‹ Les hommes fossilesChapitre 29 sur 96 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

(4) Bulletino di paletnologia italiana , XV, 1889, p. 89.

(5) Cacciamali (G. B,), Geologia délia collina di Castenedolo ( Ateneo di Brescia 1896).

(6) La bibliographie est abondante, car cette découverte a été très discutée. Le rapport original est de Whitney, Auriferous gravels of the Sierra Nevada. Cambridge, 1879. — Il faut encore citer : Holmes (W. H.), Review of the evidence relating to auriferous gravels Man in California ( Smithsonian Report , 1899). — Wilson (Th,.)

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douteuse. Tout porte à croire qu’il s’agit d'une mystification, « d une farce de mineurs », comme l a dit le géologue Marcou.

i^e crâne, incomplet (tig. 69), appartient aujourd’hui au Peabody Muséum de Cambridge; il est en partie fossilisé et revêtu d’une mince concrétion calcaire. Mais les divers savants américains qui 1 ont étudié sont unanimes à proclamer sa ressemblance avec les

crânes d'indiens actuels de la région. Ses affinités avec un crâne retiré d’une caverne de Californie, et couvert également d’un enduit calcaire, sont telles que l’anthropologiste Hrdlicka déclare qu’on peut attribuer les deux pièces à une seule race et, qui plus est, à la même tribu. Il est, très probable qu’elles ont une origine analogue et que le crâne de Calaveras provient également d’une caverne. 11 ne saurait être bien ancien dans le sens géologique du mot.

Ameghino a cru également avoir trouvé, dans l’Amérique du Sud, des restes osseux d’Hommes tertiaires. Il s’est cruellement trompé, comme nous le verrons dans le dernier chapitre de cet ouvrage.

Il y a d’autant moins lieu d’insister davantage sur ces diverses découvertes qu’elles sont aujourd’hui à peu près complètement abandonnées, même par les anthropologistes qui croient posséder d’autres preuves matérielles de l’existence de l’Homme tertiaire (1) ,

La haute ancienneté de l’homme dans l’Amérique du Nord (L'A., XII, 1901). —

Hrdlicka (A.), Skeletal Remains... in Nortli America ( Smithsonicin Institution , Bureau of Ethnology, Bull. 33, 1907). — Voir aussi un article de Nadaillac, Le crâne de Calaveras, dans la Revue des questions scientifiques , 1900.

(1) Les derniers défenseurs de ces découvertes accusent leurs contradicteurs de se laisser guider par des considérations théoriques telles que celle-ci : la ressemblance et même l’identité des ossements prétendus tertiaires avec ceux des Hommes actuels est contraire à la doctrine de l’évolution.

Je ne saurais, pour ma part, accepter ce reproche. Certes l’argument de principe ne me paraît pas sans valeur, mais je ne le considère pas comme suffisant, car je suis loin de nier a priori que le type humain actuel puisse être ancien. L’essentiel est de voir si les documents présentés sont réellement de l’âge des terrains d’où ils ont été

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II. — Ces autres preuves seraient fournies par les traces ou les produits d’un travail intentionnel. On peut les ranger en quatre groupes : A. Ossements d’animaux portant les traces d’une intervention humaine; B. Trappe-piège de chasseurs ; C. Silex brûlés, éclatés par le feu; D. Silex utilisés ou travaillés par percussion.

OS D ANIMAUX — Te premier groupe constitue

RAYÉS, INCISÉS, ETC. aujourd’hui, suivant l’expression de

Déchelette, une « sorte de nécrologe d'hypothèses éphémères » auxquelles personne ne croit plus. Les

Fig. 70. — Os d 'Halitherium (Sirénien fossile) portant des incisions.

Faiuns miocènes de Maine-et-Loire.

Grandeur naturelle. (D’après Farge.)

Fig. 71. — Dent d’un grand Squale. Car charodon megatodon, des faiuns miocènes de la Touraine, auteur probable des incisions représentées ci-contre.

1/2 de la grandeur naturelle. — Galerie de Paléontologie du Muséum.

cassures, les impressions, les rayures, les incisures, les perforations qu’on observe sur une multitude d’ossements fossiles de tous les âges et de tous les gisements sont dues, ou bien à des phénomènes physiques : dessiccation, tassement des terrains encaissants, fortes pressions, ou bien à l’action des morsures de Carnassiers. Les incisions ou entailles, si nombreuses sur des os d’animaux marins, tels que les Halitherium de nos faiuns (fig. 70) ou les Balaenolus du Pliocène italien, tous extraits de terrains déposés par la mer, ont

exhumés. Et je constate que cette contemporanéité n’est pas suffisamment démontrée Toute la question préalable est là, rien que là.

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été faites par les dents tranchantes des grands Squales qui vivaient dans cette mer (fig. 71). Cela ne se discute plus aujourd'hui, et je ne puis que renvoyer ceux de mes lecteurs qui voudraient avoir de plus amples renseignements sur ce sujet, à l’excellent exposé critique qu’en a donné G. de Mortillet (1).

FAUSSE TRAPPE-PIÈGE. B- — En 1888, M. O. Fisher découvrit

des ossements d 'Elephas meridionalis dans une fissure de la craie, à Dewlish, Dorset (Sud de l’Angleterre). En 1905, i] essaya de montrer que le gisement était artificiel. II s’agirait d’une véritable tranchée, ou trappe-piège, creusée par l’Homme contemporain de l'Eléphant méridional pour capturer ce Proboscidien, comme le font les indigènes de l’Afrique

équatoriale pour s’emparer des Eléphants actuels : ce serait l ’œuvre d’un trappeur pliocène (2).

L hypothèse a été reprise récemment par son auteur. Une enquête, conduite par des géologues expérimentés, sous le patronage du Dorset Field Club , a démontré nettement l’origine naturelle, purement érosive, de la fissure et l'absence, dans cette pseudo-tranchée, de toutes traces de travail humain (3).

SILEX CRAQUELÉS C. — Dans le conglomérat oligocène

DE THENAY. de Thenay (Loir-et-Cher), on trouve par¬

fois, avec des éolithes, des silex dont la surface est craquelée, comme celle des vieilles faïences, ou « décortiquée », couverte de petites cupules d'arrachement (fig. 65, 2). On obtient des phénomènes semblables en chauffant des silex et en les refroidissant brusquement. Ils sont alors étonnés ou éclatés par le feu. Actuellement certains sauvages, Mincopies des îles Andaman, Australiens, soumettent au feu les pierres qu'ils veulent faire éclater avant de les façonner. L'abbé Bourgeois et G. de Mortillet ont supposé que l’Homme ou 1’ « Anthropopithèque » de Thenay en faisait autant (4). Il aurait donc existé, pendant la période

(1) Le Préhistorique, lre édit., 1883, p. 34 et suiv.

(2) Fischer (O.), On the occurence of Elephas meridionalis at Dewlish Dorset (Quarterly Journ . of the Geolog Soc.. LXI, 1905, p. 35).

(3) Proceedings Dorset Natural History and antiquarian Field Club , XXXVI, 915, p. 209.

(4) Bourgeois Abbé), L’homme tertiaire, Étude sur des silex travaillés ( Congrès intern. de Paris, 1867, p. 67;. La question de l’Homme tertiaire (Revue des questions scientifiques, 1877), etc. On trouvera la réimpression des diverses publications de l’abbé Eourgeois sur Thenay dans Houssaye (Dr F.), L’œuvre de l’abbé Bourgeois, Paris, 1904. — Mortillet (G. de), Le Préhistorique, lre édit

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oligocène, un être assez intelligent pour savoir allumer du feu et soumettre des silex à son action, dans un but déterminé.

Tout s’élève contre cette interprétation des faits qui ont alimenté longtemps les discussions des Congrès scientifiques. Les circonstances de gisement des silex ne lui sont pas favorables. On a trouvé des cailloux craquelés dans d’autres terrains, plus anciens, éocènes, et pour lesquels on ne saurait invoquer une intervention intelligente. De nombreuses observations ont prouvé que diverses causes naturelles peuvent reproduire les caractères des silex de Thenay : changements de température dus aux actions météorologiques, surtout dans les conditions d’un climat tropical, comme celui de l’Oligocène ; incendies spontanés de forêts ; actions d’eaux thermales ; et, même simplement sous notre climat actuel, action quelque peu prolongée des agents atmosphériques. Des expériences de laboratoire ont donné des résultats dans le même sens. L’action humaine est donc inutile pour expliquer les silex craquelés de Thenay (1). Elle intervient ici commi une sorte de Deus ex machina . Personne n’y croit plus. Le dossier de Thenay est définitivement classé.

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