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CHAPITRE IXX

New-York. — Rivière d'Hudson. — Fêtes de New-York.

— Description du cortège. — Le discours. — L'ex-président Monroë. — La populace renverse les Hustings.

— La banqueroute. — M. Gallatin. — Promenade sur PHudson. — Perspectives. — Déjeûner sur le bateau à vapeur. — Visite au docteur Hosack. — Ses propriétés.

— Fermes en Amérique.

Le 25 novembre est un jour de grande fête à

New- York. C'est l'anniversaire de l'évacuation de

cette ville , par Farinée anglaise. Rien n'est épargné

pour célébrer ce glorieux, événement : revue de la

milice, coups de canons, détonation* W&rk^^w

i deniarclisiri(.li; viennent ensuite ce» j bruyantes et patriotiques, qui terminant dignement la journée. A lepaque de mon voyage, on voulut, en l'honneur de la dernière révolution française, ajouter encore à l'éclat de ces fêtes ; j'appris que celle idée venait de fa classe ouvrière, ou workies, comme ils s'appellent eux-mêmes, pour se distinguer do ceux qui habitent de belles maisons, mangent des plats recherchés, lisent des romans et des poèmes, et boivent du vieux Malajja, au lieu de rhum de Yankee. Cette classe, objet Je leur envie, mieux inttruite par les résultats de la révolution de 93, voyoit d'un assez mauvais ceil les nouveaux préparatifs de ces réjouissances; ne pouvant les empêcher sans imprudence, il fallut bien y prendre part, bou Çré mal gré.

On convint de remettre les fêtes an lendemain, si le temps élait défavorable. Le vingt-cinquième jour fut aussi mauvais qu'auraient pu le souhaiter les plus ardeos légitimistes. Les rues étaieiitinmidées par des torrensde pluie, et je ne pus voir sans pilié la triste mine de ce corps de milice, musique en tête, mouillé jusqu'aux os, et défilant de vaut l'hôtel, aux sous du Vankee-Voodlc.

Le jour suivant s'annonça mieux; le temps était froid et couvert, mais la pluie avait cessé.

A di»L heuresje me dirigeai vers une maison dans Broad-Way, où l'on m'avait obligeamment engagé a>

mtiques élaient i

mées , des hommes en habit militaire, d'au Ires dé'

eorés d'écharpes et de rubans, se hâtaient «Y aller Te-

idre le» postai qm leur étaient assignés. N. mefcUTC

48 LES HOMMES ET LES MCEUfiS

qu'on approchait du chemin que devait suivre le cortège, la foule augmentait; les marches, devant les maisons , étaient tellement encombrées de créatures humaines, que je ne parvins que très-difficilement à la maison où j'étais invité. J'arrive enfin , on me présente de suite aune nombreuse et aimable sociéléque la curiosité avait réunie dans le même but que moi. Des heures s'écoulèrent avant l'arrivée du cortège, mais j'étais trop bien placé pour être tenté de m'en plaindre.

Les sons éloignés de la musique , le roulement des tambours, les fifres, le choc bruyant des cymbales, les notes aiguës de la trompette , commencèrent à se faire entendre ; tout-à-coup parut une cavalcade superbe, faisant retentir l'air de ses chants de triomphe, et déployant une variété de couleurs , telle que la nature n'en étale jamais dans ses plus beaux jours de fête. La marche était ouverte par un cavalier monté sur un cheval richement caparaçonné , dont l'air martial et imposant, annonçait le héros de cent batailles : je cherchai en vain à connaître le nom de ce chef. Vint ensuite un corps dt» la milice; le soin particulier qu'il prit de se distinguer des soldats ne demeura pas inutile, le but fut complètement rempli. Les marchands le suivaient; d'abord les bouchers à cheval, ou traînés dans un équipage grotesque, artistement orné de saucisses pendues en festons; les tailleurs avec leurs cocardes, des nœuds sur la poitrine, marchant en mesure, précédés de bannières flottantes, qui étalaient dans les airs mille sujets dif- /ërens; les serruriers avec leur forge et leurssoufHets; de* caravane* de savetiers, velus ta\iuiMàfafe ^

plus séduisante, se livrant dans îe moment même à leur travail habituel, étaient portés sur un théâtre mouvant qui les montrait au public avec tous leurs avantages. Les menuisiers tenaient aussi leur rang. Mais laissons quelque chose à l'aire à limaginationdu. lecteur, et pour peu qu'elle lui représente quelques régi meus de milice, des musiciens, des officiers à tournure peu guerrière , revêtus d'uniformes sans grâce et sans fraîcheur, il aura un tableau complet de cette fête.

Je parlerai cependant des pompesà fini qui jouaient un grand rôle dans ces l'êtes, qu'aucun ineendien'étaît heureusement venu troubler. La minutieuse propreté de ces machines, la recherche avet laquelle elles '(aient ornées, excitèrent l'admiration générale; c déploiement de magnificence n'en finissait pas, et produisait sur moi l'effet de ces dîners splendides Jont les mets sont trop nombreux pour qu'on pu l'aîre honneur à tons, [/enthousiasme que nous

i plat.

s -Mi.;

apprécier

si nous reconnaissons le mérite de la ' dus rabaissons au même instant celui de ■t noire appétit déjà s»li»lait avant la fin du îge que nous bornions notre choix s mets sucrés dont la table est c que mon admiration passait d'un objet à es bouchers étaient ravissans, les menuisiers me charmaient, j'étais frappé de la singulière beauté des selliers; mais dans celte succession bleau* le spectateur, fatigué, ne trouva plus d'expresr peindre son admiration ; en un mot , ctVXt mie qui dura trois grandes heure* me

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(0 tEI 80HNIS IT LIS MŒBM

prouva, phu que jamais, qu'on se rassasie des plaî sirs comme de tout autre chose. Tout ennuyeux que fût ce spectacle, il eiit enfin un terme, et je me rendis au Square de Washington , où les cérémonies de la journée se terminaient par un discours public. J'aperçus en arrivant un vaste théâtre qu'on avait élevé pour la circonstance, au milieu duquel était disposée une seconde élévation destinée aux premiers fonctionnaires de l'état. Comme le eorté{;e ne paraissait pas encore, je pensai qu'il n'arriverait pas du longtemps, et j'acceptai une invitation dans une des maisons du Square, où se trouvaient réunis des officiers de marine et d'antres prr«nnnes de distinction. Le vénérable ei-présidcnt Mnnruè" faisait partie de cette société; j'observai, comme on le pense, avec le plus grand intérêt , cet homme qui avait joué un rôle si brillant a l'époque de» malheurs de l'Amiriqno, Il était cassé par l'âge et les infirmités, et j'appris avec peine qu'il j'u^n nia ■ •■< il 11 i riions . communes à tous les hommes, celle de \:e pauvreté. Une physionomie douce, mais sans expression, un front largo, bien dessiné, mais peu saillant, des yeux sans vivacité, une tournure chélive; tel était alors l'extérieur de M.Monroë. Les homnmges rendus par tout le inonde à cet homme d'état furent pour moi un speclacle touchant; mon émotion s'accrut à la vue de ce peuple qui «ahia sa présence par les marques Icb plus vives de respect et d'attachement. M. Monroë. élant trop faible pour se rendre à pied jusqu'au théâtre, qui nYiaif pourtant pas fort éloigné; on le fit monter dans une voiture découverte; les fonctionnaires le suivaient, "l'étant I

... -..Vf.il

n de me placer dans c onlenirune centaine île ; commençant pus

réservé,

qui

e, la populace, que . armés empêchaient d'approcher des barrières, exprima son mécontentement par des crîs féroces; tin homme d'assez bonne mine s'avança enfin, et lut à limite voix une adresse concernant les Français habitant New- York, adresse qui avait été rédigée dans une assemblée publique. Je remarquai que ses yeux se tournaient continuellement vers une société d'hommes de celle nation qui occupaît au-dessous de lui une place d'honneur, ('e document diffus et prolixe, écrit dans un sljie ampoulé, me sembla très-peu intéressa ut. Maïs la foule augmentait toujours, et devenait de plus en plus insupportable; bientôt on s'aperçut que des enl'ans. soit par malice ou par espièglerie, cherchaient à renverser les supports du principal échafaudage, s'inquiélant peu des dangers qu'ils courraient eux-mêmes, en cas de réussite. Malgré tous ces désagréuiens un monsieur appelé liovernour se présente, tenant à la main un grand discours écrit, qu'il lut de manière à être à peine entendu de ceux même qui 1 entouraient; ce qui excita de nouveau le mécontentement , et donna lieu à des cris encore plus furieux; la multitude ayant sans doute fondé sur ) éloquente inspiration de l'orateur, des espérances de plaisir et d'instruction, fut tellement vexée de ne pouvoir recueillir une seule de ses paroles, qu'elle l'interpella dans les termes les moins flatteurs: Élevés donc la voix! que le diable vous emporte! plut haut! nous n'entendons pat VU mot.'

wrreM. Governour, de s'égosiller çout m.\àv

faire à une demande aussi déraisonnable ; mais comme la nature lui avait refusé les privilèges des Hunt et des O'Connelli il fallut bien renoncer à dissiper la mauvaise humeur de ses auditeurs. L'ordre disparut complètement , une partie de cette populace réussit à forcer les rangs des soldats , à grimper sur le théâtre, au grand mécontentement de ceux qui s'y trouvaient; d'autres jugèrent à propos de renverser l'échafaudage, et au moment où M. Governour prononçait avec emphase un morceau sur l'esclavage des Irlandais, l'édifice parut pencher d'un côté , et un bruit alarmant se fit entendre.

Un de ces messieurs eut la présence d'esprit d'engager tout le monde à rester immobile, et cette mesure prévint les malheurs que pouvait occasioner cet événement; quant à moi, fatigué depuis long-temps de cette scène, je me retirai aussitôt que la terreur panique eut cessé.

La privation de ce discours était bien peu de chose; les phrases pompeuses et vides de sens, dont il était rempli , ne me donnèrent qu'une pauvre idée de l'intelligence des Américains. Il était uni piement question d'une banqueroute; j'ignore ce qui, dans cette fête, pouvait à ce point exciter la curiosité; mais si j'avais pu deviner que je ne verrais autre chose que des marchands affublés de costumes ridicules, montés sur des chevaux de charrette, et quelques régimensde miliciens indisciplinés, je ne me serais pas dérangé. Non que je regrette ici le défaut de splendeur ; on sait que le luxe n'est pas le fait des républiques; et quand bien même ces fêtes eussent déployé à mes yeux tout /ecJçt de h grandeur impèri&Xe, ma&r%»wtà%

«I1X ST1TS-D1ÏIS. 55

n'en eût pas moins été déçue. Je croyais voir cette miillitiiile se livrer à l'élan du plus généreux enthousiasme , je croyais entendre se perdre dans les airs des cl.anls de triomphe proférés par des milliers de citoyens venant saluer l'aurore de In liberté, dans la personne d'un des membres les plus pnissans de la fraternité des nation*. Ici rien d'aussi grand.

La journée se termina sans la plus légère rjaîté, sans entraînement , sans uni- manifestation générale d'opinion, pas plus que s'il s'agissait de la France, ou du royaume de Maroc, du lian deTarlarie, ou de Louis-l'liilippe, roi des Français. Celle foule regardait et riait, à la vérité, de ces marchands et apprentis se donnant en spectacle avec leurs bas blancs et leurs habits barioléa. défilant gravemer.t au son de la musique, bannières entête; mais l'idée morale de celle fête, si je puis m' exprimer ainsi, était on ne peut pins mal rendue. Celte indifférence, à la vue de tout ce qui te passait, nie rappelait feler-Bell regardant une primeverr ; el s'il m était permis de parodier quelques beaux vers d'un de nus meilleurs poêles contemporains, je finirais en disant Je chacun de ces spectateurs glacés :

Telle est a

i opiuion : pern

11 lectel

n for-

Une (le* soirées les piusagréablesquc je passais Newïork, lut celte où j'assistai I une réunion composée de lilléra leurs et de» hommes les plus remaTf\ua\ï\es semble à huit heures , un»

is par semaine, alternativement dans la chaque membre; une p.irlic du temps se passeàcooverser, le souper vient ensuite. et après quelques libations modérées , on se sépare. C'est là que j'eus l'hon- • d'être présenté à M. Livingslon, lieutenant' gouverneur de l'État ; à MM. Gallatin , Jay , et à plusieurs autres hommes île grand mérite.

Tout mon intérêt se porta sur M. Gallatin , que je connaissais de nom depuis Tort long-temps. Né en Suisse, il devint citoyen des Etats-Uni», peu après la révolution; ses rares lalens ne pouvaient manquer de briller sur un pareil théâtre, et il ne tarda pas à être investi des premiers emplois. Ce fut, je crois, dans le cabinet de M. Jelfersmi, que M. Gallatin commença sa carrière diplomatique; il occupa toujours depuis une place importante dans le pays, et fut souvent envoyé comme ministres différentes cours d'Europe. Sa naissance étant un obstacle à sa nomination de président, il se décida à abandonner les affaires politiques pour chercher, dans l'étude plus douce de la littérature, un délassement digne d'un esprit dont l'âge n'a pu affaiblir

M. Gallatin a dit être très-beau dans sa jeunesse; «a physionomie expressive annonce un penseur profond; je vis do suite, p.ir su conversation, qu'il était ennemi impitoyable de ces sophlsmes politiques et religieux qui exercent .MijDunl'Iitii chez presque toutes les nations une si dangereuse inlluencc. M. Gallatin parle anglais avec un léger accent de son pays, mais il est difficile de s'exprimer avec plus d'élégance, et d'écrire eette langue avec plus de pureté.

' eaarersation se soutint aiyrèaMemMA çw

e soirée, personne n'usurpa le monopole de U parole.

On y traita des sujets de politique et de littérature, mais sans ce pédanlisme et celte prétention qui détruisent souvent le charme de la discussion. J'étais enchanté d'avoir l'occasion de connaître la manière de voir des plus grands savans de ce pays intéressant, et je me promis de réitérer souvent mes visites à cette

J'avais déjà passé quinze jours dans celte ville hospitalière, lorsque je résolus de varier mes plaisirs, en acceptant l'aimable invitation que me fit le docteur iloaack, de visiter ses propriétés situées sur les rives de l'IIudson. Ce savant s'est fait un nom célèbre par ses ouvrages qui lui ont mérité l'honneur d'être admis dans plusieurs institutions philosophiques les plus remarquables de l'Angleterre , de la France et de l'Allemagne. Il exerça pendant long-temps à New-York l'clat de médecin, et après avoir amassé une grande fortune , il s'est retiré emportant l'estime de ses con-

Le jour que j'avais choisi pour me mettre en roule s'annonça fort mal ; je partis néanmoins sur le bateau à vapeur le Iford d'Amérique, suivant la rivière jusqu'à Ilyde-Park, qui était à quatre-vingts milles de distance. Jecomplais beaucoup sur les paysages tant vantés de celte rivière pour charmer mon voyage ; les élémens cri disposèrent autrement. A peine étions-nous sur le bateatt) qu'il s'échappa, des nuages pesnns dont le ciel était couvert, comme des flocons de neige; le vent était si froid qu'il me tut impossible de reslet TOï ■, quoiqa-eavetoppé de tous les manteau-s-Mna.-

rapi.

inables. Je reparaissais cependant de temps en temps, espérant découvrir quelque site, et lorsque je redescendais à moitié gelé dans la chambre , la vue du poêle me paraissait fort agréable.

11 n'y avait donc pas mnyen, en pareille circonstance, de se former une juste idée du paysage; ce que j'apercevais par hasard au travers du brouillard , me suffisait pour me convaincre f|M mon espoir n'eût pas été trompé si j'avais été favorisé par le temps. Cet endroit qui porte le nom de Highlnnds, me frappa surtout par cette magnifique réunion de tout ce qui eiisle de plus beau et de plus majettneax dans la nature. Le Rhin " comparable; c'est là que la rivière s est entre deux rangées da montagnes évidemment séparées par une convulsion de la nature, et beautés variées que présente va tableau . produi-

nn effet que l'imagination ne saurait rendre. Le paquebot qui nous Ira importait avec une grande ipidilé. mérite d'occuper une place dans ma descripensious étaient gigantesques. N'étant calculé que pour la navigation des rivières , sa quille tirait peu d'eau , tandis que la partie supérieure du bateau ('élevai! prodigieuse ment ; lorsque, placé sur la poupe, ou obierve tontes lesdisposilionsqui ont été prises, elles paraissent immenses, et cependant elles sont en proportion avec le nombre de passagers qui voyagent continuellement entre Albany et New- York. On n avait rien oublié de ce qui pouvait ajoutera la Commodité des voyageurs. Ce qui m'étonna le plus, lut de voir sur le pont la boutique d'un barbier ; le visage de mes compagnons m'apprit que la précaution itiJe.

L'étage an-dessous n'avait rieu de remarquable; il M composai! de deux chambres de cent cinquante pieds de lonf; environ, Un de ces a ppartemeos spacieux était magnifiquement orné do glaces , de sophas et d'autres objets de luxe. L'autre semblait destiné à servir de buvette; on ; voyait un comptoir couvert de liqueurs de toute espèce, depuis te Champagne jusqu'à la bière, où l'on attendait ceux qui avaient le ([osier «ec et le gousset bien garni.

Une triple rangée de lit» entourait ces deux pièces, et comme on pouvait également se coucher sur les bancs et les aoplias , il y avait place dans ce bateau pour cinq cents personnes.

Le déjeuner offrit un spectacle curieux : trois cents mangeurs à table, des mets abondai», et pas de désordre. Les domestiques qui étaient fort nombreux déployèrent pendant tout le temps Une activité infatigable. Les uns recevaient l'argent, les autres distribuaient, en courant, les côtelettes et le cal'é ; bref, c déjeuner ne lui pis moins lejli'iiieiit i^ jiédié que celui auquel j'avais assisté sur terre. Tous avaient l'ah dévorer, comme cédant à un appétit dont on trouve pas même d'exemple dans nos ménageries. Quelques minutes suffirent ; le cliquetis des fourchette» et des couteaux, les voix si bruyantes au premier iu.la.H , s'éteignirent ton ta -coup ; les assiettes, les plais, les tadses. disparurent comme par mnji tout ce qui avait rapport au repas lut si ri dément enlevé, que sans celte preuve intérim qu'il était impossible au plus impudent sceptique de nier, le déjeuner pouvait se comparer il \ir "" ***** Milans qui bercent l'homme ûîu» »att

s'évanouisse ni peu après dans lea a Le bateau s'arrêta devant plusieurs villages pont et déposer des marchandises. Je compris, après leurs vastes magasins, que ces lieux servaient d'entrepôts aux pays voisins. Ils étaient bâtis de boît peint et blanc; leurs tavernes, très-nombreuses pour la population , étaient surmontées i l'on se ignés gigantesques, qui annonçaient de loin li j désintéressement leurhospilalik'. Lis .illaircs dont il s'agissait furent imptement expédiées , lotîtes les mesures ayant été potiréviler la perte de temps. Je débarquai ver» deux beures à Hyde-Pnrk, charmé de trouver à l'auberge un refuge contrfi les t orrais de neige , dont toute la surface iln pays t-tail déjà blanchie.

Comme je priais l'hôte de m'indiquerles moyens de me transporter au lieu de nia destination, je vis paraître le docteur qui venait nie chercher dans sa voiture. Quoique le paya que noua traversions lût agréablement varié, je n'étais pas d'buroeur à l'admirer. I'endaiit la roule le docteur me parla des améliorations laites dans le pays, de celles qu'on projetait encore , mais je l' écoulais avec celle indifférence tout au plus permise à l'auteur glacé cl mal à son aise. Nous n'avions qu un mille à parcourir. L'aimable société que je trouvai en arrivant, les jouissances que la foret l'bospit.ilité avaient réunies dans ce lieu, me rnt bientôt oublier lis désasji émens du voyage. Le leur Hosacli ayant l'ait ses études de médecine Ecosse, y avait passé ses premières années. Les luvelles que je lui donnai de plusieurs de ses camat/'e'tndeJ'Jnléressèrentvivemcnt, Les uusavaient "n chemin brillant , les aaltcs, iwnrt

En Échange le srenseignenteus

1 été liilïitiite

peut-être, étaient morts docteur eut ta bonté de medonn précieux sur l'état des arts et i Etats-Unis, renseîgnemens qu'il me procurer ailleurs.

Létudedes sciences exalte T itnagi nation, (aiettedana rame les plus généreux senliineus, et détruit ces préjugés qui août pour les peuples une barrière plus insmniontable que celles de la nature. Les sciences sont de tous les pays ; leurs ad ri lira leurs forment une vaste république, et sont enchaînés par des liens que ni la politique, ni rien au monde ne peut rompre.

Mes rapports avec M. Hosach ont donné lieu à cet remarques. Quoique notre conversation embrassât mille sujets, un Américain et un Anglais pouvaient discuter ; je ne rencontrai chez le docteur aucun préjugé national. Il parlait avec une égale admiration de tous les grands hommes de l'Europe. Sa manière d'exprimer son opinion sur le mérite de ceux de ses compatriotes qui s'étaient distingués dans les arts, dan* u il. m.-, la philosophie ,

ne laissait rien percer de ci gération si comi

Le jour suivant lut 111.13 dins les endroits où elle av avait entièrement dispari:

lifiqMi La neige, excepté ùt été entassée par le veut , . Mon holo me proposa de ;s propriétés; j'acceptai son invitation. La maison est dans un site admirable; elle s'é lève sur une haute montagne qui domine llliidson , dont le* raux majestueuses, en poursuivant lei répandent sur toute la contrée un air de grandeur «

de ce Ni

les r

s physionomie particulière ; ici , elles se perdent au milieu d'une rangée de collines «ouvertes de bois et de rochers , dessinant une agréable perspective. Quoiqu'il en soit , la vue ne s'étend au loin que dans une seule direction (au sud-ouest); de ce côté les sommets rocailleux et arides du mont llatskili s'é- ;ent jusn,u"aui cieui et forment un horizon digne

dont les

pays magnifiriui

ique» forêts ont été remplacées par des cl

de barrières irrégulièrement plantée

pensée deDieii. en créant les montagnes et les pi;

et les forets , était sublime ; elle ne l'i

] prise de l'homme. Aucun des ornemen» n;i

pouvaient tomber sons la hache n'ont été respecti

mlations ont porté partout avec elle le déi

rage.

été respectés,

; elle le désor-

is n'ont ils pu

plaintes? Ces changement n'ont-ils

des peuples : ne sont-ils pas devenus indispensables aux besoins et au* jouissances de Illumine civilisé? Le temps reproduira îles béantes nouvelles, muis l'idéa de cette métamorphose dans les siècles futurs peutelle nous consoler du présent? Les brillans avantages de la civilisation, ses immenses richesses , n'ont pas encore remplacé les trésors qu'avait prodigué la nature.

I.edocteurllosacli élaïlcullivateur; il prenait grand plaisir à l'aire valoirses terres, occupation Irès-lonable sans doute, mars Irës-coûteuse. Ayant importé d'Anff)elerre des bestiaux de ricc, il pouvait rendre de >nds services au pays. Je m'entends

tare, et la manière scientifique avec laquelle le docteur parlait des longues cornes, des jambes courtes, me tiùunail ta mesure de mon ignorance. Ses élablissemens étaient spacieux, en bon ordre , et renfermaient de» chevaux escidlens. Une paire ili-si i ui'c an carrosse fila innn attention. Ces bâtes magnifiques ne coûtent, dans le pays, que deui cents dollars; â Londres on les payerait jusqu'à trois cents guînées.

Ce nVsl pas en Amérique que le riche propriétaire doit se livrer à l'agriculture. Le prix Uu travail est très-élevé et encore ne peut-on pas se procurer de bras. La société n'est pas assez avancée pour cultiver sur une vaste échelle. Bien des siècles s'écouleront peut-être avant que l'Amérique ne produise un Coke. Les John Sinclair sont encore à naître.

Dans l'élat actuel des choses le petit fermier t'emportera toujours sur le grand spéculateur. Ce que l'homme produit par son propre travail et celui de lesenl'ans, ne lui coûte pas cher. S'il est obligé d'avoir recours à des étrangers , les dépenses deviennent énormes. Toute l'élude de ces dernières consiste à retenir beaucoup et en rapporler peu en échange. Vientensuile le besoin des receveurs . des surveillans, et par conséquent raiijjiiienl.'ilion des charges ; en un mot, le propriétaire peut se regarder comme trèsheureux, lorsque tous ces gens se conlenlent de dévorer les produits, sans y joindre la terre.

Après deux jours passés très-agréablement avec mes amis, je me rembarquai pour New-York. Le docteur m'accompagna, à bord, où il me présenta à une l'amille qui revenait passer l'hiver en ville. Une de ces •Une*, la plus aimable que j'aie jamais re.ncoQi.res,

03 LB8 HOMMB8 KT LB8 MCEUR8, ETC.

m'empêcha de trouver le voyage ennuyeux, A dix heures le vaisseau s'arrêta devant le quai ; je ne tardai pas à être réinstallé dans mes appartemens de l'hôtel Bunker,

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