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ANTHROPOMORPHES

Chimpanzé.

Gorille.

O rang Gibbons.

CYNOMORPHES.

Cynocéphales.

Macaques.

Cercopithèques .

Semnopithèques.

CÉBIENS.

Sajous.

Sapajous.

Atèles.

Hurleurs.

Sakis.

ARCTOPITHÈQUES ou HAPALIDÈS.

Ouistitis.

Tamarins.

Les Arctopithèques , ou Ouistitis (genres Hapale, Midas) sont les plus petits des Singes. Ils se relient par certains caractères aux Lémuriens, car leurs doigts sont encore armés de griffes et le pouce

(1) Cette classification et cette nomenclature sont essentiellement françaises. A l’étranger, les groupements et surtout les termes employés sont assez différents. Et ces derniers se prêtent à des confusions qu’il est utile d’indiquer. C’est ainsi que le groupe d’ensemble des Singes, ou Simiens, est parfois appelé Anihropoidea , terme employé depuis longtemps chez nous, concurremment avec celui d’ Anthropomorphes, pour désigner les Singes supérieurs, les plus voisins de nous. Nos singes Cynomorphes constituent les Cercopithecidœ des auteurs anglais, tandis que nos Anthropomorphes se nomment Simiidœ, mot qui rappelle trop celui de Simiens employé par les auteurs français pour désigner l’ensemble des Singes.

Ouvrage généraux sur les Singes à lire ou à consulter : Gervais (P.), Histoire naturelle des Mammifères. Paris, 1854 (ancien, mais encore bon). — Flower (W. H.) et Lydekker (R.), An introduction to the stud of Mammals. Londres, 1891. ■ — Elliot (D, G ), A review of Primates. New-York, 1912 (grande et superbe monographie).

LES PRIMATES ACTUELS

n’est pas opposable. Ils n’ont que 32 dents comme les grands Singes et l’Homme, mais ici il y a 3 prémolaires et 2 molaires (au lieu de 2 prémolaires et 3 molaires).

Les Cébiens , cantonnés dans l’Amérique du Sud, comme les précédents, sont inférieurs en organisation et intelligence aux Singes de l’Ancien Monde. Ils ont les narines écartées ; leur longue queue est généralement préhensile. Le pouce est peu opposable. Ils ont 36 dents (3 prémolaires et 3 molaires, de chaque côté, en haut et en bas).

Les Catarrhiniens de l’Ancien Monde, à narines rapprochées, ont la même formule dentaire que l’Homme ( 2 prémolaires et 3 molaires) . Les Cynomorphes , ou Singes proprement dits, dont les nombreuses espèces sont répandues en Asie et en Afrique, sont les Primates les plus communs de nos ménageries. Leur queue, parfois rudimentaire (Magot), n’est jamais préhensile.

ANTHROPOMORPHES Les Anthropomorphes , ou Anthro¬

poïdes, nous intéressent encore davantage, comme étant les Singes supérieurs, les plus voisins de nous par toute leur organisation (1).

Les Gibbons (genre Hy lobâtes ), du Sud-Est de l’Asie et de l’archipel malais (Sumatra), sont les plus petits des Anthropoïdes ; la plus grande espèce, le Siamang, atteint à peine un mètre. Ils présentent quelques traits d’infériorité rappelant encore les Singes à queue. Leurs membres antérieurs sont très longs, mais ils marchent ordinairement debout. Ils se rapprochent des Hommes par ce caractère et aussi par certains traits de leur morphologie crânienne,

L’Orang-Outang, ou Pongo (Simia satyrus ), de Sumatra et Bornéo, est beaucoup plus grand et plus fort. Il aies jambes très courtes. Sa boîte crânienne, ronde (brachycéphale), haute, présente des crêtes sagittales et occipitale. Les mâles sont armés de fortes canines.

Les Gorilles (genre Gorilla) habitent l’Afrique équatoriale occidentale (Gabon). Les plus grands des Singes, ils sont plus forts et plus robustes que l’Homme. Leur crâne est allongé (dolichocéphale) ; il offre, chez les vieux mâles, d’énormes crêtes osseuses avec de fortes arcades sus-orbitaires et de puissantes canines. Les oreilles sont petites.

(1) Voir Hartmann (R.), Les Singes anthropoïdes. Paris, 1886. — Divers mémoires d’OwEN, Deniker, Selenka, etc.

LES HOMMES EOSSILES

Les Chimpanzés (genre Troglodytes , ou Anthropopithecus , ou Pan), représentés peut-être par plusieurs espèces, sont également africains (forêts équatoriales de l’Ouest). A divers égards, le Chimpanzé se rapproche plus de l’Homme que ies autres Anthropomorphes. Le dimorphisme sexuel est moins accusé chez lui que chez le Gorille ; cependant le mâle a encore des canines plus fortes que la femelle. Le crâne est aussi de forme allongée, mais il est dépourvu de crêtes pariétales et occipitale. Les arcades sus-orbitaires sont saillantes. Ces caractères morphologiques, joints à la gentillesse et à l’intelligence des Chimpanzés, rendent ces animaux particulièrement intéressants .

HOMINIENS Les Hominiens ne forment qu une

famille, réduite de nos jours au seul genre Homo. Dans la classe des Mammifères, ce genre est celui sur les divisions duquel les naturalistes s’entendent le moins.

Les divergences présentées par les classifications des Hommes actuels sont vraiment extraordinaires, depuis les systèmes monogénistes de Linné, de Blumenbach, de Cuvier, avec leurs quatre ou cinq variétés ou races d 'Homo sapiens , en passant par celui d’Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, qui distinguait quatre types principaux et douze races secondaires, jusqu’aux systèmes modernes, tels que celui de Quatrefages, avec ses cinq troncs et ses dix-huit branches, se divisant elles-mêmes en de nombreux rameaux, ou celui de Deniker, qui admet vingt-neuf races et sous-races, ou le système polygéniste de Sergi, qui comprend trois genres, onze espèces et quarante et une variétés ou sous-variétés, sans parler du système mixte de Giuffrida-Ruggeri, etc. (1).

Les discussions entre « monogénistes » et « polygénistes » ont fait couler des flots d’encre sans parvenir à résoudre une question qu’on a qualifiée avec raison d’ «indifférente ».

Les anthropologistes reviennent aujourd’hui aux idées des anciens naturalistes, qui divisaient les Hommes actuels en trois groupes principaux : les Blancs , les Jaunes (y compris les Peaux-Rouges), les Noirs.

(1) Quatrefages (A. de), L’espèce humaine. - — - Introduction à l’étude des races humaines. — Deniker, Races et peuples de la Terre. Paris, 1900. - — Sergi (G.), Le Origini umane. Turin, 1912. — Giuffrida-Ruggeri, L’oUmo attuale. Milan, Rome, Naples, 1913.

LES PRIMATES ACTUELS

Pour les monogénistes, ces trois divisions ne représentent que des races de l’espèce unique Homo sapiens. Pour les polygénistes, ce sont autant d’espèces : 1. Homo albus , ou Homo Caucasicus (vieille expression tout à fait impropre), ou Homo Indo-Europœus ; 2. Homo f lavas, ou H. Mongolicus ; 3. Homo niger, ou H. Æthiopicus.

Les subdivisions de ces trois grands groupes sont ordinairement basées bien plus sur la communauté de langage, de religion, de mœurs, etc. , que sur des caractères somatiques. Ce sont le plus souvent des subdivisions purement ethniques. Cela tient au grand rôle joué par les migrations. Même en se plaçant dans l’hypothèse de l’existence de plusieurs types, zoologiquement bien distincts à l’origine, il est clair que les innombrables mélanges et croisements, répétés depuis tant de millénaires dans de multiples directions, ont dû singulièrement atténuer les différences physiques primitives et les voiler sous un revêtement de caractères plus uniformes.

Les différences anatomiques séparant l’Homme, ouïes Hommes, des Singes les plus élevés, les Anthropomorphes, sont nombreuses et d’inégale valeur. Nous aurons souvent l’occasion de les invoquer; il faut signaler d’ores et déjà les plus importantes (1).

La première a trait au grand développement du crâne cérébral, ou boîte cérébrale logeant le cerveau, et à la réduction concomitante de la partie faciale de la tête osseuse (fig. 38). Ce développement relatif de la partie faciale, c’est-à-dire de la partie mandibulaire, dévolue aux fonctions animales, et de la partie cérébrale, dévolue aux fonctions nobles, intellectuelles, est un caractère zoologique de premier ordre, ainsi que Cuvier l’a établi depuis longtemps : « L'Homme est celui de tous les animaux qui a le crâne le plus grand et la face la plus petite ; les animaux s’éloignent d’autant plus de ces proportions qu’ils deviennent plus stupides ou plus féroces. »

Une seconde différence, liée à la première, est la possession, par

(1) Voir pour plus de détails : Huxley, De la place de l’Homme dans la Nature. — Vogt (Carl), Leçons sur l’Homme. Trad. franç. Paris 1865; 2e édit.,' 1878. — Broca (P.), L’ordre des Primates. Paris, 1889. - — Topinard (P.), L’homme dans la nature. Paris, 1891. — Bon résumé dans Vianna de Lima (A.), L’Homme selon le transformisme. Paris, 1888.

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