TOULOUSE
Garonne
euperieurë , 3oom
Terrasse moyenne i8om
Terrasse
inférieure
Fig. 20. — Profil transversal de la vallée de la Garonne à Toulouse.
d'une manière continue, qu’il y a eu des temps d’arrêt suivis de nouvelles recrudescences ; nous retrouvons ici un phénomène de
Fig. 21. — Vue d’une ancienne ballastière de Chelles (Seine-et-Marne).
On distingue nettement deux couches alluviales occupant le fond de la vallée de la Marne et se superposant en stratification discordante (suivant la ligne xx). Le système inférieur est d’âge chelléen. Le système supérieur, ravinant le premier^ est d’âge plus récent, acheuléen ou moustiérien. — Phot. d’Acy.
périodicité parallèle à celui des phases glaciaires et souvent en rapport avec celles-ci (1).
En principe, ces allavions sont donc d'autant plus anciennes qu'elles occupent un niveau plus élevé. Celles qui recouvrent les
(1) Ces phénomènes peuvent aussi et doivent souvent s’expliquer par des changements survenus dans la pente générale des cours d’eau, à la suite de mouvements de la croûte terrestre ou de déplacements de la ligne du rivage maritime.
hauts plateaux remontent généralement en France au Pliocène. Leurs éléments, exposés depuis très longtemps à l’action des agents atmosphériques, sont très altérés et en partie décomposés. Les terrasses moyennes de nos fleuves et de nos grandes rivières appartiennent au début des temps quaternaires et les terrasses inférieures à des phases plus récentes. Cette disposition altimétrique permet donc d'établir l’âge relatif des documents que peuvent nous livrer ces alluvions : ossements d’animaux, ossements de l’Homme ou produits de son industrie (1). Toutefois une grave cause d’erreur tient aux remaniements subis par ces graviers, constamment af fouillés, déplacés, entraînés par le cours d’eau lui-même. On constate souvent, en effet, à un niveau déterminé d’alluvions anciennes, la présence d’éléments empruntés à tous les niveaux plus anciens. Il faut savoir distinguer un fossile remanié d’un fossile contemporain de la couche où on le trouve. Il ne faut pas perdre de vue que l'âge vrai d'un dépôt alluvial est l âge des fossiles les plus récents de ce dépôt . LIMONS. TOURBIÈRES. Dans beaucoup de pays, notamment
TUFS CALCAIRES. le Nord de la France, la Belgique,
l’Allemagne, les alluvions anciennes sont recouvertes par des limons (ou /cess), dont la formation doit être attribuée tantôt à un transport de poussières terreuses par le vent, tantôt à un ruissellement intense des eaux pluviales sur les pentes
et, le plus souvent, à ces deux causes réunies. Ces limons renferment des coquilles de Mollusques terrestres (fig. 22). Ils sont de la plus haute importance pour nos études à cause de leur richesse en fossiles humains de toutes sortes. On ne saurait leur appliquer la règle énoncée plus haut sur les alluvions et se baser sur leur altitude relative pour établir l’âge relatif des gisements. Les limons forment une sorte de manteau jeté sur les flancs des vallées et sur leurs formations alluviales (fig. 23) ; il en est de
Fig. 22. — Coquilles de Mollusques terrestres du lœss : A gauche, Hélix hispi da ; à droite, Pupa muscorum.
(1) Il importe d observer que la règle n’est pas absolue Certaines vallées ont pu, comme celle de la Marne à Chelles (fig. 21), être creusées complètement et même jusqu’au-dessous de leur thalweg actuel, des le Pléistocène inférieur. De nouvelles alluvions, dues à un changement de pente générale des cours d’eau, sont venues ensuite remblayer le fond de la vallée, se superposer aux alluvions plus anciennes et occuper un niveau altimétrique plus élevé que celles-ci.
LA CHRONOLOGIE
diverses époques, mais leur continuité fait quï/s peuvent être du même âge sur tes plateaux et dans le fond des vallées. C’est pour n’avoir pas su tenir compte de ce fait que beaucoup de préhistoriens ont commis parfois de regrettables confusions.
Villejuif'
nom
Fig. 23. — Coupe géologique prise aux environs de Paris pour montrer la disposition des limons pléistocènes s’étendant du sommet des plateaux au fond delà vallée, tandis que les alluvions anciennes sont nettement disposées en terrasses.
Je ne ferai que signaler les tourbières , qui sont généralement, du moins dans notre pays, d’un âge relativement récent (néolithique) et qui, par suite, ne présentent pas pour nous le même intérêt.
Les tufs calcaires , déposés par des sources chargées de carbonate de chaux, ou sources incrustantes, renferment souvent des empreintes de plantes, des restes d’invertébrés, des ossements de
Fig. 24. — Coupe géologique des tufs pleistocènes de La Celle-sous-Moret
(Seine-et-Marne).
Les tufs, à flore chaude, reposent sur des alluvions pleistocènes et supportent, sur un point, des limons à faune froide. A, alluvions pléistocènes. a, alluvions modernes*
Mammifères qui nous donnent des renseignements climatologiques précieux. Certains de ces tufs ont même fourni des documents humains. Tels sont ceux de La Celle-sous-Moret, près de Paris (fig. 24), de Cannstadt, en Allemagne, etc..,
EBOULIS ET BRÈCHES.
Les éboulis sur les pentes sont dus au travail de désagrégation des roches constituant le sous-sol d’une région. Ils peuvent être de tous les âges, car l’influence des agents atmosphériques auxquels ils sont dus s’est exercée de tout temps, mais les plus anciens ont été détruits, la plupart ne remontent guère au delà des temps quaternaires. Ils
sont surtout nombreux et développés dans les territoires situés en dehors des actions glaciaires, où ils remplacent, en quelque sorte, les dépôts morainiques (fig. 16, p . 33). Les amas de détritus qui les constituent peuvent renfermer toutes sortes de fossiles et des traces d’anciennes stations humaines.
Quand ces formations détritiques, au lieu de former des talus sur des pentes extérieures, remplissent des fissures ou des cavités creusées par les agents naturels dans la roche solide en place, on a des agglomérats formés d’éléments anguleux, que les géologues appellent des brèches et qui sont souvent pétris d’ossements d’animaux; de là leur nom de brèches à ossements. Si les fissures ou les cavités ainsi remplies se poursuivent sur des étendues ou des profondeurs plus ou moins considérables, on passe par toutes sortes de transitions aux grottes et cavernes à ossements.
Fig. 25. — Coupe d’un puits à ossements dans la caverne de Gargas (Hautes- Py renées).
C, fond delà caverne. — A, entrée du puits P. — O, argile ayant livré des squelettes d’Ours, d’Hyène et de Loup actueîiemem dans la galerie de Paléontologie du Muséum.
GROTTES Dans les régions formées de roches
ET CAVERNES calcaires et creusées de cavités souter-
A OSSEMENTS. raines, le jeu des érosions atmosphé¬
riques et le creusement progressif des vallées établirent la communication de ces cavernes avec l'extérieur. Par les ouvertures ainsi produites, le ruissellement des eaux sauvages fit pénétrer de la terre, des cailloux, des ossements d’animaux, etc. De plus, les cavernes furent des repaires de Lions, d’Ours, d’Hyènes; ces fauves y apportaient leurs proies et y laissaient eux-mêmes leurs cadavres (fig. 25). Enfin, elles servirent
LA CHRONOLOGIE
maintes fois d’habitation aux Hommes contemporains de ces phénomènes.
On peut donc, à notre point de vue, distinguer deux sortes d’excavations souterraines : les cavernes repaires, dont les dépôts renferment surtout des ossements d’animaux, et les habitations troglodytiques. Celles-ci ne s’enfoncent pas aussi loin dans l’intérieur de l’écorce terrestre ou bien elles n’occupent que l’entrée des cavernes profondes. Souvent même, ce ne sont que de simples abris sous des roches surplombantes (fig. 26). Les remblais sont ici formés principalement par des apports humains, cendres de foyers, débris de cuisine où l’on trouve mêlés une foule de produits industriels et parfois même les ossements des anciens occupants.
Toutes ces reliques des temps quaternaires ont été ensevelies progressivement sous les dépôts de remplissage, de sorte qu’aujourd’hui les terrains de l’intérieur des grottes ou des cavernes constituent, pour les naturalistes, des archives aussi précieuses que vénérables; elles nous renseignent d’autant plus exactement sure les anciens âges de l’Humanité de notre pays qu’elles se prêtent à des analyses stratigraphiques minutieuses et précises. On peut citer, à cet égard, la caverne du Masd’Azil, dans les Pyrénées, et les grottes de Grimaldi, près de Menton (fig. 27).
TERRAINS Les contrées volcaniques sont très
VOLCANIQUES. souvent riches en fossiles. Naturelle¬
ment, les coulées de lave compacte, émises à une température brûlante, n’en renferment pas, mais ces coulées se sont généralement épanchées dans des fonds de vallées en recouvrant les alluvions contemporaines. Ces alluvions et tout leur contenu paléontologique ont donc été mis en quelque sorte sous scellés et soustraits à tout remaniement ulté-
Fig. 26. — Abris sous roches de Bru niquel (Tarn-et-Garonne), habités pen dant l’âge du Renne.
rieur, ce qui est très précieux pour les études de chronologie.
Les projections volcaniques, cendres, lapillis, ont pu ensevelir des cadavres d’animaux ; souvent ces projections entraînées, remaniées par les eaux, ont roulé avec elles des débris de toute sorte, épars à la surface du sol, et les ont déposés plus loin, dans des couches stratifiées de tufs volcaniques. Le Pithécanthrope, le crâne
Fig. 27. — Les grottes de Grimaldi.
Photographie prise par Da vanne vers 1870, avant la construction du chemin de fer.
de Denise, près du Puy, ont été trouvés dans des gisements de cette nature.