussi un beau pont jeté sur la rivière, en un mot l'ensemble de la ville me parut très-gai en comparaison de tout ce que j'avais vu depuis mon voyage le long Ue l'Alabama.

Comme je me sentais encore Iris-faible depuis ma maladie, je me décidai à rester deux jours â Augusta pour me reposer. J'avais apporté plusieurs lettres de recommandation que j'envoyai; mais quelle fut ma surprise en voyant que j'en avais une pour le maître de l'auberge où je m'étais logé? Une bourse bien garnie est ordinairement plus précieuse qu'une lettre aui yeux des gens de celle classe. Je dois avouer cependant que mon liôte me donna une preuve de son désintéressement. Il me plaça à sa droite pendant les repas, me soigna d'une manière toute particulière, et lorsque je demandai du vin , me lit apporter , je crois, le meilleur de sa cave; il me mena voir, dan* sa voiture, un poste militaire du voisinage, et d'après les honneurs que lui rendirent les officiers, je V;

pays.

J'aurais voulu descendre la rivière jusqu'à Savi nah, maisle paflue\'0^ncçat\aïAiç\tdaascînqjo«j je continuai mon cb.ew«a eïv oÀ\\ç,ew.e S

e du Lion -Rouge était un personnage dans le

tCJ* ÉT1TS-DHIB. 169

€harleston. A peine avions-nous fait un on Joui milles, qu'un orage affreux éclata. Le tonnerre grondait, la pluie tombait abondamment, mais an bout de quelques heures les nuages disparurent et nous eûmes l'avantage de voyager sans poussière. Nous parcourions tantôt des marécages , tantôt des forêts de pins; les plantations de coton qu'on apercevait de temps en temps diminuaient à peine la monotonie grossière de la perspective.

Noos voyageâmes toute la nuit, et à deux heures, le jour suivant, nous atteignîmes la rivière d'Ashley, endeçà de Charleston. Le vent soufflait trop fort pour que nous pussions traverser. Il fallut attendre jusqu'à neuf heures dans la cabane du batelier, qui n'avait qu'une misérable chambre à nous offrir pour dix-sept personnes. Nous ne savions trop comment passer I. 1 temps, lorsque le vent devint plus favorable, la vue du bac acheva de dissiper nos inquiétudes.

Tout Anglais prudent qui voyage à Charleston se fera conduire à Jones's Hôtel; la maison est petite, mais tout y est commode et bien dirigé. Nous n'étions que dix à table, et la conversation fut décente. Jones est un beau brun qui a dû réussir dans le monde, car j'appris qu'il était sujet à la goutte, maladie de l'homme comme il faut.

Le plaisir de me trouver dans cet endroit, en présence de nappes blanches, de fourchettes d'argent, d'échanger mon porc salé et mes galettes de maïs contre une foule de mets recherchés, me parut inappréciable. Les premiers jours, je me laissai aller à unevoracité Irès-peu philosophique-, maisleWiiew»^ à h fflacc ih Joncs, après des privations cous»» «^s*

départ pour la

qne j'araîs éprouvées, de-pois mon départ [ Nouvelle- Orléans, auraient rendu Dïogène gourmet.

A l'exception de la Nouvelle-Orléans , Charleston est le seul endroit auquel un Anglais peut donner le nom de ville dan» tes Etals-Unis du sud. Je m'y trouvais arec un véritable plaisir , car j'étais fatigué de ces misérables villages que je renais de parcourir depuis si long-temps. Les édifices publics sont passables, les rues n'ont rien de remarquable ; mais tous les défauts de la ville sont rachetés par la vivacité qui ranime. Une grande partie des maisons sont de brique, dont plusieurs sont entourées de jardins ornés de beaux orangers, et d'arbustes de toutes les sortes , couverts de fleurs.

La ville s'élève sur un isthme formé par deux rivières, i'Ashlev et le Cooper. L'intérieur abonde en marais pestilentiels très-propres à la culture tlu rîi; les endroits plus secs produisent du coton excellent. Ces objets forment la principale branche de commerce de la Caroline du sud; leur culture sefaït aux dépens de la vie de bien des hommes. Les miasmes qui s'élèvent du terrain où se cultive le riz sont surtout très-malsains ; les esclaves sont obligés de les braver, ils meurent presque tous l'orl jeunes.

Le climat de Charleston est, je crois, plus mauvais encore que celui de la Nouvelle-Orléans. Dans cette dernière, les créoles sont exempts des ravages de la fièvre; elle n'épargne personne à Charleston ; un habitant du pays, qnelqa'accUmaté qu'il soit, ne peut coucherdans h ville àuneépoque de l'année, sans attraper la fiërre. A une autre saison , si «ne çmarans Aa la ville passe

AUX iTUS-UMS. 171

te regardent comme perdu. Enfin, à Charleston, on passe sa vie à échapper an fléau, qui finit toujours par vous atteindre. Tantôt c'est la ville qu'on fuît, tantôt c'est la campagne ; après avoir vécu pendant quelques in ois dans les forêts de pins , on revient dans la ville qu'il faut bientôt quitter de nouveau.

Un homme, à la Nouvelle-Orléans , court de grands risques; mais s'il l'emporte sur la maladie, il n'a plus rien à craindre, il continue à manger des écrevisses accommodées à toutes les sauces ; s'il meurt, les écrevisses le mangent à son tour; il peut dîner avec un ami à la campagne n'importe dans quelle saison. Un homme, à Charleston, est toujours sur le qui vive ; la fièvre le poursuit partout. Celte lutte continuelle avec la mort, me semble très -désagréable; si j'avais a choisir entre ces deux villes le lieu de ma résidence, je donnerais la préférence à la Nouvelle-Orléans. Ce n'est jamais qu'une affaire de goût.

Lorsque j'arrivai à Charleston, tout le monde avait quitté la ville, et mes nombreuses lettres ne me servirent à rien. Je ne puis donc rien dire de la société de Charleston, si ce n'est qu'elle passe pour être fort aimable.

Voyant que la ville était déserte, je pris le parti de retourner à New-York ; j'avais eu d'abord l'intention de m'y rendre par terre , mais on m'assura que je ne trouverais aucune compensation pour les ennuis du voyage ; que le pays et le peuple ressemblaient à tout ce que je connaissais déjà; j'avoue que j'étais porté à me laisser convaincre , tant ces voyages du sud , diligence, m'avaient fatigué.

Cependant je flottais encore 4m« Vv

icme promenant sur 1rs quais, j'aperçus u guebot de New- York. Je m: pus résister à la leiitalliir Je me transportai à bord , et , monté sur le pont du Saluda, je fis mes adieux à Charleston.

Pendant mon passage précipité dans In sud, je me trouvai rarement avec des hommes riches et bien élevée. Ces derniers sont rares dans les Etats d'AJabaraa et de Géorgie; mais dans la Caroline du sud on rencontre des propriétaires instruits et distingués i V 1 tout en professant à haute voix des principes démocratiques, vivent dans leur intérieur comme des autocrates renforcés. Semblables au* Virginiens , ils descendent en ligue directe des Anglais , et sont loin de renoncer aux droits qu'ils croient tenir de leurs respectables ancêtres.

Les deux pôles ne sont pas plus opposés l'un j l'autre que ne l'est un habitant de l'Etat du Sud du Potomac, et un natif de la Nouvelle-Angle terre. Aucun rapport dans leur manière de voir et de sentir. Le dernier , est rangé el cérémonicui; rusé , intelligent, persévérant; son tempérament est froid; il n'est occupé que des moyens de s'enrichir, et porte envie à ceui qui réussissent mieux que lui. Le premier, je parle de l'homme comme il faut, se distingue par sa générosité, sa franchise et ses goûts hospitaliers; il n'estime l'argent que pour le plaisir qu'il proenre; il aime le monde et la gaîlé ; susceptible et colère , il se montre aussi empressé à rendre raison d'une insulte. qu'il est prompt à obliger un ami. On ne peut se battre dans 1» Nouvelle-Angleterre sans être fort mal vu. C'est manquer i l'honneur, dans le S ud T que de refuser

s habitans du Sud surpassent décidément ceux l'Union pour les manières; comme il» fréquentent davantage la société, ils font de plus grands efforts pour se rendre aimables; ils ont plus d'esprit, plus de vivacité, et moins de cette prudence qui peut être fort utile à l'homme d'affaires , mais qui est peu sé- «luisante à table ou dans un salon. Lorsque j'étais à Washington, j'étais lancé dans la société des gens du midi, et je la quittai chargé d'une foule de lettres, dont je ne pus profiler , à mon grand regret. Un Anglais , homme du monde, préférera toujours les gens du midi à tous ceux des autres parties de l'Union.

La Saluda, en passantla barre, faillit échouer; mais le retour de la marée la remit à flot. Nous n'éprouvâmes pas d'autre accident; j'appréciai vivement le bonheur de respirer le vent Irais de la mer, au lieu de cet air empoisonné par les vapeurs mépliytiques des marais. Je me trouvai à New-York au bout de eix

Page 1