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partie faciale. 1/3 de la grandeur naturelle

La ligne pointillée indique le profil de la voûte crânienne de l'Homme fossile dans l’hypothèse où cette voûte aurait les proportions de celle du Français.

fait à la visière osseuse des crânes de Chimpanzés, de Gorilles et aussi du Pithécanthrope (voir p. 99).

On n'est pas fixé sur le rôle physiologique de ces protubérances.

Le fait qu elles sont plus développées chez les mâles pourrait les faire considérer comme un attribut favorable à la sélection sexuelle, Turner dit qu’elles accentuent peut-être l’aspect de férocité utile dans la lutte pour la vie. Pour beaucoup d’anatomistes, leur développement est en rapport étroit avec celui des mâchoires et de l’appareil de mastication. J’y verrais volontiers un moyen de protection des organes de la vision acquis sous l’influence de certains habitats. Tandis que les jeunes sujets, chez les Singes et les Hcmmes actuels, en sont dépourvus, les enfants des Néancferthaliens, nous allons le voir, les possédaient de bonne heure.

Les orbites ont un aspect étrange, dû à la saillie des arcades sour-

Fig. 131. — Profils faciaux d’un crâne de Chimpanzé, d’un crâne de Français el du crâne de La Chapelle-aux-Saints. 1/3 de la grandeur naturelle.

a. ri., apophyse nasale du maxillaire.

cilières qui prolongent leur toit comme une sorte d’auvent. Elles sont très écartées l’une de l’autre, et de forme arrondie. Leur volume est relativement énorme, de moitié plus grand que chez un Homme moderne de même capacité cérébrale.

L’origine du nez, marquée par le point de réunion ( nasion ) des sutures fronto-nasales, se trouve dans une profonde dépression, comme chez les Australiens. Cette disposition est l’opposée de celle que présentent les Singes, même ceux qui ont de fortes visières frontales. Le nez était très large (platyrhinien) , comme chez la plupart des Hommes actuels de races noires. Les os nasaux, conservés au crâne de Gibraltar et au crâne d’enfant de La Quina, ont une forme essentiellement humaine et radicalement différente de celle des Singes. Par d’autres caractères encore, développement de l’apophyse

L'HOMME DE NÉANDERTHAL

nasale du maxillaire, pourtour des narines, le nez de Y Homo Nean derthalensis , loin de rappeler celui des Singes anthropoïdes, en diffère bien plus que celui des Hommes actuels. Cet Homme fossile, plus rapproché des Singes que tous les autres par tant de caractères, s’en éloigne au contraire davantage par sa région nasale qui, au lieu d’être pithécoïde, était plutôt ultra-humaine (fig. 131).

La disposition des os malaires ou jugaux indique des pommettes effacées et fuyantes.

Les maxillaires sont robustes, massifs, fortement projetés en avant. Leur face antérieure, au lieu d’être concave et de présenter des fosses canines, comme chez tous les Hommes actuels sans exception, est à peu près plane. Cette surface plane prolonge exactement la surface externe des os malaires. De là cette disposition en museau que j’ai déjà signalée (fig. 128) et qui est un des traits les plus caractéristiques de notre Moustiérien. Elle contribue beaucoup à donner à la face de cet Homme un aspect bestial. Je ne crois pas cependant qu’on puisse la traiter de pithécoïde, car si le Chimpanzé n’a pas de fosses canines, le Gorille et l’Orang en ont de très profondes.

L’espace sous-nasal, ou incisif, est vaste. Il continue la direction générale du profil de la face, sans projection en avant : il n’y a pas de prognathisme alvéolaire.

LE CRANE D’ENFANT La belle découverte faite récemment

DE LA QUINA à La Quina d’un crâne d’enfant bien

conservé (voir p. 192) permet d’affirmer que la plupart des caractères si spéciaux que je viens de décrire se montraient chez les Néanderthaliens dès leur jeune âge (fig. 132). D’après H. Martin (1), le crâne d’enfant de La Quina, âgé de huit ans environ, présente une forme ovoïde et un indice céphalique de 77 (sous -dolichocéphale), tandis que les enfants actuels sont généralement brachycéphales. Son profil général est surbaissé. Il a un front fuyant, sans bosses frontales; ses arcades orbitaires sont déjà continues et saillantes. La région occipitale commence à prendre une forme en chignon. Les apophyses mastoïdes sont rudimentaires, presque nulles. La face n’est pas moins

(1) Martin (H.), Un crâne d'enfant néanderthalien du gisement de la Quina (LA., XXXI, 1921, p. 331).

néanderthalienne par son aspect de museau dû à l’absence de fosses canines, par ses orbites vastes et arrondies, par son nez large.

Ce crâne diffère ainsi énormément des crânes d’enfants de Y Homo sapiens. 11 nous montre que la morphologie crânienne de Y Homo

JVeanderthalensis est une morphologie très ancienne , remontant très loin dans le passé, qu’elle est une morphologie vraiment spécifique.

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