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(2) Rutot (A.), Un grave problème {Mém. de la Soc. belge de Géol., XXI, 1907). i3) Références bibliographiques, p. précédente.
(4) Rames (J. -B.), Géologie du Puy Courny ( Matériaux , 1884). — Quatrefages (A. de), Introduction à l’étude des races humaines, 1887. - — Boule (M.), Temps quaternaires et préhistoriques du Cantal (Assoc. franç., Congrès de Toulouse , I, et Revue d’ Anthropologie , 1889, p. 216). Le Cantal miocène {Bull, de la carte géolog., 1896). — Verworn M.), Die archæolitithische Cultur in den Hipparionschichten von Aurillac, 1905. — Mayet (L.), La question de l’Homme tertiaire (L'A., XVII. 1906), etc.
(5) Ribeiro (C.), Descripçao de alguns silex e quartzites lascados incontrados nas camadas de terreno terciairo, 1871. L’Homme tertiaire en Portugal (Congrès internat, de Lisbonne, 1880). — Cartailhac (E ), Les âges préhistoriques de lEspagne et du Portugal, Paris. 1886.
LE PROBLÈME DE L'HOMME TERTIAIRE
PLIOCÈNE : Plateau du Kent, Crag du Suffolk, Forest bed du Norfolk (Angleterre), Burma (Birmanie), Thèbes (Egypte), etc.
Quaternaire : Un peu partout, dans les alluvions à silex (1).
Les objections que soulève la théorie des éolithes sont de divers ordres. Elles s’appliquent, plus ou moins, à tous les gisements, qu’il serait fastidieux et inutile d’examiner un à un. Je vais présenter ces objections en bloc.
OBJECTIONS D’ORDRE La Paléontologie ne s’oppose pas, en
PALÉONTOLOGIQUE. principe, à l’existence d’éolithes plio¬
cènes ou miocènes, puisqu’elle admet, nous l’avons vu, que dès le Miocène, des représentants ou des précurseurs immédiats du genre Homo aient pu vivre sur la terre. Elle s’oppose, par contre, à l’existence d’éolithes oligocènes et surtout d’éolithes éocènes.
Les éolithes ont presque toujours des formes irrégulières et très variées, dans lesquelles les partisans de leur origine artificielle veulent voir les prototypes des instruments paléolithiques : percuteurs, couteaux, racloirs, perçoirs, etc. (fig. 66, p. 119). Mais ils sont toujours les mêmes, quel que soit leur degré d’ancienneté. Ils ne montrent aucune gradation dans le temps, Rutot le proclame luimême. De la base du Tertiaire au Quaternaire, ils conservent le même aspect grossier et fruste. Aucun progrès ne se serait donc réalisé durant cet immense laps de temps. Ce fait est en opposition avec les lois de l’évolution et de la paléontologie générale.
Ou bien les êtres qui ont taillé ces cailloux étaient des Singes, comme l’avait supposé Gaudry, lorsqu’il avait pu croire à la supériorité du Dryopithecus sur tous les Singes actuels, et leur squelette est encore à découvrir; ou bien il s’agit d’un Homme dont l’état de stagnation intellectuelle, pendant une si longue durée, ne se comprend pas. La permanence et la répétition des formes s’expliquent, au contraire, très bien dans l’hypothèse d’une origine due à des causes naturellesf aux effets toujours les mêmes.
OBJECTIONS D’ORDRE Depuis ma première visite à Thenay,
GÉOLOGIQUE il y a près de quarante ans, j’ai toujours
pensé que les éolithes n’ont pas de pires ennemis que les conditions géologiques de leurs gisements.
(1) La bibliographie des gisements pliocènes et quaternaires est trop abondante pour que je puisse la donner ici. Consulter les tables de L’A.
Rien n’est plus facile que de faire, avec un amas de pierres quelconques, sur une plage, dans une ballastière, dans les allées d’un jardin où l’on a répandu des graviers, voire même sur un tas de cailloux cassés par un cantonnier, un choix d’échantillons reproduisant sensiblement les mêmes formes, pouvant être groupés suivant ces formes et qui, rangés ensuite sur une table ou dans un tiroir, produisent une impression d’ordre et de répétition intentionnelle. 11 faut voir, dans ce phénomène, la principale cause du succès obtenu par les collectionneurs d’éolithes auprès des visiteurs dont les connaissances géologiques étaient rarement de nature à leur faire éviter cette sorte de piège.
Etudiées dans leurs gisements, ces mêmes pierres parlent d’une façon toute différente. On reconnaît alors qu’il a fallu, pour obtenir ces séries fallacieuses, se livrer à un travail formidable de sélection; que les cailloux, prétendus taillés intentionnellement, loin d’indiquer, au point où' on les recueille, une station humaine, sur un ancien sol, sous un abri, etc., font partie d’une véritable formation géologique, de caractère ordinairement violent, au même titre que les millions d’autres éléments de cette formation ; que les échantillons, choisis avec une idée préconçue, ne diffèrent, par aucun caractère essentiel, de leurs innombrables voisins dans le gisement; qu’il est facile de trouver toutes les transitions possibles entre les éléments tout à fait bruts, formant la masse du gravier, du conglomérat, de la brèche, suivant les cas, et ceux auxquels des traces de fracture et d’éclatement, un peu plus nombreuses ou un peu mieux groupées, ont valu l’honneur d’être discernés et emportés comme pièces démonstratives. .
Tel est le fait général, capital, caractéristique des histoires d’éolithes de tous âges et de tous pays; celui qui, à lui seul, aurait dû suffire à mettre en garde les naturalistes; qui aurait dû permettre de clore toutes les discussions auxquelles se sont livrées pendant si longtemps trop de personnes, la plupart sans autorité, ni comme géologues ni comme préhistoriens (1).
Il y a d’autres arguments d’ordre purement géologique. Les éolithes ne se trouvent que dans les pays à silex et jamais en dehors des gisements naturels de cette roche, ce qui n’aurait pas lieu si ces pierres
(1) Boule (M.), La Paléontologie humaine en Angleterre ( L’A ., XXVI, 1915).
LE PROBLEME DE L'HOMME TERTIAIRE
étaient des armes ou des instruments que l’Homme n’aurait pas manqué de disséminer un peu partout sur son passage ou dans ses stationnements. Tous les éolithes sont en silex et toutes les formations alluviales de caractère violent ou torrentiel, quel que soit leur âge, offrent des productions éolithiques, pourvu qu’elles renferment des cailloux de silex. Ces cailloux font partie intégrante de véritables formations géologiques occupant parfois des milliers de kilomètres carrés d’étendue et qu’il serait absurde d’attribuer à l’Homme.
Ajoutonsque beaucoup des terrains à éolithes sont d’origine marine. Comme l’a fait spirituellement observer le paléontologiste anglais Boyd Dawkins, il est extraordinaire que l’Homme fossile se révèle si souvent à nous sous les aspects « d’un être aquatique, incapable de voyager par monts et par vaux ».
L'étude des cailloux eux-mêmes n’est pas plus favorable à la thèse éolithique.
Nous venons de voir, en parlant des gisements, qu'on observe sur place tous les passages des pierres « utilisées » ou « taillées » à des cailloux quelconques : il est donc impossible de savoir où commence et où finit un éolithe. De plus, à coté d’éolithes de dimensions utilisables, on trouve ordinairement d’innombrables cailloux de formes semblables et même identiques, mais plus petits et dont les dimensions peuvent diminuer insensiblement jusqu’à devenir sub-microscopiques. Les graviers à silex des jardins et promenades de Paris en sont remplis. Il est impossible de soutenir que ces minuscules éclats aient pu être utilisés, c’est-à-dire qu’ils soient des éolithes. Pourquoi attribuer aux plus grosses pièces une origine différente? (1).
ACTIONS DES On sait aujourd hui que des forces
AGENTS NATURELS, naturelles, tout à fait indépendantes de
la volonté humaine, peuvent produire des phénomènes identiques à ceux que nous offrent les éolithes, c’est-à-dire les bulbes de percussion et les « retouches » considérés comme caractéristiques de la taille intentionnelle.
Actions des vagues de la mer étudiées par Hardy à Dieppe, par l’auteur de ce livre sur les côtes du Norfolk, par Fraas sur les
T) Sarasin (P.), Einige Bemerkungen zur Eolithologie (Jahresbericht der Geogr. Ethnogr . Gesellsch. in Ziirich, 1909).