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Fig. 18. — Croquis montrant l’extension du glacier quaternaire de la vallée du

Rhône par rapport au glacier actuel.

étonnant d’observer que dès la fin de l’ère tertiaire, c’est-à-dire à un moment où les Pyrénées étaient encore jeunes, où les Alpes venaient d’effectuer leur plus grande poussée, et où les grands volcans de la France centrale finissaient de s’édifier, il y avait, sur

LA CHRONOLOGIE

toutes ces montagnes, des glaciers de dimensions supérieures à celles des plus grands glaciers actuels des Alpes.

Sous l’influence de causes encore assez mal connues, ces glaciers ont pris, au début des temps quaternaires, un développement extraordinaire (i). Des sommets ils ont gagné les plaines, où ils se sont étendus jusqu’à des distances énormes de leurs points de départ, dispersant ou accumulant sur tout leur trajet d’énormes blocs erratiques, de puissants dépôts morainiques (fig. 18).

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Fi g. 19. — Carte de l’Europe pendant la plus grande période glaciaire.

Dans les contrées septentrionales de l’Europe, le phénomène fut ien plus intense. Des hauteurs de la Scandinavie partaient des

(1) Ce développement n’est pas particulier aux dernières époques géologiques ; il a suivi toutes les grandes surrections des chaînes de montagnes, à diverses époques et en tous pays. On sait aujourd’hui qu’il y a eu de vastes extensions glaciaires pendant l’Éocène, le Permien, le Silurien et même l’Archéen.

fleuves de glace, qui s’écoulaient dans toutes les directions et se réunissaient en une nappe continue, analogue aY Inlandsis du Groenland actuel, mais encore beaucoup plus vaste. D’un côté, ces courants de glaces, comblant la mer du Nord, allaient buter contre les glaciers qui recouvraient la plus grande partie des Iles Britanniques. D’un autre côté, ils s’étalaient sur le Danemark, la Hollande, l’Allemagne et la Russie, dont le sol est encore tout recouvert de moraines et de blocs erratiques d’origine Scandinave (fig. 19).

Les géologues ont été amenés à reconnaître plusieurs phases d’avancement des glaciers, ou phases glaciaires , séparées par des phases de recul des glaciers, ou phases inter glaciaire s. Lenombrede ces périodes varie suivant les auteurs ou suivant les pays. J. Geikie(l) en admet six pour les Iles Britanniques. PencketBruckner (2) en ont décrit quatre dans les Alpes, En France on a distingué, depuis longtemps et dans la plupart des régions montagneuses, les traces de trois phases glaciaires principales, la plus ancienne remontant au Pliocène, les deux autres étant quaternaires.

Naturellement, les formations morainiques sont dépourvues de fossiles et encore plus de traces humaines ; elles ne saurait donc intéresser directement la Paléontologie, mais elles lui apportent de précieuses données sur la climatologie des temps quaternaires et lui permettent parfois d’établir d’utiles rapports stratigraphiques (3). ALLUVIONS ANCIENNES. Lorsqu’on quitte le lit d’une rivière

ou d’un fleuve, pour s’élever sur les flancs de la vallée, on trouve, au-dessus de la plaine où s’étalent les inondations, des espaces plus ou moins vastes, disposés en terrasses et recouverts de graviers ou de cailloux roulés (fig. 20). Ces alluvions ont été déposées pendant les temps quaternaires par des crues résultant soit d’un accroissement extraordinaire des précipi-

tâtions atmosphériques, soit de la fusion rapide des glaciers.

(1) Geikie (James), Tlie great Ice Age, 3° édit. Londres, 1894. — The antiquity of Man in Europe. Edimbourg, 1914.

(2) Penck (A.) et Bruckner (E.), Die Alpen im Eiszeitalter. Leipzig, 1909.

(3) Une école allemande, trop suivie en France, veut faire jouer un rôle prépondérant aux formations glaciaires pour la classification des temps quaternaires. Mais les spécialistes de divers pays n’arrivent pas à s’entendre ; leurs opinions forment une gamme nuancée, depuis celle qui consiste à n’admettre qu’une seule phase glaciaire jusqu’à celle qui en réclame une demi-douzaine au moins. En dehors d’autres considérations, celte diversité de vues doit nous rendre prudents et nous faire douter de la valeur d’un système de chronologie uniquement basé sur les phénomènes glaciaires.

LA CHRONOLOGIE

Comme chaque vallée montre des terrains s’échelonnant à plusieurs niveaux, on peut en conclure que son creusement ne s’est pas fait

Terrasse

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