‹ Les hommes et les moeurs aux États-UnisChapitre 5 sur 31 · SO LES LOMBES ET LES BŒ · texte numérisé non relu

SO LES LOMBES ET LES BŒ

lion et l'étendue de son commerce la mettent au-dessus de toutes les autres villes des Etals-Unis. A mesure que nous approchions du quai, la vue s'animait ; le port était plus couvert d'un grand nombre de bateaux à vapeur et d'embarcations de toute sorte. Les craquemens des machines, les cris du rivage, commençaient à nous donner nue idée du mouvement et de r activité de cette ville. Le vaisseau jrla l'ancre à raidi, et je me trouvai une demi-beure après à l'hôtel Ituuker, qu'on m'avait fortement recummandé. Un jeune Américain m'y accompagna , me présenta à l'hôte, qui, après m'avoir gratifié d'une ennuyeuse conversation, m'apporta ion registre, sur lequel j'inscrivis mes nom , prénom* et position sociale. Cette formalité remplie, un nègre eut ordre de placer dans ma chambre le peu d'elfcls qu'un me permit d'apporter du vaisseau , et je fus libre de courir ç:i et là pour satisfaire ma première curiosité. Le voyageur qui visite nue ville étrangère, l'Anglais surtout, s'attend toujours à voir les objets qui se présentent à lui empreints d'uue teinte de barbarie. La ville même de IW»\oik ne saurait détruire ce préjugé. Cependant ses habitans se rapprochent certainement plus des Anglais que ceux d'aucune autre ville de l'Europe; et sans la multitude de ces nègres et de ces gens de couleur qu'on reucontreà chaque pas, le voyageur oublierait facilement que le vaste Océan le sépare de la Grande-Bretagne. La classe riebe a généralement adopté les modes de Paris et de Londres; les goûts et les coutumes des gens du peuple, autant qu'on peut en juger, rappellent toujours les pays d'où ils Tiennent. Il est vrai que ces uiïtéveiitea n

ÀEX ETATS-UNIS,

cet guère être saisies au premier coup d'œil ; est seulement frappé du peu de rapport qui esist» antre les babilans de New-York cl les Anglais , pour li tournure et les manières. Ils n'ont rien de celte physionomie ouverte , do celte démarche fière nui se fait remarquer parmi nous. Leur personne est en général jjrêle et sans dignité. La lenteur avec laquelle ils s'expriment, les sons nasillards qu'ils font entendre sont loin d'être agréables, et me paraissent toutà-fait contraires au* règles de l'harmonie.

Ces observations sur les habilans peuvent encore s appliquer à la ville elle-même. Ce mélange perpétuel de maisons de briques et de bois ne ressemble à rien de ce qu'on voit en Europe. Des habitans de New- York peignent encore leurs maisons en couleurs brillantes , selon l'usage de leurs ancêtres les Hollandais , ce qui est d'un cll'ct agréable, et répand un air de gaîlé et de clarté qu'on ne saurait produire par aucun autre moyen. Le manque de solidité et de régularité dans la structure des mes les plus belles est le défaut principal qui frappe l'observateur. Leurs maisons les mieux bâties se trouvent souvent à calé d'une simple chaumière et d'un tas de masures qui détruisent Complètement l'effet général. Cependant New- York est une ville agréable ; elle nage pour ainsi dire dans les affaires commerciales , et ses murs peuvent à peine contenir la multitude de ceux qui emploient toutes leurs capacités à ramasser de l'argent. Telle est la première impression que New-York lit luroiOÎ. Après avilir visité à la hâte les rues principales, mon obligeant compagnon me conduise, a. Y*. douane, afin Je me procurer la permission ift ôjBmj

qoer tout mnn bagage. Je fus passablement surpris de voir que , dans un paya républicain , les formalités observées en pareil cas étaient plus vexatoires encore qu'en Angleterre. A New-York, on commence par vous faire jurer que vous avez désigné avec exactitude tous les objets contenus dans votre malle, ce qui n'empêche pas lus douaniers d'y faire, comme partout, une recherche minutieuse. Je conviens Je la nécessité de ces visites, tout ennuyeuses qu'elles sont; mais ne vous semble-t-il pas qu'ils se moquent de vous d'une manière iusullante en exigeant un serment dont ils ne tiennent aucun compte. Le proverbe dit que Jupiter se rit des serment de l'amour; si en Amérique ceux de la douane n'ont pas plus de valeur, il vaudrait mieux abolir un usage non-seulement immoral, mais encore impuissant à réprimer la fraude. Jamais. dans aucun pays de l'Europe , on n'a vu exiger le serment dans les cas où il n'était pas reçu comme preuve suffisante des faits avancés. Il est difficile de deviner pourquoi , sous un gouvernement populaire, ou a mis en vigueur un usage aussi arbitraire- Tous les voyageurs en général sont portés à censurer avec aigreur les réglemens de la douane. Au fait, rien n'est plus capable de pousser à bout le caractère le plus doux que cette cérémonie désagréable qui vous oblige à voir tous vos effets bouleversés parles mains grossières d'un homme à gages. La raison a beau Vous dire que celte impertinente percpiisilion est de toute justice; que ce privilège est réciproque entretoutes les nations, qu'on ne saurait priver du droit de '//■fendre l'entrée des produits des manufacture» élran- !i d'y attacher les conditions ô"vmçoî\.a\

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qu'elles jugent convenables, il n'en est pas moins vrai que celle opération excitera toujours l'indignation , parce qu'elle semble rabaisser le caractère national. Il est impossible , sans un effort surnaturel d'imagination, de voir dans cet homme du commun le représentant de la majesté de la loi. Quels que soient les milliers d'objections raisonnables qu'on puisse me faire â cet égard , je ne pourrai m'empécher de considérer comme une tyrannie particulière et illégale la rigidité avec laquelle ces gens visitent noire sac de nuit, et fouillent jusque dans la boite de nos rasoirs. J'évite donc toujours de me trouver présent à la cérémonie, et dans cette occasion, après avoir donné l'ordre à mon domestique de surveiller l'inspection et de porter mon bagage à l'hûtel , je priai de nouveau quelques-uns de mes amis américains de me condnire dans la ville pour y faire de nouvelles remarques. J'aperçus en passant des enseignes qui me parurent très -bizarres, telles quecdlcs-ci -.Marchandises sèches. Comme je ne comprenais pas trop la signification de ces mots, mes comparons m'apprirent qu'ils ne s'appliquaient qu'aux objets de lin , de soie et de coton. Fabrique de cercueils : voilà qui s'explique clairement ; dans tous les cas , la vue d'une vingtaine de ces meubles lugubres et utiles, rangés avec ordre et prêts à faire leur service, aurait suffi pour instruire de la nature du commerce dont il s'agissait. Les mots de Magasin de farine et de comestibles, de Restaurant d'huîtres, étaient plus a g niables à l'œil et à l'imagination. Ceux de Magasin souterrain, Araignées , Chiens t (chenets), iùiliquaîeat un traiic novweau M. ■r caché som les voiles d'une nrç*l« «W

sublime obscurité, que je ne chercherai pas à dissiper en essayant d'en donner l'explication. Leurs affiches n'étaient pas moins divertissantes. Plusieurs traitaient de politique; mais Tune d'elles nous parut si obscure, que mes amis eux-mêmes entamèrent à ce sujet une longue discussion. Elle était ainsi conçue, et écrite en gros caractères :

jackson for ever ! (Jackson pour toujours!) go the whole hog ! (Va pour tout le porc!)

Lorsque je fus plus instruit, j'appris que c'était la phrase populaire et distinctive des radicaux américains, opposés aux fédéralistes, qui, ne voulant jamais adopter que des demi-mesures , sont représentés comme n'achetant aussi qu'une partie de l'intéressant animal que nous venons de nommer. Ceux qui se mettent sous cette bannière prétendent pousser les principes démocratiques jusque dans leurs dernières conséquences; le général Jackson est aujourd'hui leur favori. On m'a assuré que ce dicton venait de la Virginie. Dans cet État , un boucher qui expose un pore demande à l'acheteur s'il le veut entier , afin de l'obtenir à meilleur marché que s'il n'en désirait que des morceaux choisis.

Il était convenu avec le plus grand nombre des passagers que nous dînerions ensemble le jour de notre arrivée, en témoignage de l'amitié que nous avions formée. Nous choisîmes pour lieu de réunion la taverne de Niblo 7 qui passait pour l'auberge la plus renommée de New- York. Quoique fatigué des cour^ ses du matin, qui me paraissaient d'autant plus Iongués que j'avais perdu sur le vaisseau Y\ub\tad& &%

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marcher, je voulus faire le chemin à pied ; et prenant à mon hôtel les renseignemens nécessaires , je me remis en route. Chemin faisant, il m'arma une petite anecdote dont je ne parle ici que pour faire voir aux voyageurs combien il est facile d'être induit en erreur «ur le caractère d'un peuple lorsqu'on se presse de former un jugement.

J'avais déjà marche quelque temps lorsque je me *i« obligé dedemander le chemin. J'entrai dans la boutique d'un petit épicier, a Veuille! avoir la complaisance, monsieur, dîs-je, de m'cnseigner la roule de la taverne de Niblo. • La personne h laquelle je m'adressai était un homme d'un extérieur fort désagréable, qui me toisa des pieds à la lête pendant une demi-minule sans me répondre une parole. — uOui, monsieur, je le puis, » répliqua-t-il enfin, me regardant toujours fixement comme s'il me prenait pour Katlerfelto : et n'attribuant ses manières qu'à l'insolence républiciiiin'. y: me disposais à sortir de la boutique , lorsque l'homme ajouta : o et j'aurai beaucoup de plaisir à vous l'enseigner. * Et m'accompagnant jusqu'au milieu de la rue, il m'indiqua le chemin que je devais suivre î<vn- 1<* [ri us |,i nid -join. Quelque eboso en moi frappa sans doute sa curiosité, el après avoir découvert que j étais étranger, il se lit un plaisir de m'obliger. Celte petite rircuost.mce me donna une première idée des usage» du peuple, et servit non- ■eulementà me guider dans mes observation) futures, mais aussi â m'eipliquer la source des erreurs dam lesquelles la plupart de* voyageurs sont tombé». Si je m'étais éloigné rapidement de cet homme , cottittio e vint àJ'esprii,je n'aurais pas manqué de çot-

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ter sur la classe inférieure des Etats-Unis un jugement défavorable , et j'aurais tracé un portrait peu fidèle. La taverne de Niblo peut se comparer à la taverne de Londres. Le dîner , quoique dépourvu de recherche , était excellent. On nous servit une soupe aux huîtres, une alose, des perdrix (1) , des canards sauvages de différentes espèces , et plusieurs autres plats moins recherchés. La mode de disposer les mets en plusieurs services n'étant que très-rarement adoptée dans les Etats-Unis, la soupe, le poisson, la volaille , etc. , furent placés confusément sur la table $ de sorte que la plupart des mets étaient froids avant qu'on fût près de les entamer. Le chevreuil, quoique très-bon. est bien inférieur au daim. Les vins étaient délicieux , la société on ne peut pas plus aimable , et je regarde la première soirée que je passai à New-York comme une des plus agréables de ma vie.

(I) J'adopte pour le gibier les noms usuels des États- Unis. Il n'est cependant pas inutile de prévenir que ni la perdrix ni la gélinote n'ont de grands rapports avec les oiseaux de l'Europe du même nom. Comparativement leur chair est sèche et sans parfum.

New- York. — Déjeuner. — Lettres d'introduction. — Le» gens distingués. — Les Américains en Europe. — Edifice). — Femmes. — Cours de justice. — OoserToliona. Iq d'hole. — Ëjjlise épiscopale. — Général Uamil- - Églises. ~- Théâires. — Acteurs. — Incendies.

endemain Je mon arrivée, j'avais à peina achevé ■ toilette lorsque le tintement d'une grosse cloclio m "annonça l'heure du déjeuner. Je descendis aussitôt à la salle à manger , et je trouvai grande société, rénale autour d'une taille, en disposition de faire honneur à un repas qui , au premier coup d'œil , n'aa- Bûoçait aucunement un déjeuner. Des \iaa4e& w\vi«

chargeaient la table, et de moment en moment on passait à la ronde des corbeilles de toasts, de tartines, de gâteau* de maïs et de blé noir. L'hôtesse était assise au bout de la table , et distribuait le café et le thé avec une dignité dans laquelle elle semblait se complaire. Des nègres en grand nombre circulaient de tous côtés, répondant avec vivacité à toutes les demandes qui leur étaient souvent exprimées par des vociférations. A l'autre extrémité de la table , je remarquai une demidouzaine de dames se tenant à l'écart, attendu que la majeure partie de la société était d un autre sexe.

Le contraste que ce déjeuner formait avec nos déjeuners anglais était frappant. Ici , point d'abandon , point de ces lecteurs ensevelis dans leurs gazettes, point de relais dans l'appétit, point de repos dans la mastication; mais tout était précipitation, fracas, clameurs , voracité , et l'œuvre de la réplétion allait son train avec une rapidité sans exemple. Avec de tels efforts , le repas disparut dans un clin d'œil , et je n'étais pas encore assis à ma place que déjà les convives se retiraient en si grand nombre qu'en peu de minutes la table ne présentait plus qu'un banquet dé" serté, comme dit élégamment Moore , dans une de ses chansons. Cette table ainsi dévastée n'offrait un spectacle attrayant ni à l'œil ni au goût ; elle était toute jonchée des débris (membra disjecta) du repas. Ici des lambeaux de poissons exhalant une odeur nauséabonde; là un poulet déchiqueté; plus loin les flots d'un moutardier renversé se mêlaient sur la nappe aux flots de sauce, d'œufs et de café répandu; ma/f je fais grâce de cette peinture. Cependant Je dois, en passant, faire remartçafct wttâçpftftasii

>. Le œufs frais ti

langent pas d

sleu

el là s'opère un mélange Je beurre, de poivre et Je sel quî, arrivé au degré de fluidité voulu, est pris avec une cuiller, on avalé comme un autre liquide. Je ne puis dire quel est l'avantage de cette innovation ; mais je sais par expérience qu'elle ôte tout appétit au convive qui n'en a pas l'habitude.

Je m'occupai alors de mes lellres Ue recommandalîon. J'en trouvai trente adressées à New- York, et je priai un de mes compagnons Je voyage, habitant du pays, de vouloir bien m'indiquer parmi elles, celles qui devaient <'ir,> I,. plus ulil.-'.s à un voyageur tel que moi. Nous mîmes Je côté à peu pràs la moitié des lettres que mes amis m'avaient données, et vraiment l'accueil que j'ai reçu ne m'a pas fait regretter celle mesure de précaution.

J'avais distribué mes paquets ; le temps était humide, je me renfermai chez moi pour prendre quelques lia mon travail l'ut bientôt interrompu. Mes compagnons t\r. voyage avaient lait connaître mon arrivée, el plusieurs personnes, à la politesse desquelles je n'avais aucun droit, vinrent me saluer et m'offrir leurs services. D'un autre côté, les lellres que j'avais remises attirèrent foule chez moi. On m'assiégea d'invitations, et toules les bonnes maisons de Newïork me furent ouvertes.

L'accueil des Américaines bien élevées est on ne peut plus gracieux. On y trouve un abandon, une simplicité, tout-à-fait en harmonie avec les institution» républicaines. L'Américain l'ail moins île cour- '- moins prodigue d'eiprea-

us, de formes polies, decomplinienset de protestations sans fin dont la banaliféeslchoquanle; mais il tous saisit la main avec une cordialité qui lait voir qu'il veut vous recevoir comme un ami. Il ne faut pas chercher ici ces grâces de manières, ces attentions pleines d'attraits qui distinguent, notre société européenne; mais il est certainement plus agréable pour un étranger d'être reçu comme je l'ai été , que de se voir environné de ce cérémonial de convention qui ressemble plus à une comédie qu'à tout autre chose.

Celte bienveillante réception me dalla d'autant plus que ce n'était pas l'idée que je m'en étais l'aile. J'avais vu en Europe les Américains retranchés dans une sorte de réserve repoussante; ils avaient l'air de croire que toute la dignité nationale était concentrée dans leur personne ; la jalousie et une vanité hors de toute mesure en sont pcut-élre la cause; mais il est probable que ces dispositions à la roideur viennent aussi de cette hauteur affectée que prennent presque tous mes compatriotes les Anglais; quoiqu'il en soit , je suis convaincs qu'un Américain dans son pays est infiniment plus aimable qu'à l'étranger. Rentré chez lui, il retrouve son caractère, ses habitudes, ses manières, et au milieu de ses concitoyens il ne se considère plus comme le représentant obligé de l'honneur nalio- Angleterre, il est toujours jaloux de prouver indifférence qu'il n'est ébloui par rien de ce

li l'entoure, et qu'il ne reconnaît aucune supério-

;. Dans son pays, il marche l'égal de tout le monde.

comparaisons n'humilient plus son orgueil, et il

'l'hit doucement dans la cot\temç\av\oo *& Wvx

9 lequel les États-Unis marchent à pas île mt. Des seigneurs, des palais, des laquais galonnés el pavoises n'offusquent plus sa vue, ou s'il pense encore à ces hochets de la vieille Europe, ce n'est plus qu'avec l'esprit d'un philosophe. Lié à la Grande- Bretagne par le commerce, par la littérature et par mille autres rapports que les siècles respecteront en- ; peut envisager ses érêt. Dans les différends qui lais il peut bien se prononcer ne lui reluse jamais un senti- : nouvelle ardeur qu'il

tore long-temps, l'Ai destinées sans un vil atteignent l'honneur contre lui. maïason cœur ne lu ment. C'est toujours avec un nous prouve sa bienveillance et so ne le touche plus que nos éloges quoiqu'il sache les apprécier à leur juste ' Je ne connais pas de ville qui tende ph ment à ressembler à la ville de Ljon que celle de New-York. Sa situation est surtout admirable; quelle activité . quel mouvement ! Quels accroissemens elle a pris et prend encore dans ses fortunes et dans sa population ! Sous le rapport de l'architecture, rien de remarquable ne frappe les yeux. La maison d'Etat oti l'Hôtel-de-Ville, où se tiennent les cours de justice, est le seul édifice qui soit digne d'attention. C'est un parallélogramme prolongé, sur lequel s'élèvent deux étages, saus compter le rez-de-chaussée ; un balcon surmonte et dépare le portique de marbre qui décore la façade. Ce portique est de l'ordre ionique. L'architecte a remplacé le dôme par une sorte de lanterne qui ne fait pas l'éloge de son goût. Le défaut de simplicité nuit à l'effet général , et certes une WttMft •a qui touche à cet édifice, et qu'on aurait çute\fe

guer dans un quartier plus éloigné , ne contribue pas à l'embellir.

La Bourse est peu de cbose et vraiment indigne d'une corporation aussi vaste et aussi ricbe que celle de New-York. Quant aux églises , celles que fréquentent les classes les plus aisées sont bâties en pierre, mais la plupart des autres sont de bois. Leur architecture est sans harmonie , et les flèches en bois , surmontées de pompeuses girouettes , se couvrent , sous la main des peintres , des couleurs les plus vives et les plus variées.

La rue de Broad-Way est le principal ornement de New- York ; elle traverse toute la ville , et forme , pour ainsi dire , le point central d où partent . toutes les rues qui se dirigent vers les quais de FHudson et de la rivière de l'Est. C'est, sans contredit, une fort belle rue ; les bâtisses sont de toutes les formes et de toutes les grandeurs , depuis la maison de bois n'ayant qu'un rez-de-chaussée , jusqu'aux hôtels en brique de cinq ou six étages , et cette irrégularité imprime à la rue un caractère d'originalité qu'elle n'aurait pas sans cela. Elle est bordée d'une allée de misérables et chétifs peupliers qui détruit l'unité du coup d'œil, donne peu d'ombrage et n'ajoute rien à l'agrément. C'est dans les boutiques de Broad-Way que viennent s'étaler tous les objets de mode; leurs devantures paraissent peu soignées et peu élégantes à ceux qui ont vu tout le luxe des magasins de Regent-Street et d'Oxford-Road. Vers deux heures la scène prend un caractère plus gai et plus animé. Des dames élégamment vêtues se promènent sur les trottoirs, et les jeunes geas inoccupés viennent faire les beaux. ^&&\& &a^tti%

e particulière de ee peuple, on peut r que le commerce est le principal objet depuis l'âge de quinze ans jusqu'à quatre-vingts ; et la força ilr? I habitude entraîne encore à la llourse les vétérans retirés du commerce. A New-York, on rencontre peu de oç* flâneurs du matin; aussi les femmes vont-elles ^encrai émeut sans chevaliers; maïs on m'assura que le soir la galanterie reprenait ses droits.

Parmi les plus jeune» promeneuses, j'en aï rencontré qui étaient vraiment d'une beauté remarquable. Dans ce climat cel le beauté dure peu ; elle vient et passe comme l'ombre. De vingt à vingt-deux ans l'Américaine est déjà l'anée, et peu après cet âge elle Toit disparaître avec rapidité les derniers restes de sa fraîcheur. Tout est fini à trente, elle n'a plus que des souvenirs et l'espoir de voir renaître sa gloire dans la personne de ses lilles.

Les modes de Taris arrivent jusqu'à New-York, et la réputation de madame Maradan Carson s'étend sur i sur le nouveau monde. J'ai des prétentions j .'Ire bon juge en celle matière, et je dois dire que Ici femmes de New- York sont loin île manquer d'élégance. La taille des lérumes américaines est généralement au-dessous de celle ile.s Aii|>li(lses; leurs jouet, sans couleur, sont privées d'embonpoint. Cependant je u'ai jamais rencontré nulle part autant de jolies personnes que dans cette ville. Leurs traits sont d'une grande régularité et rappellent souvent les belles madones de Saint-Pierre ; leurs bouches garnies de mauvaises dents et brodée» (le lèvres sans mu leur, u lire ut peu d'appas; leur démarche n'est ni française tii an- ,■ elles ont le boa teas de n'y nieUre ftUCttM

affectation. Ce ne sont jamais ces petits pas des promeneuses parisiennes , ni ces larges enjambées qui donnent l'air d'un grenadier. En somme , quoique j'aie rencontré ailleurs beaucoup plus de grâce que dans les États-Unis, il faut avouer que la critique la plus sévère trouve peu à reprendre dans la mise et la dé* marcbe des femmes du pays.

Je m'empressai de visiter les cours de justice. Dans la première où j'entrai, deux juges siégeaient, et le jury était en délibération : il s'agissait d'une cause dé voies de fait entre deux vieilles femmes. On ne sau* rait se figurer le peu de formes qui entourent la justice dans ce pays. Les juges , les avocats étaient sans perruque et sans toge , vêtus comme de simples particuliers , avec des babits de toutes couleurs et de toutes formes. Ici , point de massier, aucun signe caractéristique de l'autorité , si ce n'est la baguette des constables. Le procès n'offrait pas plus d'intérêt qu'une querelle ordinaire entre deux femmes. Des témoins vinrent déposer avec un flegme et une indifférence auxquels nous sommes peu habitués en Angleterre. Le premier témoin parla tantôt avec une main sur la Bible et l'autre dans ses poches , tantôt appuyé négligemment sur le banc des plaideurs. Les juges étaient des hommes de cinquante ans , n'offrant rien de particulier dans la manière de remplir leurs fonctions; les avocats étaient plus jeunes , et ne montraient ni zèle ni aptitude. La seule chose vraiment désagréable à observer, était un crachement général qui se faisait entendre dans toutes les parties de 1 audience. Juges, conseils, jury, témoins, spectateurs, tout le monde crachait, et le pareil deV&w&ft \*fe-

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