I. un coup d'œil qui me fait frémir, mêm
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aucun pays, ne saurait exciter trop vivement l'intérêt. Je me retirai lorsque le jury parut pour donner son verdict. Ce n'est pas sans étonnement que je vis les trois quarts des jurés se présenter mangeant du pain et du fromage, et leur chef , la bouche pleine, saisir à peine les intervalles de la mastication pour laisser échapper quelques mots de l'avis qui venait d'être délibéré. Dans ce pays on regarde un juge comme un charpentier, comme un chaudronnier; il n'est pas plus respecté que les forcerons et les calfals. On les paie, c'est tout dire, cl l'Américain pense qu'avec de l'argent il uc manquera pas plus de justice que de vêtemens.
3e ne puis croire qu*en tout basée sur des données justes et risconsulte habile mo demandait observé dans les cours américaines pas de cette prédilection toute angli niques, les robes, les masses, et ai rieurs inventés pour en imposer ; Non , lui répondis-je, loin de là, ee que j*ai vu m'a l.iit apprécier les usages de mon pays. De là une longue discussion pendant laquelle mon adversaire
H Ira la plus grande franchise ; chacun nourtaïA. ■son opinion. Je crois inutile de retYÀie
la justice soil Un je.
e que j'avais me corrigeait pour les per-
s signes extémullilude. —
argumens. Un protocole signé par une seule des parties ne peut offrir une grande garantie : on peut accuser le signataire d'avoir choisi pour lui la cause des dieux, en laissant aux autres celle de Caton.
C'est l'usage en Amérique de demander , avec un certain air de triomphe , si un Anglais trouve de la sagesse dans une perruque , et s'il peut croire que quelques livres de crins posés sur la tête d'un homme puissent y ajouter de l'esprit et du savoir. Non certainement, une tête au naturel, des habits grossiers ne sauraient nuire à une discussion; et même, dans quelques régions primitives, un juge m cuerpo, assis sur un tabouret de bois , est aussi propre à administrer la justice qu'un magistrat affublé d'une perruque et d'une toge d'écarlate ou d'hermine. Mais par quelle erreur l'Américain croit-il qu'on s'arrête à ces puériles questions? Si l'homme était une pure intelligence, toutes les formes deviendraient inutiles. Mais il en est bien autrement : nous avons des sens , une imagination que la religion elle-même a cru devoir captiver par un culte extérieur. Et comment l'Américain qui approuve l'étole du prêtre et les épaulettes du général; peut-il repousser toute distinction quand il s'agit de ses magistrats? Le respect que nous exigeons dans les cours d'Angleterre, n'est pas pour l'homme, mais pour la majesté de la loi , seul lien des hommes en société. Il lui faut une grandeur , une solennité qui frappe l'imagination et la raison du peuple j et quand on voit ce qui se passe dans les tribunaux américains, on peut répondre que c'est pour éviter de semblables abus que les formes solennelles ont été inventées. En elles-mêmes elles ne sont rieu y maïs WW\.q^*&s\
*trx KTATS-rau. 57
atteignent est grand. Qu'on assure la dignité, I.i sainteté de la loi par des cérémonies routinières , peu importe; mais je suis bien certain qu'on ne viendra jamais chercher de ce côté de l'Océan les moyens d'y parvenir.
A New-York on dîne à trois heures. Je regagnai donc mon hôtel, et après quelque* ablutions indispensables, quand on a visité les tribunaux américains, je desceadis à la salle à manger. I.à s'élève un comptoir couvert de cigares et de liqueurs de toutes sortes. C'est dans ce lieu qu'on attend le dîner. Je pua .'. peine franchir le seuil de la porte, tant la Joule y l't.tit grande; mais enfin une cloche sonna, et par un mouvement soudain et rapide , toutes les places furent envahies, et le torrent me transporta à la mienne. Je ne compris rien à cet entraînement, chacun avait son siège et était bien assis.
Avec bon appétit on pouvait trouver agréable l'aspect delà table. Grande confusion de mets qui u'étiiieut ni français ni anglais, mais se rapprochaient plutôt de ces derniers. La graisse coulait à Ilots, et pour ceux qui, comme moi, détestent toutes les préparations oléagineuses, rien n'était plus insupportable. Cependant il ne faut pas se plaindre, s'il est vrai d'appliquer à la multitude des plats ce que l'on dit des conseillers , que là où est le grand nombre, là est la sagesse. Malgré tout, je ne pus faire qu'un mau-
Autour de moi j'observai la même voracité qu'au déjeuner. Personne ne parlait : chacun semblait entasser les morceaux dans son estomac, sans s inquiétet tj et ti crlui-ci avait le malheur de demanAct
Ion à*
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dîne
plat, on le servait, mais avec «ne qu'on n'osait y revenir; ce qui, du reste , eut été difficile, car votre assiette vous était rapportée chargée d'une masse énorme de malière animale. Ces écuyera tranchans n'ont certainement pas appris les usages au bail. De distance en distance on avait placé des bouteilles d'eau-de-vic , dont ebacun se servait à volonté. Quelques personnes seulement attendirent le " rssert, les autres se levèrent commi sortirent. Eu m'en allant, je laissa trois Anglais de mes compatriotes.
Les Américains n'ont aucune des qualités des joyeux convives. Us sont à table comme pour remplir une lâche, et s'en débarrasser le plus tôt possible. J'attribuai d'abord celte singularité aux soins emiltipliés que réclament les affaires ; mais ;ardant autour de moi, je vis que la plupart de ces lueurs expédilifs se promenaient nonchalamment dans la salle avec le cigare à la bouche.
heures la cloche nous appela pour prendre le ibé, mais la société fut moins nombreuse. Ce petit repas eut aussi ses pièces de résistance. On y servit de légères tranches de hreuf salé cuit à la fumée, et, je Je dis avec horreur, les femmes en mangèrent leur bonne part. Le thé et le café étaient détestables. A dix heures on servit encore un souper qui resta sur la table jusqu'à minuit , et alors les mangerles cessèrent. Tels sont les usages des hôtels garnis à New- York.
Le dimanche j'assistai au service divin dans Grace- Chtirch, qui est, sans contredit, ta plus belle église de la ville. La réunion , quoique composée ç(t
exclusivement Ue gens riches, élait fort nombreuse. Toutes les James , vêtues îles couleurs brillantes et vives, qu'elles choisissent Je préférence, rappelaient la variété J'un cbamp Je tulipes, et produisaient nu effet admirable. Devant le pupitre on avait préparé un siège et un coussin pour un vieillard de quatrevingts ans. Celte attention , qui attirail la vue sur les infirmités d'un vieillard malheureux et sans doute sans amis , me parut une bonne et douce pensée.
L'église épîscopale américaine diffère peu de notre église anglaise. La liturgie est la même, quoiqu'on se ■oit permis, souvent sans raison, J'y retrancher oit d'y ajouter quelques mots. Dans la première plirase de l'oraison dominicale ils ont changé le mot wiûck en >f/io comme étant plus grammatical. Il faut avouer que le vague Ju pronom neutre semble cire plus en harmonie avec l'Etre infini et incompréhensible que nous invoquons. Disons aussi qu'ils ont introJuil quelques innovations vraiment laites pour exciter la pitié.
L'église de la Trinité , Jans Broad-Way , est remarquable comme élant la plus richement Jotée Je toute l'Union. C'est Jans son cimetière que reposent les restes du célèbre général Hamilton. Quel sort fut le sien! Le grand homme n'était pas Américain par naissance, mais par aJoption. 11 était né dans l'Inde, et descendait d'une bonne famille écossaise. La voie politique qu'il choisit était difficile à suivre. Trop honnête, trop indépendant pour se soumettre à la populace, il n'eût jamais acheté sa laveur en modifiant ses opinions. Comme législateur , il Jéploya une inlrllq; <•
supérieure , soutenue nar les connaiasanw:s\ea ^OS
jamais théoriste , il n'envisagea pas l'espèce humaine dans ces illusions de perfectibilité qui avaient ébloui les Jefferson et les Madison. Activité d'esprit , profondeur de jugement, puissance de conception, tout en fit le premier homme de son pays ; tandis que les autres appréhendaient les obstacles qui pouvaient être apportés au pouvoir exécutif, il voyait le mal ailleurs. La démocratie était, selon lui, le roc contre lequel viendraient se briser un jour les destinées de la patrie. Il voulait donc que Ton modelât la nouvelle Constitution fédérale sur les institutions anglaises , qui , d après l'expérience, pouvaient solidement fonder et défendre une juste et raisonnable liberté. 11 est faux de dire qu'Hamilton eut l'idée d'introduire dans les Etats-Unis la monarchie et les abus qui ont contribué à altérer la Constitution anglaise; mais il désirait une base moins populaire pour les assemblées législatives, un sénat à vie, un gouvernement fédéral assez fort pour assurer l'exécution de ses décrets, en dépit de l'opposition des partis et de la jalousie des États ; il voulait une représentation fondée sur la propriété et le talent, plutôt que sur le nombre, et peut-être eûtil préféré au despotisme brutal de la populace la tyrannie d'un dictateur.
Hamilton fut enlevé à son pays dans toute la forcé de l'âge et du talent, s'il eût vécu , il est difficile de prévoir toute l'influence qu'aurait eue son génie sur les destinées américaines. Ses talens et son éloquence lui eussent gagné des partisans , quoique ses doctrines fussent nécessairement impopulaires. Tout d'abord Je parti fédéraliste se plaça dans une position défavorable, eo roulant persuader au^eu\>\e cç£ % A ra^wx-
it prétendre à l'exercice du pouvoir politique. lui la mort de ce parti • et l'influence qu'il exerça dans les premiers jour» de la révolution, ne l'ut due qu'au talent et au caractère ; fondé sur quelques hommes, il tomba avec eux, cl même avant* Arrêter l'élan révolutionnaire était impossible à l'homme, et ceux qui le tentèrent ne pouvaient réussir long-temps. Dans la première rencuntre, le fédéralisme liil délaie à tout jamais ; et malgré l'échec d'un moment, le
voir saisi par le parti républicain triomphant.
Avant de sortir du cimetière de signaler une autre tombe. Sur un ssil' de pierre, je lus c
demeura intact et
marbre qui
■ Ma mère,
« La trompette du jugement peut sonner,
• Et lei morts sortir de leurs tombeaux, «
Telle est 1 inscription qui présente plus d affectation que de sublimité. Les noms de celui qui a tnqi ce monument , et de la lemme qu'il renferme, n'ont pas été conservés par la tradition ; on ne les connaîtra qu'au dernier jour ; que la mère et le fil» soient alors réunis!
Un des premiers soins d'un vcyajeur est de courir aux théâtres. Il y en a trois à New- York , et Ton m'a assuré qu'ils étaient lotis dans un étal de prospérité; ce qui prouve que chacun peut encore, après les iravaux de la journée , trouver un superllu qu'il ère a ses plaisirs. C'est au théâtre du parc (l'arli- Théâtre) que se réunit le plus beau monde. L'édiGce trt coareosbiemeal tlispasé pour les snertMevm,
Robin des bois , qu'on jouait le soir où j'y suis allé, fut détestablement représenté. On nous donna ensuite une farce dans le goût américain. Il s'agissait d'un vieux baronnet bien entiché de sa noblesse, et tenant fort au respect qu'on lui devait. A l'âge où il était , il avait la folie de vouloir se marier et de compter sur ses charmes. C'était là le plaisant de la pièce. Couvert de ridicules à toutes les scènes, il fit beaucoup rire, et Ton s'en «alla plein de mépris pour l'aristocratie anglaise, et triomphant de ce qu'il n'y avait pas de baronnets en Amérique.
Un acteur nommé Forest jouit dans ce pays de la plus haute réputation. Comme tragédien , les Américains ne lui reconnaissent pas d'égal; et ce serait l'humilier que de le comparer à Kean, Young, Kernble ou Macready. C'est un Thespis sans modèle et sans rival. Je vis ce prodige, et j'avoue que tous ces éloges me parurent bien exagérés. Cet acteur est gros et commun, sans grâce, sans dignité; peu de jeu de physionomie; aucune élévation dans la manière de concevoir ses rôles. Il a quelque énergie qui finit toujours par dégénérer en extravagance. L'auditoire fut pourtant enlevé; à chaque éclat de voix de Facteur, c'était des cris ,. des tonnerres d'applaudissemens à se boucher les oreilles. Je donne ici mon opinion en toute liberté , parce que je sais qu'elle ne peut nuire en rien à une réputation aussi bien établie que celle de M. Forest, qui jouit aussi d'une haute estime comme homme privé. Il a réalisé une grande fortune, et tout le monde s'accorde à faire l'éloge de toutes les qualités qui le distinguent. On lui reconnaît de9 iaJens en littérature.
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. Burke, mon compagnon île voyage, eut ainsi : complète chaque l'ois qu'il joua, et j'en revins toujours avec une nouvelle admiration pour ses [.tiens. 11 parodiait à merveille; mais que dire d'un auditoire qui applaudissait les bouffonneries d'un enfant dans le» rôles du rai Léar, de Shyluch, de Richard etd'Iago?
1] n'est guère possible de passer vingt-quatre heure» iNew-York, sans entendre crier : au feu. Les incendies sont si communs, qu'ils ne sont jamais accompagné» de cet effroi, de cette anxiété qui frappe tout II! monde dans les villes où ces malheurs sont moins fréquens. Les pompiers y ont acquis un grand rennm , et je résolus, pour me convaincre de leur courage et de leur activilé, de me trouver partout où le feu se déclarerait. Les quatre premiers incendies qui eurent lieu depuis mon arrivée furent sans importance, et je n'eus pas même le temps de m'y transporter avant qu'ils lussent éteints; mais le cinquième mViffri spectacle complet, J'arrivai au moment où des torrens de flamme s'échappaient des croisées d'une vaste ■un à trois étages, où des cris, des clameurs , horrible confusion ne bissaient rien à désirer ai rien* observateur. Une po-mpe arriva, et le bruit des roues qui se faisait entendre de tous côtés, uonça qu'elle serait bientôt secondée par plusieurs mitres. On perdit un peu de temps à faire venir de l'eau , et je crois que le service pourrait élre mieux ■ il égard. Cependant peu de minutes reparèrent ce retard , et la lutte commença entre les deux élémens.
ùe corps dea pompiers est composé de jeuûes çjw» ,
que ce service, vraiment dur, exempte de la milice. Rien ne peut égaler leur dévoûmenl j en un moment les échelles furent placées , les murs escaladés , et Ton vit tomber par les fenêtres tous les ameublemens , sans qu'on s'inquiétât aucunement des épaules des spectateurs qui encombraient la rue. De nouvelles pompes se succédaient sans interruption et se mettaient à l'œuvre, sans que le feu cédât, et la maison ne présenta bientôt plus que des colonnes noircies qui apparaissaient au milieu des flammes.
La nuit était venue, et les ténèbres ajoutaient encore une nouvelle horreur à ce tableau pittoresque. On voyait par intervalles des figures humaines apparaître au milieu du feu et disparaître dans les tourbillons de fumée. La confusion était dans la rue et la clameur épouvantable. Les voisins qui d'abord avaient pris la chose assez froidement commencèrent à s alarmer lorsqu'ils virent que les pompes jouaient sur leurs maisons, et que les lits, les chaises et les autres meubles étaient précipités de toutes les croisées. La maison où l'incendie avait commencé n'était plus qu'un monceau de ruines. Tout fut bientôt terminé , et quand je quittai le lieu de la scène, chacun réclamait ses effets et se disposait à s'aller coucher aussi tranquillement que si aucun malheur ne fut arrivé. Je rencontrai les propriétaires de la maison brûlée , ils montraient beaucoup plus de résignation que je n'eusse cru en trouver dans une pareille circonstance..
Je dois avouer que je n'ai rien à rabattre des éloges pompeux qui ont été prodigués aux pompiers de New- York. Le seul défaut qui m'ait frappé, c'est la liberté qu'on laisse aux curieux de s'enlawet *\rc \fe\v«w&fc
l'incendie, ce qui augmente beaucoup la ce En Angleterre, d^schaînessonl tendue* dansli gardée» par la police et les conslables. Un Ai à qui je làisnis part île mon observation, e:
lonle la portée, ma d'en faire usage ihns un pays connue les Etats-Unis, mi l'exclusion du peuple est toujours rn.il vue. Je ne suis pas juge en cette matière; maïs il me parai! évident que si féloïgneniciit du peuple en pareille circonstance est un moyen Je sauver plus sûrement la propriété, sa présence , rriliimi'cm nom de la liberté, devient un malheur publie et particulier.
J'ai pris Je minutieuses informations, et il m'a été impossible Je ili'ruiiv rir lu vraie cause Je tant d'incendies. Il faut pourtant le dire, dans la seule ville Je New-York il y a plus île désastres par le feu Jans un an, que dans toute la Grande- liivlnrjnc pendant le
même espace de tem
[ils Je la quantité
de bois qui
entre dans
la conatruc
Lion d.
ions?
Doit-on les
imputer ai»
. crimes? Je
ne pe
nse pa
s que
ce soient la
les seules ci
uses; laroSgl
igence
Jes domes-
tiques, qui
sont prcsijii
e tous nègre
s, et s
iiimis i
i peu
de ■urveilla
nce, doit pu
issnmnu'Ul v
contr
ibuer.
Mais
en voilà assez sur celle matière; je
la laisse au
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